Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

Mobilisations des travailleurs en Europe

La guerre est engagée contre les travailleurs d’Europe du sud !

 

De la Grèce au Portugal en passant par l’Espagne, des mesures anti-ouvrières d’une rare violence frappent les travailleurs des secteurs public et privé, actifs, chômeurs comme retraités.

Pour garantir les prêts octroyés par les banques et l’UE, les mesures prises par les gouvernements de droite sont identiques d’un pays à l’autre :

 

 le chômage de masse (près de 25% et 50 % chez les jeunes de moins de 25 ans) est une aubaine pour imposer la baisse des salaires et pensions, et assurer ainsi de fabuleux profits pour les actionnaires et les patrons (augmentation de 20% des dividendes servis aux actionnaires du géant de l’énergie portugaise, Galp Energia).

 

‚ une inflation de 3 à 5 % - notamment des produits alimentaires et de l’énergie – aggrave la misère de tous les salariés et retraités dont les revenus baissent et les impôts augmentent (dont la TVA)

 

ƒ le démantèlement du Code du travail par la libéralisation des licenciements, notamment économiques que les entreprises n’auront plus à justifier et que les salariés ne pourront plus contester. Les indemnités de licenciement sont réduites de moitié ; contrats précaires et temps partiels remplacent le CDI. C’est la flexibilité dont rêvent les patrons et l’UMP en France et qui doit sortir des « négociations compétitivité-emploi » !

 

„ la privatisation des services publics (transports, énergie, eau, santé, etc…) permet de mieux les démanteler et de réduire de plusieurs dizaines de milliards d’euros le budget des États.

 

Pour contrer ces attaques frontales et sans précédents depuis les dictatures qui ont dirigé ces Etats jusque dans les années 1970, les centrales ouvrières multiplient les appels à la « grève générale ».

 

Le dimanche 12 février 2012, les Grecs ont manifesté massivement leur colère devant le Parlement au cri de « voleurs, voleurs » à l’adresse des députés et des ministres : le vice-ministre du travail a été le premier à démissionner jugeant « insoutenable pour les travailleurs » les plans de rigueur imposés par l’UE et les banques. Le parti d’extrême droite LAOS a retiré son soutien au gouvernement d’union nationale et ses quatre ministres ont également démissionné. Néanmoins, le gouvernement restreint dirigé par Papademos a maintenu le cap des premières réformes à soumettre au Parlement qui les a adoptées le 13 février : en contrepartie d’un prêt de 130 milliards d’euros et de l’effacement de 100 milliards de dette, dix mesures drastiques ont été votées, notamment la baisse de 22% du salaire minimum porté à 586 €, la baisse de 32% du salaire des moins de 25 ans, la baisse de 10% du salaire des fonctionnaires et la suppression de 15 000 postes de fonctionnaires. Suite à ce vote, le syndicat des policiers grecs a lancé un mandat d’arrêt contre la troïka (UE/FMI/BCE) pour « destruction de cohésion sociale » !

 

Le 22 mars au Portugal, une grève générale était appelée par la  seule CGTP (car l’UGT a accepté la réforme du Code du travail) contre le budget d’austérité conforme au « Programme de Stabilité et de Croissance »  mis en œuvre par le gouvernement conservateur de Pedro Passos Coelho qui a succédé au 1° ministre « socialiste » José Socrates au pouvoir depuis mars 2005 et qui avait dû démissionner après le rejet par le Parlement du 4° plan d’austérité et après avoir perdu les élections anticipées de juin 2011.

Le budget 2012 prévoit la hausse de la TVA de 2 points (23%)  et de 17% sur le gaz et l’électricité , la hausse de 15% des tarifs des transports publics, la baisse de 27% des salaires de fonctionnaires et le gel des pensions. L’âge de la retraite est porté de 60 à 65 ans pour 40 ans de versement, l’horaire de travail est augmenté d’une demi-heure par jour et le montant et la durée des allocations chômage sont réduits. 7 jours fériés et congés payés sont supprimés…En outre une trentaine d’entreprises publiques doivent être privatisées (aéroports, poste, électricité,…).

C’est contre cette brutale casse sociale que se sont dressés les travailleurs et jeunes portugais qui se nomment eux-mêmes « génération dans la merde ». Au Portugal s’est également développé le mouvement des « indignés » mais les élections législatives de juin 2011 ont porté la droite au pouvoir.

 

Le 29 mars en Espagne, des centaines de milliers de travailleurs se sont mobilisés dans la grève généralisée et des manifestations - où sont apparus des drapeaux républicains – contre la réforme du code du travail, pour refuser de payer la dette et de se soumettre aux plans d’austérité imposés par la bourgeoisie. Une majorité de députés ont en effet adopté en février une série de mesures proposées par le 1° ministre conservateur Mariano Rajoy, facilitant les licenciements, réduisant les salaires et instaurant la flexibilité du travail. Dans un pays qui compte 5,3 millions de chômeurs (soit 22% de la population active pour 46 millions d’habitants) et où le salaire minimum est de 640 €, ces mesures sont jugées intolérables !

Mais en l’absence de Front Unique Ouvrier, ces manifestations n’ont pas permis de faire reculer le gouvernement mis en place après les élections législatives du 20 novembre 2011 : le Parti Populaire a en effet remporté ces élections avec 44,6 % des voix seulement mais avec 186 sièges de députés, loin devant le PSOE qui perd 4,5 millions de voix et ne compte que 110 députés. Il s’est totalement disqualifié après avoir gouverné pendant des années au compte de la bourgeoisie.

Mais on peut dire que la victoire du Parti Populaire est d’abord dû à l’éparpillement des voix de gauche plus qu’à un afflux des voix en sa faveur. Il faut noter en particulier le score de Izquierda Unida (alliance Verts/Communistes) à 6,9% et 11 députés. Pour leur part, les Indignés ont dénoncé le « bipartisme », ont appelé à l’abstention ou au vote pour les petits partis, en refusant de soutenir un parti en particulier et de fonder leur propre parti. Le résultat est là.

 

Aucune issue gouvernementale n’est ouverte aujourd’hui pour chasser du pouvoir les gouvernements de Pedro Passos Coelho, de Mariano Rajoy ou de Papademos. Dans chaque pays, se pose la nécessaire construction d’organisations ouvrières indépendantes qui ouvrent la perspective de gouvernements de Front Unique en rupture avec la bourgeoisie et la construction d’États-Unis socialistes d’Europe.

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