Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
2 Avril 2012
Á la présidentielle, aux législatives, pas une voix ouvrière pour les partis bourgeois (UMP, FN, Modem, EELV). A bas Sarkozy !
Vote inconditionnel au premier tour pour les candidats présentés par les partis d’origine ouvrière, PS, Front de gauche, NPA, LO et au second tour pour le candidat de ces partis le mieux placé après engagement de désistement réciproque
Pour un gouvernement des seuls PS-FdG sans ministres d’organisations bourgeoises
Front unique pour imposer à un tel gouvernement la satisfaction des revendications ouvrières
ÉDITORIAL :
A bas Sarkozy et l’UMP !
Pour un gouvernement des seuls PS et Front de Gauche, sans ministres issus de partis bourgeois, rompant avec la Vème République bonapartiste
La classe ouvrière trépigne d’impatience d’en finir avec le gouvernement Sarkozy et avec la majorité UMP. Alors que ce gouvernement fait l’objet d’un profond rejet dans la classe ouvrière et la jeunesse, les responsables du PS comme du Front de gauche, du NPA ou de LO ont tout fait pour que ce gouvernement ne soit pas balayé par la rue, comme cela était possible lors de la mobilisation sur les retraites de 2010. Ils se sont ainsi moulés dans le respect du calendrier de la Vème République. Cela fait plus d’un an que la classe ouvrière attend les élections présidentielles pour en finir avec la politique anti-ouvrière du gouvernement Sarkozy.
Ainsi, les grèves qui se développent depuis fin 2011 (grève des agents de sécurité des aéroports, des métallurgistes d’ArcelorMittal, des éboueurs de Lyon, …) témoignent de cette recherche d’engager le combat, avant-même les élections, contre le gouvernement, contre sa politique. Elles sont un signal pour indiquer à un futur gouvernement dirigé par le PS que les travailleurs entendent défendre leurs revendications.
Assez de concertation, il faut imposer aux directions syndicales de quitter immédiatement les négociations sur les accords de compétitivité
Mais le gouvernement Sarkozy a pu développer ses attaques avec la complicité des dirigeants syndicaux qui ont dernièrement tous accepté de se rendre au sommet pour l’emploi permettant ainsi à Sarkozy de faire voter la TVA sociale. A la suite de ce sommet social, des négociations sont en cours avec les responsables syndicaux pour la mise en place d’accords de compétitivité dont l’objectif est de développer la flexibilité par l’augmentation du temps de travail sans augmentation de salaire ; les accords d’entreprise pourraient déroger aux accords de branche et au Code du Travail.
Pas une voix ouvrière pour les partis bourgeois, vote inconditionnel pour les partis d’origine ouvrière ; pour un gouvernement du PS, du FdG sans ministres représentants de partis bourgeois
Dans ce contexte électoral où chaque travailleur, chaque jeune va voter individuellement, savoir pour qui voter est un réel problème.
Certains comptent voter dès le premier tour pour le PS afin d’avoir le maximum de chance au second tour de se débarrasser du candidat de la bourgeoisie, Nicolas Sarkozy.
Pour d’autres, le vote PS n’est pas si évident du fait de sa politique passée et de son programme qui n’a rien d’un programme ouvrier (voir article dans ce bulletin). Le vote pour Mélenchon, candidat du front de gauche, paraît séduisant pour nombre de travailleurs qui voient dans le programme du Front de gauche un programme plus proche des intérêts ouvriers. Pour autant, si le Front de gauche annonce abroger certaines réformes du gouvernement Sarkozy et avance quelques revendications économiques proches des intérêts des travailleurs, il ne remet pas en cause fondamentalement ni la propriété capitaliste ni l’État bourgeois (voir analyse dans ce bulletin). Et puis certains travailleurs hésitent à voter Front de gauche au premier tour de peur d’affaiblir la possibilité de voir le PS au second tour pour battre Sarkozy.
C’est pourquoi, nous appelons à un vote de classe aux élections présidentielles comme aux législatives, à un vote inconditionnel pour les candidats présentés par les partis d’origine ouvrière, au choix PS, Front de gauche, NPA ou LO au premier tour. Tous ces partis doivent s’engager avant même les élections à un désistement réciproque pour le ou les candidats de ces partis le mieux placé pour aller au second tour dans la perspective de battre les candidats des partis bourgeois (UMP, Modem, FN, EELV).
