Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
19 Janvier 2011
Les gouvernements et les partis bourgeois divisés face la crise
Partout la nécessité d’alliances
Les principaux partis bourgeois ne sont plus en mesure de gouverner seuls. Ils sont obligés de faire des alliances. Le plus souvent les partis bourgeois traditionnels, conservateurs sont obligés de gouverner avec des branches plus libérales de la bourgeoisie. Le créneau de ces partis libéraux est la lutte contre les hausses d’impôts. Plus largement ils tentent de concilier baisse du coût du travail pour le patronat et maintien quand la situation financière le permet d’un certain pouvoir d’achat des travailleurs pour garantir une demande intérieure.
On retrouve ces alliances en Allemagne, depuis les élections législatives de 2009 et la formation d’un gouvernement de coalition CDU/CSU-FDP. C’est le cas en France avec la légère ouverture aux Villepinistes, avec Baroin. De même en Grande-Bretagne, depuis les élections législatives de 2010, c’est une coalition Tories-Lib-Dem qui gouverne.
Mais ces alliances traduisent la difficulté des bourgeoisies européennes à faire face à la crise. Bien souvent de âpres discussions ont lieu au sein des alliances entre partis bourgeois pour savoir quelles mesures prendre face à la crise, et notamment pour déterminer quelle couche de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie il faut sacrifier.
C’est le sens des dissensions au sein de la majorité UMP en France lors de la suppression de la taxe professionnelle ou bien du bouclier fiscal.
Concernant l’Union européenne, maintenant que l’Union doit servir à sauver certains États de la faillite, la bourgeoisie allemande se montre réticente. Si le ministre des Finances Schaüble veut renforcer l’union politique pour renforcer la coopération des États européens permettant d’assurer à l’impérialisme allemand sa domination en Europe, Merkel défend, en ces temps de crise, les intérêts immédiats de la bourgeoisie allemande, à savoir éviter qu’elle paye la dette des autres pays européens.
En Grande-Bretagne, lors d’une élection législative partielle ce mois de janvier, le Labour sort vainqueur face au candidat du Lib-Dem : les travailleurs se sont saisis malgré tout du Labour pour exprimer leur profond rejet de la politique d’austérité du gouvernement Cameron-Clegg.
Des États déliquescents
En Belgique, depuis les élections de juin 2010, aucune majorité ne se dessine pour gouverner entre nationalistes flamands et wallons francophones. Les différentes fractions de la bourgeoisie se déchirent : au centre, c’est la question de la remise en cause des acquis de la classe ouvrière dont il est question, notamment des acquis de la partie wallonne qui s’applique pour tous les travailleurs belges, notamment la Sécu. Des menaces-même d’éclatement de l’État subsistent.
En Italie, Berlusconi n’a sauvé sa tête mi-décembre qu’en achetant des députés. La motion de censure dont il faisait l’objet n’a été rejetée qu’à trois voix près mi-décembre alors que de puissantes mobilisations, notamment des étudiants se déroulaient contre un projet de loi démantelant l’université, à l’instar des politiques européennes (autonomie des universités, regroupement en pôles d’excellence, attribution de bourses au mérite et accroissement des statuts précaires chez les enseignants).
Si la bourgeoise italienne apparaît de plus en plus divisée en période de crise, entre petite bourgeoisie et grands groupes industriels, pour autant la classe ouvrière italienne est dans l’impasse politique, car, malgré de grandes journées de grève, elle s’avère dans l’incapacité, même sur le plan électoral de se débarrasser de Berlusconi. La question de la reformation d’un parti ouvrier, axé sur la perspective de chasser Berlusconi du pouvoir et de développer un programme conforme aux intérêts des masses reste posée.
Les partis ouvriers bourgeois en défense du capital financier
Dans les pays dirigés par des partis issus de la classe ouvrière mais dont le programme s’aligne totalement sur la défense des intérêts capitalistes, comme en Grèce, en Espagne ou encore au Portugal, les mobilisations sont cadenassées par la politique de ces organisations au service du capital financier. En effet, les gouvernements dirigés par les partis sociaux-démocrates, font appliquer des plans d’austérité qui s’attaquent aux acquis des travailleurs. S’il n’est pas question de remettre au pouvoir les véritables partis bourgeois dans ces pays, la nécessité pour les classes ouvrières de ces pays de combattre pour imposer aux gouvernements en place le retrait des plans d’austérité, l’annulation de la dette est essentielle. Les travailleurs doivent imposer aux centrales syndicales liées à ces gouvernements ces mots d’ordre. Les travailleurs devront constituer un parti ouvrier révolutionnaire capable de prendre le pouvoir et assurer la défense des intérêts ouvriers, remettant en cause le capitalisme (expropriation des banques et des grands trusts industriels).
La crise aigüe du capitalisme exacerbe la lutte des classes
La crise économique ouverte en 2008 montre une fois encore l’impasse dans laquelle se trouve le capitalisme. Elle ravive non seulement les tensions au sein des bourgeoisies, qui luttent pour l’appropriation de la plus-value à l’échelle mondiale, mais également les tensions entre les classes. Cette crise et ses conséquences amènent les masses à se mobiliser contre les mesures d’austérité qui les présurent. Dans ces combats, les travailleurs remettront en cause les gouvernements bourgeois au pouvoir et même les gouvernements des partis traîtres qui prennent des mesures contre acquis ouvriers. Mais pour que ces mobilisations se traduisent par une prise du pouvoir par les classes ouvrières, il faut construire des organisations révolutionnaires capables de mener à la victoire.
Front Unique ouvrier pour imposer les véritables revendications :
A bas les plans d’austérité ; annulation de la dette, aucun remboursement, pas un sou aux banques ; expropriation des banques sans indemnité ni rachat
A bas l’Union européenne capitaliste !
Pour les États-Unis socialistes d’Europe !