Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
2 Avril 2012
La grève des éboueurs de la communauté urbaine de Lyon :
un combat pour la régie
Imposons aux PS et Front de gauche le retour en régie
de tous les services publics (déchets, eau …)
Les éboueurs du Grand Lyon ont entamé une grève reconductible le 12 mars à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-CFDT-CFTC-UNSA pour le retrait de la réorganisation de la collecte qui vise à redonner tout le centre de l’agglomération, Lyon et Villeurbanne, aux entreprises privées.
Certes G. Collomb veut privatiser entièrement la collecte de Lyon-Villeurbanne, mais après tout, il a pu le faire pour moitié en 2007 sans que l’intersyndicale ne mobilise les agents de la Propreté.
Alors pourquoi lancer une grève longue avec piquets de grève dans les dépôts amenant une répression de la part de la direction du Grand Lyon par la justice bourgeoise qui a prononcé une ordonnance d’expulsion des grévistes des dépôts et ce à la veille des élections présidentielles ?
Les travailleurs n’ont bien sûr pas d’illusion sur le Parti socialiste. Les agents du Grand Lyon subissent la politique de Collomb depuis de nombreuses années : privatisation des services publics, recours à des contractuels, primes au mérite, réorganisations permanentes, management autoritaire …. Pourtant les responsables syndicaux ont toujours accepté le dialogue social avec l’administration ! Il faut d’ailleurs bien rappeler que Collomb ne gouverne pas seul mais avec des élus du PC, du PG qui acceptent de s’allier avec d’authentiques bourgeois, le groupe Synergie, pour certains ex-UDF et pour d’autres ex-UMP !
Pour autant, les travailleurs aspirent aujourd’hui fortement à se débarrasser en premier lieu du gouvernement Sarkozy au pouvoir. Et c’est bien la priorité. Ils auraient pu le faire à plusieurs occasions, notamment lors de la puissante mobilisation contre la réforme des retraites mais les responsables syndicaux ont tout fait pour éviter une grève générale politique contre Sarkozy et les responsables des partis d’origine ouvrière ont renvoyé les travailleurs à 2012. Cela fait plus d’un an que la classe ouvrière trépigne d’impatience d’en finir avec Sarkozy.
Pour cela, ils utiliseront les partis qu’ils ont à disposition à savoir le Parti Socialiste et le Front de Gauche principalement. Une solution gouvernementale est donc immédiate : un gouvernement des seuls PS-FdG.
Mais si beaucoup de travailleurs n’ont pas d’illusion sur le PS, certains peuvent en avoir sur le FdG qui offre aujourd’hui un programme en apparence radical, prônant l’abrogation d’un certain nombre de réformes de Sarkozy et quelques revendications ouvrières. Mais ce programme ne prétend nullement s’attaquer à la propriété capitaliste.
Le FdG semble également avoir l’assentiment de plusieurs centaines de responsables syndicaux. Mais certains de ces dirigeants syndicaux affiliés au FdG expriment une politique de division face au PS.
Il ne faut pas se tromper d’ennemi. L’ennemi de classe c’est la bourgeoisie, ce sont l’UMP, le Modem, le FN.
Les travailleurs utilisent le PS et le FdG sur le terrain électoral, en l’absence de parti ouvrier révolutionnaire, pour faire barrage à la bourgeoisie. C’est bien l’enjeu de ces élections. Une défaite de Sarkozy ouvrirait la voie à la mobilisation de toute la classe ouvrière pour imposer à un gouvernement du Front unique, du PS-du FdG, la satisfaction des revendications ouvrières et en premier lieu :
- l’interdiction de tous les licenciements,
- l’annulation de la dette
- l’abrogation des réformes anti-ouvrières de Sarkozy,
- la défense du salaire différé, de la Sécurité sociale, du code du travail, des statuts de la fonction publique,
- la fin du non-remplacement des fonctionnaires et le rétablissement de tous les postes supprimés …
La responsabilité aujourd’hui des directions syndicales, locales comme nationales pour soutenir le combat des éboueurs est de porter l’exigence auprès du Parti Socialiste et du Front de Gauche du retour en régie de tous les services publics (gestion des déchets, eau …)
N’oublions pas que le PC et les dirigeants du PG ont largement participé au gouvernement Jospin qui a amené à la défaite de 2002, tellement sa politique était contraire aux intérêts ouvriers. N’oublions pas que dans toutes les collectivités locales, le PC et le PG gouvernent avec le PS et gèrent la pénurie !
Nous n’avons aucune illusion ni sur le PS ni sur le FdG. Pourtant, il n’ya pas d’autre solution aujourd’hui que de porter un gouvernement du PS et du FdG au pouvoir. Les travailleurs devront s’organiser pour lui imposer de rompre avec la 5ème république bonapartiste, avec la cogestion, avec la bourgeoisie.
Ce combat poserait inévitablement la question de constituer un véritable gouvernement ouvrier qui exproprierait le capital. Pour cela, la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire est indispensable.