Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

Lutte des classes Asie

La lutte des classes s’intensifie en Asie

Le monde entier avait découvert les petites mains de la mondialisation lors de l’effondrement d’un immeuble au Bangladesh en avril 2013.

Les ouvriers, payés quelques euros par mois, (bien moins qu’en Chine), et qui travaillent dans des conditions très dures se soulèvent. La même révolte est perceptible au Cambodge avec de violents affrontements.

La Chine elle-même est agitée de nombreux soubresauts depuis les années 2010.

LA CHINE

Une série de grèves et de conflits ont affecté un nombre important d’usines manufacturières en Chine depuis les mois de mai et juin 2010.

Dans ce pays où la force de travail est la plus nombreuse du monde (évaluée à environ 900 millions de travailleurs) et l’une des meilleurs marchés, les conflits ouvriers sont assez fréquents mais ils attirent rarement l’attention des médias occidentaux. Selon le magazine officiel chinois Outlook Weekly, il y aurait eu 280.000 conflits du travail recensés en 2008 et ceux-ci auraient augmenté de 30% durant le 1er semestre 2009.

La vague de grève a débuté à l’usine Honda Foshan. Malgré le licenciement des dirigeants grévistes et les tentatives de divisions de la direction, les ouvriers de Honda sont restés unis pendant les 2 semaines qu’a duré le conflit.

Au même moment, la vague de suicides à l’usine taïwanaise Foxconn, géant de l’électronique qui fournit des composants à Dell, Apple et Hewlett Packard, a mis en lumière les épreuves que subissent les travailleurs dans ces usines organisées comme des prisons.

C’est cette discipline de fer, combinée aux faibles salaires qui a séduit les multinationales et a contribué à faire de la Chine « l’atelier du monde ».

La direction de Honda a dû négocier avec les représentants désignés par les grévistes et accepter des augmentations significatives de salaires ainsi que l’amélioration des conditions de travail.

L’un des faits marquants des luttes dans les usines Honda a été le rejet clair par les grévistes des représentants du syndicat officiel, contrôlé par le PC Chinois, le « All Chinese Federation of Trade Union » (ACFTU). Les ouvriers ont dû s’organiser collectivement et ont développé une réelle conscience ouvrière. Certains anciens leaders du printemps de Pékin de 1989, aujourd’hui exilés, aident les travailleurs dans la défense de leurs droits. C’est le cas de Han Dongfang, dirigeant de « China Labour Bulletin », association d’aide aux ouvriers chinois. Mais quand ce dirigeant est interrogé sur les objectifs politiques de son organisation, il est très clair. Dans un entretien à l’Express en janvier 2014, il déclarait : « Je dis aux ouvriers : Si le Parti communiste quittait le pouvoir le mois prochain, votre vie serait la même et vous seriez exploités de la même manière, par le même patron, qui serait alors soutenu par des officiels différents. Avec mon organisation, nous encourageons les ouvriers à se focaliser sur leur situation et leur usine. » L’objectif de ce dirigeant est clair : cantonner les ouvriers sur le terrain de la lutte économique, de la lutte juridique mais ne surtout pas renverser le pouvoir du PC chinois.

La classe ouvrière chinoise n’est en rien docile, elle a su montrer sa force et sa combativité.

Aujourd’hui, la question est posée à la classe ouvrière chinoise de construire un parti ouvrier qui ne peut être que révolutionnaire pour renverser la caste dirigeante au pouvoir, en vue de l’expropriation de toutes les entreprises implantées en Chine.

Il est remarquable de noter qu’au Cambodge, au Bangladesh, des luttes similaires pour l’augmentation des salaires se sont développées.

LE CAMBODGE

Le Cambodge compte environ 9 000.000 ouvriers. Le salaire des ouvriers du textile a été porté de 42 à 61 dollars le 1er mai 2012, puis à 80 dollars. Le 23/12/2013, le ministre du travail propose une augmentation de 19 %, soit un salaire de 95 dollars à compter d’avril 2014 avec une augmentation progressive pour atteindre 160 dollars en 2018. Les ouvriers réclament 160 dollars tout de suite. Les arrêts de travail ont été massivement suivis par les 650.000 employés du textile, premier secteur manufacturier cambodgien.

Une partie des ouvriers, le plus souvent des femmes, s’est associée, le 24/12/2013, au mouvement de contestation lancé par l’opposition qui accuse le parti au pouvoir (Parti du Peuple Cambodgien, PPC) du 1er ministre, au pouvoir depuis 28ans, d’avoir truqué les élections législatives de juillet 2013.

Le 31/12, une augmentation des salaires de 5 dollars est proposée !! Le 03/01, les policiers détruisent les barricades et tirent sur la foule au fusil d’assaut. 4 manifestants sont tués. Le PSNC (parti d’opposition) annule les rassemblements prévus le 6 janvier.

Le travail a repris dans les usines textiles du Cambodge le 7 janvier 2014, après 2 semaines de grèves et de tensions politiques.

Ce parti d’opposition (Parti du sauvetage national cambodgien) tente de faire de la récupération. Mais ce parti reste cantonné à des revendications démocratiques bourgeoises. Ce dont a besoin la classe ouvrière cambodgienne c’est d’un véritable parti ouvrier représentant ses intérêts propres.

Le Bangladesh, 2ème exportateur mondial après la Chine, n’est pas en reste.

LE BANGLADESH

Le Bangladesh est le deuxième exportateur de vêtements au monde, fournissant notamment les grands noms, tels que l’américain WALMART, le français CARREFOUR, ou encore le suédois H et M. Pilier de l’économie du pays, le secteur avec ses 4.500 usines représente 80 % des exportations annuelles.

Cependant, la grande majorité des 3 millions de travailleurs touchent des salaires de misère : le salaire de base mensuel est de seulement 3.000 takas, soit 28 euros, (soit un des plus bas du monde) depuis un accord tripartite entre les syndicats, le gouvernement et les fabricants signé en août 2010.

Les manifestations contre les faibles salaires et les conditions de travail déplorables ont secoué le secteur de l’habillement du Bangladesh depuis l’effondrement en avril 2013 du Rana Plaza qui a provoqué la mort de plus de 1.100 personnes.

Déjà en 2006 et 2010, des manifestations pour des hausses de salaires s’étaient transformées en affrontements meurtriers.

Conscient des tensions accrues depuis la catastrophe du Rana Plaza, le gouvernement avait mis en place, en juin, un groupe de travail spécial pour examiner les salaires.

Les syndicats ont réclamé un salaire mensuel minimum de 8114 takas (l’équivalent de 74 euros).Mais les propriétaires d’usines leur ont opposé une quasi fin de non recevoir : ils ont fait valoir qu’ils ne pouvaient aller au delà d’une augmentation de 20% des salaires (soit 36,27 euros par mois) en raison de la conjecture mondiale morose.

Le 21 septembre 2013 a eu lieu une grande manifestation .Les grèves et manifestations ont duré 5 jours, sans résultat.

Au moins 5 personnes sont mortes le 27 octobre dernier lors de manifestations organisées par l’opposition qui a lancé un mouvement de grève national pour obtenir la démission du premier ministre et la formation d’un gouvernement de transition avant les élections.

Dans chaque pays se pose la question la question de la nécessaire construction d’organisations ouvrières indépendantes.

Face à la lutte des ouvriers, la bourgeoisie des pays occidentaux s’empresse de chercher ailleurs une source de main d’œuvre bon marché : demain, l’Afrique ? C’est ce que convoite le Medef international, relayé par Hollande.

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