Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
21 Mars 2013
Nombre de camarades ont exprimé aujourd’hui dans leurs interventions les craintes de leurs sections, de leurs syndiqués et plus largement des personnels sur la capacité et la volonté de la direction nationale de mettre notre syndicat en ordre de marche pour la bataille contre ce gouvernement, contre la politique qu’il poursuit.
Ces appréhensions prennent naissance dans le fait que, outre les dissensions apparues au niveau de la CE Nationale et qui se sont traduites par la démission de camarades, la direction nationale n’a pas jugé bon de lancer un appel ferme à la grève pour la journée d’action du 31 janvier dernier. De même la direction nationale ne lance pas d’appel clair pour le boycott de l’entretien individuel.
Ces faits peuvent être considérés comme symptomatiques d’un refus de la part de la CEN d’engager le combat d’ensemble nécessaire pour l’arrêt des suppressions de postes, par le remplacement de tous les départs à la retraite et l’augmentation du point d’indice …
Pour ma part je considère qu’un élément vient enlever tout doute à ce propos. Depuis son élection, et même avant, F. Hollande n’a jamais caché son intention de poursuivre une politique d’austérité. Chacun avait bien conscience qu’en maintenant l’objectif des 3%, il entendait poursuivre les coupes budgétaires et les attaques contre les fonctionnaires. Mais il a également expliqué sur tous les tons qu’il avait une autre méthode : plutôt que l’affrontement brutal il entendait avec le dialogue social mettre en place une opposition non conflictuelle. Il voulait en fait associer les directions syndicales aux discussions sur toutes les réformes à mettre en place. Regardons ce que cela a donné dans le privé avec l’ANI !
Mais pour la fonction publique, c’est pareil ! Lebranchu a été très claire : pas d’augmentation du point d’indice jusqu’en 2013, mise en place de la MAP (poursuite des suppressions de postes) …
Pourtant le 7 février - hier mes camarades - nos directions syndicales ont accepté de participer à une réunion avec la Ministre de la Fonction Publique pour discuter carrières et rémunérations ! Alors qu’elle n’avait annoncé clairement aucune avancée sur les revendications mais avait par contre pris soin d’annoncer l’ouverture de négociations pour aboutir à une modernisation des régimes indemnitaires et une réforme du système des grilles et de l’architecture statutaire. « L’objectif sera celui d’une plus grande simplicité et d’une harmonisation de l’organisation statutaire entre les trois fonctions publiques afin de favoriser les mobilités et les parcours professionnels » dit-elle. Sous couvert de ces mots, il s’agit d’harmoniser par le bas, statuts et grilles indiciaires : de nouvelles attaques contre les fonctionnaires.
Alors cela, oui, m’inquiète beaucoup et me fait dire que la direction de toute la confédération ne cherche pas à construire la mobilisation contre les projets du gouvernement mais à jouer le jeu de ce dernier en acceptant de participer aux discussions mettant en cause les acquis des travailleurs.
Il faut clairement aujourd’hui faire remonter que la première condition pour organiser la défense des acquis, l’arrêt des suppressions de postes, l’augmentation du point d’indice et l’arrêt de la MAP passe par l’arrêt immédiat du dialogue social et l’organisation de la mobilisation.