Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
20 Mars 2017
En 2012, suite aux puissantes mobilisations de 2010 de la classe ouvrière contre le plan retraite de Sarkozy, le rejet profond de la politique de l'UMP avait mis à l'ordre du jour la mobilisation de masse pour un autre gouvernement. N’ayant pu trouver d’issue politique immédiate la mobilisation de rue avait reflué et s’était reportée sur le terrain électoral.
Au lieu de répondre aux attentes des salariés, les gouvernements d'Hollande ont pendant 5 années géré les intérêts de la bourgeoisie et du capital, et interdit tout surgissement de la classe ouvrière sur son terrain de classe. Ils n’ont pu mener cette politique qu’avec la complicité des appareils syndicaux qui ont accepté le dialogue social puis morcelé les mobilisations pour interdire toute centralisation contre l’ensemble de la politique gouvernementale. Ces gouvernements de type front populaire ont donc pu jouer pleinement leur rôle de trahison des intérêts ouvriers.
Le PCF, le PG et les « frondeurs » du PS ont refusé d’ouvrir une perspective politique en termes de gouvernement alternatif. Alors que la politique d’Hollande et Valls attaquait les acquis ouvriers ils avaient la responsabilité d’appeler à la mobilisation aux côté des centrales syndicales pour chasser ce gouvernement et mettre en place un nouveau gouvernement rompant avec le capital pour répondre aux aspirations des masses.
Mais davantage attachés à l’ordre bourgeois et aux institutions de
En 2015, la mobilisation contre la loi El Khomri a remis la question d’un autre gouvernement au centre de la situation politique. Mais le mouvement spontané de la classe a alors trouvé ses limites. Il n'a pas pu submerger le dispositif de front populaire et faute d’une perspective politique immédiate pour une alternative au pouvoir, il a reculé.
Le résultat en est une triple défaite pour les travailleurs : la loi est passée, le sentiment d'impossibilité de faire bouger les lignes par la mobilisation s'est renforcé, le dispositif de front populaire n'a pas été renversé
Le gouvernement a pendant ce quinquennat, et notamment pendant la bataille contre la loi travail, été très loin dans la prise en charge des intérêts de la bourgeoisie contre les travailleurs et la jeunesse : les lois anti-ouvrières (Macron, El Khomri, réforme territorial …), les mesures favorables au patronat (CICE, pacte de responsabilité ...), l'état d'urgence prolongé, la répression policière … Tout cela pèse lourd et contribue à désorienter les travailleurs. C’est dans ce contexte que se déroule la campagne électorale pour les présidentielles.
Une bourgeoisie divisée
Le spectacle offert par LR embourbés dans des scandales de corruption et autres fausses factures est finalement typique et inhérent au fonctionnement de
Pour autant le capital français ne semble pas prêt aujourd’hui à financer le FN et confier les rênes à Le Pen, dont le projet de sortie de l’UE serait financièrement catastrophique pour une grande part du capital financier. Cependant, le FN joue parfaitement son rôle d’aiguillon dans la collaboration de classes, en jetant une partie de la classe ouvrière blanche dans les bras des franges déclinantes de la bourgeoisie, il appuie notamment le soutien à l’appareil de répression militaire et policier qui ne cesse d’accentuer ses coups contre les classes populaires racisées et, de plus en plus, les militants ouvriers.
La candidature de Macron, à l’inverse, est portée de façon claire par le capital financier pour se substituer si besoin à l’appareil divisé de LR. Aussi il peut paraître surprenant qu’en dépit de son programme, qui constitue une attaque en règle de
Un vote ouvrier en panne de candidat
La désignation de Hamon lors des primaires, dirigeant de la « gauche socialiste », représentant des « frondeurs » parlementaires, témoigne d’une recherche d’une fraction de la classe ouvrière de s’opposer à la politique du quinquennat de Hollande. Il reste pour autant un dirigeant social-démocrate dont la famille politique est incapable de gouverner en défense des intérêts des travailleurs. Les mesures qu’il avance en témoignent à l’image du revenu universel (voir les articles infra : revenu universel, le programme de Hamon).
Mélenchon peut capter des voix ouvrières qui veulent en finir et avec le Parti socialiste au pouvoir. Mais en créant le mouvement de la « France insoumise », il refuse de s’inscrire dans le camp des travailleurs pour pouvoir se placer comme l’ultime sauveur d’une bourgeoisie française en décomposition. Il œuvre contre le Front unique ouvrier et se moulant dans les institutions de
Les dirigeants du PCF quant à eux, après avoir officiellement fait allégeance à Mélenchon, tanguent entre lui et Hamon. Pendant 5 ans et notamment lors des mobilisations contre la loi El Khomri, ils ont tous refusé de tracer une perspective de prise du pouvoir immédiate, sur la base d’un front unique ouvrier incluant syndicats, collectifs populaires (type Nuits debout), mais aussi les organisations politiques du NPA, LO, PG, et frondeurs du PS pouvant s’opposer au gouvernement Hollande-Valls. Aujourd’hui ils ont beau jeu de se mouler dans le calendrier institutionnel des élections bonapartistes de
Des mobilisations éparses se font jour contre les conséquences des réformes bourgeoises du gouvernement Hollande : contre les fermetures d’hôpitaux dans la santé, contre la répression policière qui s’abat sur les populations - souvent immigrées- dans les quartiers, contre les plans sociaux dans les grandes entreprises, contre la pénurie de moyens dans l’Éducation nationale, contre la sélection à l’Université etc. L’enseignement du vote de 2012, nous fait dire qu’il ne suffit pas de désigner un président-Bonaparte à la tête des institutions bourgeoises de
Mais ce programme contient forcément des revendications immédiates et des mesures en rupture avec le vieux monde, en rupture avec la bourgeoisie, des mesures qui s’inscrivent contre le mode de production capitaliste. Visiblement ce ne sont pas les Hamon ou autre Mélenchon qui entendent défendre un tel programme. Mais le problème majeur auquel nous sommes confrontés est l’absence d’un parti qui porte un tel programme.
C’est pourquoi, face à la décomposition des organisations traditionnelles et parce que le mouvement spontané ne peut pas résoudre seul la question du pouvoir, il faut construire ce Parti ouvrier révolutionnaire. Celui-ci chercherait également à fédérer des organisations révolutionnaires à l’échelle internationale. C’est à ce combat, que le groupe Révoltes entend participer à sa juste mesure. Pour l’heure, en l’absence d’un tel parti, cela implique que les salariés doivent se rassembler, s’organiser pour défendre leur programme. Ils doivent constituer des collectifs, s’organiser dans les syndicats, s’adresser aux partis qui se positionnent comme représentants des salariés pour imposer ce programme. Les partis et syndicats d’origine ouvrière doivent être contraints à réaliser un front unique pour rassembler la classe ouvrière pour la défense d’un tel programme.
C’est ce à quoi les militants organisés autour de ce bulletin tentent de contribuer par leurs interventions dans des collectifs (Nuits debout …) ou dans les syndicats. En ce sens nous proposons à la discussion avec les salariés les éléments de programme suivants :
Pour un programme immédiat :
Pour un programme transitoire