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Les enjeux du 49ème congrès

Les enjeux du 49ème congrès

Fin août 2009, Xavier Mathieu de l’usine Continental s’en prenait à la direction de la CGT : « Les Thibault et compagnie, c’est juste bon qu’à frayer avec le gouvernement, à calmer les bases. Ils servent juste qu’à ça, toute cette racaille » pour dénoncer la politique de collaboration permanente de la direction confédérale avec le gouvernement. Dans sa déclaration à la Fête de l’Humanité le 14/09/2009, il expliquait comment le combat contre la fermeture de l’usine avait été organisé en concluant : « Pour sortir de l’impasse et empêcher les licenciements, je ne crois pas qu’on puisse l’obtenir en réclamant au patronat et au gouvernement Sarkozy une autre politique industrielle. Les patrons continueront à mener celle qui leur rapporte le plus, mais il faudra leur arracher par la lutte l’interdiction réelle de tous les licenciements collectifs. Pour y arriver, il nous faudra briser l’isolement dramatique des luttes entreprise par entreprise, secteur par secteur, il nous faudra être nombreux, très nombreux, réunis dans une lutte commune, avec la détermination de l’amener jusqu’au bout, jusqu’à la victoire. »

Cette discussion doit être au cœur du 49ème congrès de la CGT qui aura lieu prochainement du 7 au 11 décembre. L’exigence de l’interdiction de tous les licenciements doit être portée par toute la CGT.

Plus largement, une opposition s’est constituée au sein de la CGT, et ce depuis 2005, après la tentative de Thibault de mettre en cause la position de la CCN d’appel au non au référendum sur le traité européen. Cette opposition tente aujourd’hui de se structurer. La candidature de Jean-Pierre Delannoy, responsable régional de la CGT Métallurgie du Nord Pas de Calais, témoigne de la recherche dans les rangs de la CGT de mettre en cause la collaboration de classe de l’appareil.

L’appel au soutien de cette candidature peut être un point d’appui pour combattre l’orientation de l’appareil confédéral. Cet appel entend « faire aboutir nos revendications immédiates : refus de tous les licenciements, pas de salaires ni de revenus inférieurs à 1600 € net, augmentation de 300 € net pour tous, retour aux 37,5 annuités pour la retraite, arrêt des délocalisations, création d’emplois en CDI, régularisation de tous les sans-papiers. » Il met également en cause les journées d’action saute mouton et la politique de collaboration de l’appareil confédéral avec le gouvernement : « Nous ne gagnerons pas en organisant des journées d’action tous les 2 ou 3 mois, ni en laissant les actions isolées entreprise par entreprise. Pour gagner, il est indispensable de construire le rapport de force nécessaire à la convergence des luttes et à la concrétisation du « Tous ensemble ! » dans la grève générale. La direction confédérale n’ignore pas que la mobilisation, pour être efficace, nécessite une autre orientation que celle du syndicalisme dit « rassemblé ». Sa stratégie actuelle est de s’adapter, comme le fait la Confédération Européenne des Syndicats (CES), au système capitaliste par l’accompagnement des contre réformes des États bourgeois au lieu de le combattre. C’est pourquoi la direction confédérale entreprend de liquider l’identité de classe et anticapitaliste de la CGT qui a fait sa force et son histoire. »

Des dizaines de syndicats ont déjà soutenu cette candidature. L’appareil confédéral a déjà indiqué que cette candidature n’était pas statutaire. Cependant, des dissensions voient le jour au sein de la Commission exécutive centrale puisque les n° 2 et 3 de la CGT, Maryse Dumas et Jean-Christophe Le Digou ont annoncé se retirer de la CEC. Thibault a dû s’expliquer devant la presse au sujet de sa politique de collaboration : il reconnaît à ce propos mener une politique de compromis permanent !

Il convient donc de mener le combat contre cette politique en mettant en évidence à chaque occasion la nécessité de la rupture des directions syndicales avec le gouvernement. Cela passe aujourd’hui par exiger de la confédération qu’elle quitte immédiatement les discussions sur les États-généraux de l’Industrie !

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