La défaite de l’UMP, de Sarkozy aux présidentielles constituerait une victoire de la classe ouvrière et ouvrirait la voie à la mobilisation de la classe ouvrière pour tout d’abord imposer au futur gouvernement l’abrogation de toutes les lois anti-ouvrières de Sarkozy (voir article sur les cinq années de bilan du gouvernement Sarkozy) et au-delà pour la satisfaction de leurs revendications.
Pour l’instant, la seule solution de rechange au pouvoir, en l’absence de parti ouvrier révolutionnaire, est un gouvernement du PS et du Front de gauche sans ministres représentants de partis bourgeois (MRC, EELV notamment).
Réalisons le Front unique pour imposer à un gouvernement PS-FdG la satisfaction des revendications ouvrières
D’un tel gouvernement, s’il arrivait au pouvoir, les masses exigeraient immédiatement la satisfaction de leurs revendications, en premier lieu l’abrogation des lois anti-ouvrières de Sarkozy :
- la loi du 31 janvier 2007 relative à la modernisation du dialogue social :
- la loi du 20 aout 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail
- la loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie
- la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC au sein de Pôle Emploi
- la LRU et toutes les lois concernant l’Éducation Nationale, de la maternelle à l’université
- les lois sur le service minimum (transports, Éducation nationale, transport aérien)
- la mise en cause des régimes spéciaux
- la loi Bachelot sur les Hôpitaux
- la loi sur l’allongement du départ à la retraite
- la suppression de la taxe professionnelle et l’exonération de l’ISF
- la RGPP et la fin du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite
- la fin des exonérations fiscales et de cotisations sociales pour le patronat
- etc.
Mais au-delà, les travailleurs exigeraient des mesures contre le chômage et pour la défense de tous les acquis ouvriers, en premier lieu le Code du travail, les statuts de la Fonction publique et la Sécurité sociale. Ainsi, les travailleurs devront imposer à un gouvernement PS-FdG au minimum :
- L’interdiction de tous les licenciements (tout licenciement, boursier ou non, étant insupportable à tout travailleur)
- L’annulation pure et simple de la dette, pas un sou de remboursement aux banques
- Le retour à la retraite à 60 ans pour tous et aux 37,5 années de cotisation calculées sur les 10 meilleures années
- L’exigence d’un seul contrat de travail, le CDI ; la défense du statut de la fonction publique, l’arrêt des suppressions de postes
- La défense du salaire différé, de la Sécurité sociale, l’arrêt des exonérations de cotisations patronales
Telles doivent être les revendications que doivent reprendre dès à présent les centrales syndicales. La satisfaction de ces revendications est incompatible avec des compromis pour gérer la crise tels que l’envisage le Parti socialiste en annonçant une Conférence nationale pour la croissance et l’emploi qui se tiendrait à la mi-juillet. Le but de cette Conférence sera d’associer patronat et syndicats pour trouver des solutions à la crise, qui ne peuvent être prises qu’en sacrifiant les acquis ouvriers. En effet, le retour à la croissance ne peut s’appuyer que sur une diminution de la valeur de la force de travail, soit en mettant en cause des acquis ouvriers que financent le patronat soit par l’augmentation de la productivité du travail (augmentation du temps de travail, réorganisations des processus de production et des services …). C’est pourquoi, les responsables syndicaux doivent s’engager à ne pas participer à une telle Conférence.
Mais la satisfaction de ces revendications nécessiterait inévitablement de s’attaquer à la propriété capitaliste : expropriation des banques et des grandes trusts de l’énergie, de la sidérurgie, des transports, du BTP, des entreprises pharmaceutiques et laboratoires, automobiles, de la grande distribution, de la téléphonie, de l’informatique …
Mais parce que la satisfaction de ces revendications est contradictoire avec le maintien du système capitaliste et qu’aucun parti actuel ne semble prêt à les défendre, les travailleurs et la jeunesse doivent dès à présent s’organiser pour la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire.
Le 2 avril 2012