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Edito B17

Sarkozy est en difficulté : Front unique pour le chasser sans attendre 2012

Il ne se passe pas un jour sans que Sarkozy ne soit mis directement en cause par des affaires : Frédéric Mitterrand, Clearstream, Jean Sarkozy, … et il est mis en cause directement par la majorité UMP.

Derrière ces affaires, la majorité s’affronte sur des réformes qui ont du mal à passer : suppression de la taxe professionnelle, réforme territoriale, grand emprunt et déficits publics colossaux, …

Ces dissensions ouvertes témoignent des difficultés de la bourgeoisie française à faire face à la crise. Le budget 2010 concentre ces difficultés avec un déficit qui atteint 141 milliards d’euros, soit 8.2 % du PIB et une prévision de 116 milliards de déficit, soit 8.5 % en 2010. Il faut rappeler que le déficit de l’État était de 56.6 milliards d’€ en 2008 et 36.2 en 2006. On est bien loin des 3% de Maastricht ! Ces déficits sont insupportables pour la bourgeoisie française pour sortir de la crise.

C’est pourquoi le projet de budget 2010 concentre les attaques contre la classe ouvrière. (voir article dans ce bulletin). Mais comme le dit la ministre de l’Économie, Christine Lagarde dans Les Échos : « il faut tenir compte des capacités d’adaptation du « corps social » français. Et le journal patronal de traduire : « En clair : une stratégie à l’irlandaise (baisse du salaire des fonctionnaires) serait suicidaire. » La bourgeoise a bien conscience des capacités de résistance de la classe ouvrière. C’est pourquoi elle compte sur le soutien des dirigeants ouvriers pour faire passer les réformes d’attaques des acquis.

Alors que les directions syndicales ont tout fait pour isoler les mobilisations entre elles du printemps, alors qu’elles ont refusé d’appeler à la Grève générale contre le gouvernement, elles participent largement à aider Sarkozy à mener sa politique. Elles participent, en premier lieu la direction de la CGT, aux États-Généraux de l’industrie dont l’objectif est de permettre à la bourgeoisie française de refaire des profits acceptables. Mais une opposition se constitue au sein de la CGT (voir article dans ce numéro). Déjà cet été Xavier Mathieu de Continental a dénoncé la collaboration de Thibault avec Sarkozy l’accusant à juste titre de frayer avec le pouvoir alors qu’il était totalement absent des mobilisations des travailleurs combattant contre les licenciements.

Sarkozy est fragilisé, les travailleurs n’en veulent plus, les partis ouvriers peuvent ouvrir une issue politique en se portant candidat au pouvoir tout de suite

Et pourtant ce ne sont pas les partis d’origine ouvrière (PS-PCF notamment) qui en profitent pour menacer Sarkozy, lui infliger une défaite politique. Au contraire, ils conseillent Sarkozy en donnant l’illusion qu’il pourrait faire une bonne politique : oui à la suppression de la taxe professionnelle (dixit Delanoë au congrès des Maires) mais en compensant le manque à gagner alors que les travailleurs savent pertinemment que c’est eux qui paieront la facture.

Le PS entend s’opposer aux réformes territoriales et à la suppression de la taxe professionnelle : majoritaire dans les collectivités locales, il pourrait s’allier avec le PCF, avec le PG, le NPA pour ouvrir une perspective politique sans attendre 2012. Alors que le budget concentre les attaques contre la classe ouvrière (milliers de suppression de postes de fonctionnaires, déremboursement de médicaments, flicage des arrêts maladie des fonctionnaires …), les organisations ouvrières (partis et syndicats) ont la responsabilité d’appeler à la mobilisation de la classe contre ce budget, contre la majorité UMP à l’Assemblée. Au lieu de cela, la direction du PS lance une campagne pour que chacun individu isolé interpelle les élus UMP contre la réforme territoriale. Mais qui peut croire que Sarkozy et sa majorité, totalement inféodés à la bourgeoisie pourraient faire une autre politique ? Il n’existe qu’une seule solution pour en finir avec cette politique : c’est de chasser Sarkozy du pouvoir sans attendre les élections de 2012, pour mettre à la place un gouvernement issu des organisations ouvrières. Cela implique de rompre toute discussion avec lui et de réaliser le Front unique pour la défense des revendications ouvrières.

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