Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

Intervention lors de l’assemblée générale des syndiqués de la section CGT des Finances Publiques du Rhône

Les combats que nous avons à juste titre impulsés dans le département (Climatisation, interpellation du directeur général Bézard, les problèmes des accueils au public à Bron, à la CAE ou plus récemment sur le site de Caluire) sont essentiels mais limités : Ce qui est pris un jour est repris le lendemain ou ailleurs par notre administration. Ils montrent par contre une disponibilité des collègues à engager le combat lorsqu’une victoire est en vue mais ce sont et ne seront que des guerres d’escarmouches si nous ne nous ouvrons pas une perspective beaucoup plus large.

Le gouvernement met en œuvre une politique anti-ouvrière. Les prochaines attaques contre lesquelles nous devons nous disposer sont notamment celles contre le code du travail (banalisation du travail du dimanche, facilitations des mesures de licenciement, et sous couvert de remise en cause des « 35 heures », liquidation de toute définition légale du temps de travail par le biais de la « négociation d’entreprise »).

C’est le projet de budget 2015 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui concentrent l’ensemble des attaques : pour financer les 50 milliards versés au patronat dans le cadre du pacte de responsabilité les projets de budgets proposent 21 milliards d’économie. Cela signifie : blocage des salaires des fonctionnaires, des pensions, diminution massive des postes, mise ne œuvre de la réforme des collectivités territoriales (fusion de services et suppressions de postes sont à l’ordre du jour, nous savons d’expérience ce que cela signifie). Pour ce qui est de la Sécurité sociale, déremboursement des médicaments, étranglement de l’Hôpital Public, mis à mal du statut de ses personnels, attaques contre les allocations familiales...

Pour ce qui concerne la Fonction Publique le statut est le cœur de cible avec en particulier l’ouverture de négociations visant la remise en cause de la promotion à l’ancienneté au profit de la promotion « au mérite », soit individualisation et arbitraire. Mais comme l’annonçait le rapport Pêcheur dont nous avions déjà discuté ce sont aussi la réduction des corps de la Fonction publique, la promotion de la négociation locale substituée à la gestion nationale dans le cadre des statuts nationaux, la mobilité généralisée inter et intra fonctions publiques, etc.

Pourtant le gouvernement est faible, honni par les travailleurs (sondages …) et c’est pourquoi il compte sur les directions syndicales. Au moment du vote de confiance au gouvernement, Valls a répondu lors de son intervention à l’Assemblée Nationale à ceux qui s’impatientent que le dialogue social est « notre méthode de gouvernement, faire passer les réformes nécessaires au redressement de la France implique ce temps de discussion indispensable avec les partenaires sociaux.

Mais quel bilan devons nous tirer de ce dialogue social ? En 2012, ce fut l’ANI qui permet au patronat d’augmenter le temps de travail sans augmentation salariale ; en 2013, la conférence sociale a abouti à l’allongement du départ à la retraite.

Après des mois de discussions en interne, en juillet 2014 la direction de la CGT a été contrainte au constat. Thierry Lepaon a déclaré : « Le gouvernement ne peut pas décider du calendrier, des objectifs, des thématiques... et demander aux organisations syndicales d’assurer la mise en œuvre... ». Sur cette base la CGT, imitée par FO et la FSU, n’a pas participé à la 2ème journée de la conférence sociale.

Mais à cette rentrée, alors que le gouvernement se fragilise encore, Thierry Lepaon a réaffirmé à l’assemblée de rentrée de la CGT, parlant des concertations programmées suite à la Conférence sociale de mise en œuvre du pacte de responsabilité : « Nous y serons ». De fait, le 22 septembre, a commencé la « négociation » Fonction publique et toutes les fédérations de fonctionnaires dont l’UGFF CGT, ont accepté d’y participer.

Or nous avons besoin d’une organisation forte, qui impulse la résistance, un combat clair et net face aux attaques du gouvernement, contre ce gouvernement.

Une issue existe pour les travailleurs : que les députés PS-Front de gauche, majoritaires à l’Assemblée Nationale, rejettent Valls et la politique de son gouvernement, refusent de voter le budget.

Et comme ils ne le feront pas d’eux même, la responsabilité des directions syndicales, celle de la CGT en particulier, est de quitter les tables de concertation avec le medef et le gouvernement (négociation Fonction Publique) et d’organiser une grande manifestation de tous les travailleurs, de la jeunesse à l’Assemblée nationale au moment de la discussion budgétaire sur le mot d’ordre : à bas le budget 2015 ! Députés PS, Front de Gauche, ne votez pas le budget ni la loi de financement de la Sécurité sociale !

Motion soumise au vote de l’AG :

L’Assemblée Générale de la CGT finances Publiques du Rhône réunie le 7 octobre 2014 s’adresse à toutes les instances du syndicat, de notre syndicat national à la confédération :

Face aux attaques contre la sécurité sociale, le code du travail, notre statut, nos rémunérations, nos postes et nos conditions de travail programmées par le gouvernement, toutes les instances de la CGT doivent cesser immédiatement toute participation aux tables de concertation avec le Medef et le gouvernement et organiser une grande manifestation de tous les travailleurs à l’Assemblée Nationale au moment de la discussion budgétaire sur le mot d’ordre : Députés PS, Front de Gauche, ne votez pas le budget ni la loi de financement de la Sécurité Sociale : A bas le budget 2015 !

Votes :

Pour : 12

Abstention : 12

Contre : 31

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