Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
23 Novembre 2009
Front unique pour l’abrogation de la LOPPSI !
Face à la radicalisation des mouvements des travailleurs et de la jeunesse en défense de leurs acquis, et aux affrontements de classe de plus en plus violents, le gouvernement bourgeois de Sarkozy veut se doter de nouveaux outils judiciaires et répressifs pour canaliser les masses.
On se souvient de la LOPSI (Loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure), ratifiée en urgence en plein mois d’août 2002 et défendue par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’intérieur. Elle réorganise les structures chargées de la sécurité intérieure, en plaçant la gendarmerie sous l’autorité du ministre de l’intérieur, lequel est chargé de mettre en œuvre les politiques de sécurité décidées par le CSI (Conseil de sécurité intérieure) et renforce le pouvoir des préfets a l’échelle locale. Elle permet aussi de faciliter le regroupement d’information entre les fichiers de la police et ceux de la gendarmerie, et ouvre la voie à la cyber-répression.
Cependant l’état de la lutte des classes a changé depuis et les nombreux mouvements des travailleurs et de la jeunesse depuis 2003 (mouvement anti-CPE, mouvement des étudiants, etc..) inquiètent la bourgeoisie qui souhaite pouvoir liquider sans résistance les acquis sociaux.
Le nouveau bras armé de la bourgeoisie et de son gouvernement :
La LOPPSI
Le 30 juillet 2007, Nicolas Sarkozy tout juste élu confiait à Jean-claude Mallet le soin de diriger la Commission du Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale, chargée d’établir une stratégie globale de défense et de sécurité sur la période 2009/2020. Bien qu’il traite principalement de la sécurité extérieure, ce Livre Blanc rendu le 28 Juillet 2008 acte la fin du clivage traditionnel entre sécurité extérieure et sécurité intérieure, et ouvre la voie à une sécurité nationale qui intègre désormais des « dimensions importantes de la politique de sécurité intérieure ». Derrière ces formules apparaît en réalité la volonté de renforcer les moyens coercitifs à l’égard des masses à l’intérieur du pays.
Ainsi la LOPPSI (Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) présentée le 27 mai dernier par Michèle Alliot-Marie alors ministre de l’intérieur ne se limite plus à la police et à la gendarmerie nationale mais intègre désormais la sécurité civile. Le ton est donné : permettre au ministère de l'intérieur de renforcer ses capacités dans l'anticipation, la lutte et l'intervention contre les menaces et les risques susceptibles de porter atteinte aux institutions, à la cohésion nationale, à l'ordre public, et ce avec un but évident, limiter tout risque d’embrasement révolutionnaire en France, avec des moyens de plus en plus violents et liberticides à l’égard des masses.
L’application de la LOPPSI vise la période 2009/2013, et comporte un important volet « nouvelles technologies », mises à la disposition de la police.
Ce volet banalise tout d’abord l’utilisation de logiciels de fichage, avec une systématisation du traitement automatisé des données personnelles qui étendrait l’utilisation des fichiers de police judiciaire à la lutte contre la délinquance. Il comprend la captation des données informatiques à distance, et donne la possibilité aux enquêteurs de capter en temps réel les informations telles qu’elles s’affichent a l’écran d’un ordinateur. Le nombre de cyber-enquêteurs devrait être en constante augmentation sur la période visée par le projet de loi.
La LOPPSI étend également les possibilités pour lesquelles il peut être recouru a la vidéo protection et permettra de passer outre l’avis d’un maire pour l’installation de camera de vidéosurveillance au sein d’une commune. Il s’agit pour les autorités de généraliser l’utilisation de la vidéosurveillance.
Parallèlement, les enquêteurs sont de plus en plus protégés : l’article 20 crée un régime de protection des agents de renseignements, de leurs sources et de leurs collaborateurs lorsque ceux-ci sont concernés par des procédures judiciaires.
L’État bourgeois craint la révolte des masses ; c’est pourquoi il se dote d’un arsenal juridique et technique pour prévenir et mater la rébellion. Il n’y a qu’à voir comment le gouvernement s’est empressé d’emprisonner le groupe de Tarnac, comment il a réprimé la manifestation contre l’OTAN à Strasbourg et a favorisé la mise en comparution et emprisonnement immédiats des manifestants de Poitiers.
Il appartient donc aux responsables des organisations ouvrières, partis et syndicats, de combattre ces mesures répressives en exigeant en premier lieu l’abrogation de la LOPPSI, en exigeant systématiquement la libération immédiate des victimes de la répression policière, en organisant la mobilisation qui s’impose contre cette répression.