Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

Quelques rappels sur la nature des Fronts populaires et la tactique du Front Unique

« Le Front populaire n’est pas une contradiction, contradiction entre les besoins des masses, les aspirations, et la politique des appareils. Il est un cadre politique imposé aux masses par les appareils bourgeois du mouvement ouvrier, qui subordonnent celles-ci à la société, à l’ordre, à l’Etat bourgeois. Les Fronts populaires résultent de l’antagonisme fondamental qui oppose les masses et les appareils, où les masses tentent d’imposer le Front unique aux organisations ouvrières pour lutter contre le pouvoir, mais les appareils font prévaloir la subordination à l’ordre, à la société, à l’Etat bourgeois…Ils sont la négation du FU, son contraire ; c’est pourquoi la présence d’organisations et de partis bourgeois est indispensable au Front populaire….

En tout état de cause, les Fronts Populaires et leurs gouvernements préparent la pire réaction. Ils sont incapables de résoudre la crise économique, sociale, politique qui a donné naissance à la crise révolutionnaire qui au contraire, s’aggrave et rend la situation intolérable.

Derrière la façade des gouvernements de Front Populaire se regroupent les forces les plus réactionnaires surgies des profondeurs de l’Etat bourgeois et de la société bourgeoise – armée, police, etc.… - soutenues et organisées par le capital financier, qui préparent le bain de sang. Au cas où le Front Populaire ne parvient plus à contenir les masses, elles font brutalement irruption et tentent de noyer le mouvement des masses dans un bain de sang. Au cas où les gouvernements de Front Populaire ont déjà eux-mêmes engagé la répression, elles surgissent également et poursuivent jusqu’au bout la répression sanglante, sans ménager d’ailleurs les dirigeants des Fronts Populaires. »

Résolution politique adoptée par le XIX° congrès de l’OCI - 1974

Le cas du parti socialiste

« Il y a les partis, les organisations traditionnelles, PC, CGT, FO, FEN, mais il y a un singulier problème qui se trouve posé, c’est celui du parti socialiste ! Car, et nous l’avons dit à juste titre, le parti socialiste est aujourd’hui dirigé par Mitterrand, dont les origines politiques, les liens politiques, les fonctions politiques sont d’un homme politique de la bourgeoisie et qui, finalement, tend à détruire le parti socialiste comme parti ouvrier.

Mais l’origine d’un parti ouvrier, ses liens avec la classe ouvrière, sa caractérisation comme parti ouvrier ne dépendent exclusivement ni de sa direction ni de sa politique.

Car enfin, s’il en était ainsi, on devrait alors dire de la social-démocratie allemande qu’elle n’est plus un parti ouvrier, car, en fonction d’une certaine situation politique (créée d’ailleurs par la répression, par la bureaucratie du Kremlin, de la révolution hongroise en 1956, après celle du mouvement révolutionnaire de 1953 en Allemagne orientale), au congrès de Bades-Godesberg en 1959, la social-démocratie allemande a rejeté de son programme toute référence à la lutte des classes. Aujourd’hui, officiellement, la social-démocratie allemande est un parti national allemand, c’est à dire un parti reposant sur toutes les classes de la société ; ce n’est plus un parti de classe.

Est-ce que pour autant, la social-démocratie a changé de nature ?

Evidemment non. Naturellement, cette modification, cette évolution politique a son importance ; mais la nature de classe prolétarienne d’une organisation résulte de son origine historique, de ses racines dans l’histoire du mouvement ouvrier, enfin de la place qu’il occupe objectivement dans les rapports entre les classes. ; et le parti socialiste, aujourd’hui encore, est en France un parti ouvrier parque qu’il s’insère dans toute la tradition social-démocrate à l’échelle non seulement de ce pays, mais du monde entier. »

Stéphane Just – in Le gouvernement ouvrier et paysan, 1971

Qu’est-ce que le Front Unique ?

in La Vérité n°535, décembre 1966-janvier 1967

« La phase actuelle de la lutte des classes met plus que jamais à l’ordre du jour la lutte classe contre classe. Le prolétariat doit présenter face à la bourgeoisie, son Etat, ses gouvernements, un front uni….Plus les antagonismes de classes s’exacerbent, plus la classe ouvrière a besoin de combattre comme un tout.

Ce sont les appareils bureaucratiques qui la divisent, fragmentent le front prolétarien. La tactique du Front unique telle qu’elle fut définie par les III° et IV° congrès de l’Internationale Communiste reste plus que jamais actuelle.

Face aux attaques économiques et politiques de la bourgeoisie contre la classe ouvrière – politique des revenus, tentative d’intégration des syndicats à l’Etat – il est nécessaire d’opposer la classe ouvrière comme classe à la bourgeoisie. La tactique du front unique consiste à ne pas nier en pratique que l’énorme majorité des militants de la classe ouvrière sont organisés dans les partis réformistes et staliniens.

Il s’agit, en s’appuyant à chaque moment sur la situation concrète de la lutte des classes et les impératifs de la lutte, de proposer une politique qui rompe avec la bourgeoisie et dresse la classe ouvrière et les organisations dont elle dispose face à la bourgeoisie en tant que classe. Elle implique la dénonciation de la politique de collaboration de classe de la bureaucratie, soit avec une fraction de la classe capitaliste, soit avec la bourgeoisie dans son ensemble.

Le Front unique entre nécessairement en conflit avec la politique de la bureaucratie. Il n’est pas exclu que les bureaucrates des directions traditionnelles soient forcés de faire des pas sur la voie du Front unique sous la pression de la classe ouvrière et de leurs propres membres. Dans de tels cas, nous soutenons et participons à toutes les actions qui peuvent être ainsi organisées.

La lutte pour le front unique implique la construction de partis ouvriers révolutionnaires. La réalisation du front unique ne peut être laissée à la spontanéité. Il exige la lutte politique d’organisations indépendantes faisant passer dans la pratique la propagande de transition. Le PR ne peut se construire indépendamment de la participation et de l’intervention dans la lutte des classes réelle telle qu’elle se déroule sous nos yeux et non par des commentaires sur la lutte des classes. La politique du Front unique prend alors toute son importance pour la construction des partis révolutionnaires. »

La candidature de l’OCI aux élections législatives de 1967

in La Vérité n°536, février/mars 1967

L’OCI avait décidé de présenter un seul candidat dans un secteur de Seine-Saint-Denis

« Dans les autres secteurs, formez des comités de soutien aux candidats de front unique ouvrier. Appelez, avec l’OCI, à voter pour les candidats se réclamant d’un parti d’origine ouvrière, tout en dénonçant toutes les illusions parlementaires, toutes les combinaisons avec les organisations de la bourgeoisie. En votant massivement pour les candidats se réclamant d’un parti ouvrier, les travailleurs manifesteront leur sens de classe en opposition à tout candidat se réclamant d’une organisation bourgeoise. Ils exigent que ces partis rompent avec ceux de la bourgeoisie. »

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