Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
21 Mars 2013
Le gouvernement dirigé par le Parti socialiste craint la mobilisation des travailleurs et de la jeunesse. C’est pour cela que le ministre Valls donne l’ordre aux CRS d’attaquer les travailleurs mobilisés contre les plans sociaux.
Pour empêcher tout surgissement de la classe ouvrière contre sa politique, le gouvernement compte sur la collaboration des directions syndicales. Dans la continuité de la grande conférence sociale de juillet 2012, il multiplie les instances de concertation dont le but est de préparer chaque nouvelle attaque. Fort de l’accord qu’il a obtenu grâce au dialogue social sur la flexibilité du travail, le gouvernement entend aller plus loin sur la voie de liquidation des acquis ouvriers : code du travail, conventions collectives, statuts de la fonction publique, salaire différé collecté par les caisses de Sécurité sociale.
Ainsi, il prépare de nouveaux reculs sociaux sur les retraites : nouvel allongement de la durée de cotisation, désindexation des pensions, poursuite de la mise en cause des régimes spéciaux.
Une nouvelle loi sur l’hôpital est également en gestation visant à éclater encore plus l’hôpital public en le mettant sous la coupe des territoires locaux.
Le projet de loi de « l’acte III de la décentralisation » renforce les lois de décentralisation de Sarkozy en éclatant encore un peu plus le cadre national de certains services nationaux, comme la formation professionnelle ou bien l’orientation scolaire qui passent entièrement sous la coupe des régions. Il renforce également l’autonomie des universités.
Les projets de loi de refondation de l’école du ministre Peillon et Fiaroso sur l’université accentuent l’éclatement des statuts des personnels et met sous la coupe des élus locaux la gestion de l’Éducation nationale.
De même le chantier de la dépendance, cher à Sarkozy devrait être réouvert, impulsant le recours aux assurances privées.
Le tout en respectant les équilibres budgétaires. Le gouvernement cherche d’ailleurs à économiser encore 5 milliards sur le budget de l’État.
Ce sont les travailleurs qui continuent à payer la crise : chômage de masse, licenciements massifs, mise en cause du salaire différé …
Ainsi, le gouvernement entend s’attaquer aux allocations familiales. Sous couvert de soumettre les allocations à l’impôt ou d’en exempter les familles dites les plus riches, il s’agit de sabrer le principe de base de la Sécurité sociale fondée sur le salaire différé. Ce que nous réserve le gouvernement, c’est la charité pour les plus pauvres et les assurances privées pour les autres !
A bas le dialogue social !
Le dialogue social c’est la compromission à tous les niveaux des directions syndicales qui cautionnent la politique d’austérité.
Peut-on en même temps discuter des plans anti-ouvriers et les combattre ?
Les bureaucrates syndicaux justifient souvent leur collaboration en expliquant qu’à défaut de rapport de force, ils sont bien obligés de peser dans les négociations pour éviter le pire.
Dans les entreprises qui licencient, n’y-a-t-il pas un rapport de force, comme chez Arcelor Mittal, PSA, Sanofi et tant d’autres pour combattre pour empêcher les licenciements ? La question de la nationalisation de ces entreprises n’a-t-elle pas été évoquée ?
Ce qui fait défaut, ce n’est pas le rapport de force, ce n’est pas le manque de combativité des travailleurs. Ce qui manque c’est la volonté des directions syndicales de combattre réellement pour interdire tous les licenciements. Pas avec un projet de loi, comme celui avancé par le Front de gauche qui ne serait qu’un couteau sans lame. Pas non plus avec des mobilisations éclatées dans chaque entreprise. Ce qu’il faut c’est un appel à la mobilisation générale pour imposer à la majorité de députés du PS et du Front de gauche à l’Assemblée l’interdiction de tous les licenciements et l’expropriation des entreprises en liquidation comme Arcelor Mittal par exemple.
Le 50ème congrès confédéral de la CGT est un enjeu de ce combat. La direction confédérale ne se prononce pas pour contrer tous les plans anti-ouvriers du gouvernement, retraites ou autre. Elle se meut complètement dans le dispositif du gouvernement de collaboration de classe ou service du patronat. L’accord national interprofessionnel renforçant la flexibilité du travail, permet à Renault d’imposer aux travailleurs, avec la collaboration de l’ensemble des directions syndicales du groupe, qu’ils signent ou pas, l’augmentation du temps de travail.
Assez de dialogue social, de discussion avec le patronat, de négociation des reculs des acquis !
Il faut imposer la rupture des dirigeants des syndicats ouvriers (CGT, FO, FSU) avec le gouvernement
Les dirigeants des centrales ouvrières que sont la CGT, FO et la FSU se moulent dans le dispositif du gouvernement de dialogue social, dont le but est d’associer les représentants syndicaux à la mise en place des reculs sociaux.
C’est le cas quand la CGT et FO participent aux discussions qui ont abouti à l’accord ANI. C’est le cas aujourd’hui quand elles poursuivent leur participation au COR dont la mission est de faire au gouvernement des propositions de nouvelles réformes sur les retraites.
C’est le cas également des responsables des syndicats enseignants de la FSU qui ont discuté pendant plusieurs mois avec le ministère de l’Éducation Nationale, discussions pour aboutir au projet de loi de refondation de l’école Peillon et au projet Fiaroso sur l’université.
Dans la CGT, quelques militants s’interrogent sur le rôle du dialogue social, de la participation. Ainsi, plus d'un millier de syndiqués ont rempli le questionnaire préparatoire au 50ème congrès confédéral. A la question : « Comment la négociation peut elle faire avancer les revendications des salariés ? » certains militants auraient répondu : « Le succès de la négociation dépend du rapport de force préalablement établi. Les revendications doivent être construites avec les salariés. Cependant, certains expriment un refus tout net de s'engager dans la négociation. »
Les dirigeants de la CGT et de FO tentent de faire accréditer l’idée qu’il est nécessaire pour les travailleurs de maintenir la production industrielle en France, qu’il faudrait même réindustrialiser la France. Mais sur quelle base en régime capitaliste cela peut-il se faire ? Ce que cherche le patronat français c’est de maintenir ses profits. D’où viennent ces profits ? De la plus-value extraite sur le dos des travailleurs dans les usines. Une partie de cette plus-value sert d’ailleurs à faire tourner d’autres secteurs, comme le transport, le commerce, les banques et les services.
La défense des travailleurs, de leur force de travail est incompatible avec le maintien ou l’augmentation des profits des capitalistes. Le combat des organisations ouvrières, en premier lieu des syndicats doit être de défendre becs et ongles les acquis ouvriers, dont les services sociaux, de santé, éducatifs … Ce combat ne peut qu’aboutir à la nécessité que la classe ouvrière s’approprie les moyens de production. Ce combat ne souffre pas de compromis, de compromission permanente avec le patronat et l’État bourgeois. Depuis des années que s’est généralisée la cogestion à tous les niveaux, dans toutes les entreprises, toutes les administrations, constate-t-on un accroissement des acquis ouvriers, une amélioration des conditions de travail et de vie ? Non c’est tout le contraire. La cogestion induit la prise en charge par les bureaucrates syndicaux, plus soucieux de préserver leur place que de défendre les travailleurs, des réformes qui mettent en cause les conquêtes ouvrières. Cette participation permanente impuissante les travailleurs et évite toute centralisation du combat contre le gouvernement le l’État bourgeois.
Il faut donc imposer dans toutes les sections syndicales, tous les syndicats nationaux, les UL, les UD, les fédérations des mots d’ordre de combat contre toutes les réformes destructrices.
Il faut imposer à tous les responsables syndicaux qu’ils cessent leur collaboration à la mise en place des prochains plans du gouvernement (école, retraite, hôpital, allocations chômage, familiales …)
A bas le capitalisme !
Au nom de la crise actuelle, il faudrait que les travailleurs acceptent la liquidation de leurs acquis pour permettre de sauvegarder les emplois. Le capitalisme c’est la concurrence entre les pays capitalistes. Chaque bourgeoisie cherche donc à être plus compétitive que ses concurrentes.
L’augmentation substantielle des salaires en Chine, même si l’exploitation féroce demeure pour les travailleurs, est certainement une des causes de la crise actuelle.
Le capitalisme fonctionne sur la base d’un développement inégal des forces productives.
Au XIXème siècle, le capitalisme s’est développé en Europe, particulièrement en Angleterre et en France, puis plus tardivement en Allemagne et en Italie. Les deux premières puissances combinaient exploitation de leur propre classe ouvrière et pillage de leurs colonies. En développant l’exploitation de la main d’œuvre des pays coloniaux, les bourgeoisies anglaises et françaises, confrontées à de fortes mobilisations ouvrières, qui menaçaient de révolution, ont pu concéder quelques subsides. Elles ont surtout su faire entrer les dirigeants ouvriers à des postes de gestion de l’État bourgeois.
Ce phénomène s’est poursuivi dans la première moitié du XXème siècle avec l’avènement de l’impérialisme américain qui a profité de la concurrence guerrière que se sont livrées les autres impérialismes entre eux, vieux impérialismes industriels (Angleterre et France) contre nouveaux impérialismes (Allemagne et Italie), conflit exacerbé lors de la Première guerre mondiale. L’impérialisme américain a muselé sa propre classe ouvrière, qui s’est battue fin 19°-début 20° s en constituant des syndicats et des organisations ouvrières, en cherchant à la rallier à sa propre cause dans son expansion impérialiste. En effet, le mouvement ouvrier américain, dès le début du XXème siècle, s’est rangé du côté de la conquête impérialiste (guerre hispano-américaine par exemple). Ainsi, l’impérialisme américain, au sortir de la 2ème guerre mondiale, a conquis sa première place de puissance mondiale. Mais son économie d’armement et d’endettement a atteint rapidement ses limites, même si l’impérialisme américain a fait financer son déficit par d’autres impérialismes, d’abord par le Japon puis aujourd’hui par la Chine. Mais il a dû faire face aux mobilisations à caractère révolutionnaire, y compris aux États-Unis mêmes (mobilisations dans les années 60-70 contre la guerre du Vietnam par exemple). La conquête impérialiste rencontrait des résistances.
Depuis la colonisation, les pays impérialistes vivent sur le dos de l’exploitation coloniale. Force est de constater que les classe ouvrière de ces pays en bénéficient également.
Mais depuis plusieurs années, les travailleurs des pays exploités, comme en Chine, en Amérique latine ou au Maghreb, se mobilisent en défense de leurs conditions d’existence. Leurs maigres acquis ont forcément des répercussions sur les pays impérialistes traditionnels.
Les bourgeoisies de pays impérialistes doivent donc liquider les acquis de leur propre classe ouvrière pour compenser les hausses de salaires là où la production a été délocalisée massivement, notamment en Chine. La hausse de la valeur de la force de travail dans les pays où la classe ouvrière est surexploitée doit être compensée par une baisse de la valeur de la force de travail des classes ouvrières qui avaient conquis des droits sociaux importants.
Dans ce contexte, il n’y a pas solution miracle.
Le mouvement ouvrier en Europe est donc confronté à cette offensive.
La seule alternative c’est de combattre pour en finir avec le capitalisme, pour œuvrer à l’avènement du socialisme.