Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

Pourquoi le milliardaire Trump l’a-t-il emporté sur la favorite des banques ? Ou comment la politique sécuritaire et anti-ouvrière de Bill Clinton et Barack Obama a-t-elle favorisé l’élection de Donald Trump ?

Plutôt de se demander comment Hillary Clinton a pu laisser échapper la victoire, mieux vaut revenir sur la politique menée depuis plus de 30 ans de destruction des emplois alternativement par les partis bourgeois démocrate ou républicain!

En 2008, après le crash boursier, Obama a volé au secours des banques et permis l’expulsion de leurs maisons de millions d’Américains ruinés par la crise financière. Beaucoup ont fait payer la facture au parti démocrate et ont rejoint Trump par colère et frustration.

 

Comment le parti démocrate a-t-il pu sous-estimer cette colère ? Sans doute par ignorance et mépris de ces millions de salariés victimes de l’état de délabrement des infrastructures du pays : villes industrielles en friches, équipements sociaux privatisés ou inexistants. 50 millions d’Américains (1 sur 7) vivent en dessous du seuil de pauvreté fixé à 24 500 $ par an pour une famille de 4 personnes. L’Obama care a surtout profité à l’industrie pharmaceutique et aux compagnies d’assurances. Dans le même temps, les prisons se sont remplies (25% des prisonniers dans le monde sont Américains alors que la population des États-Unis ne représente que 4% de la population mondiale). Aucune force politique – partis ou syndicats – n’a pris la défense des laissés pour compte dont un grand nombre a voté pour Trump en désespoir de cause. Le mépris des démocrates pour les masses populaires s’est exprimé par le ton moralisateur et condescendant utilisé contre « ces électeurs pitoyables » comme l’a dit Clinton.

 

Les sondages et la presse n’ont pas vu ou voulu voir venir le coup. Clinton ne s’est même pas déplacée dans le Winconsin, ancien état industriel traditionnellement acquis au vote démocrate et qui a infligé une lourde défaite à Clinton qui n’a jamais mesuré les effets dévastateurs de la crise industrielle sur la population laborieuse ! Il suffit de se rendre dans l’État du Michigan, fleuron de l’industrie automobile, pour voir l’ampleur du désastre.

Trump, emprunté de populisme, a fait semblant de s’intéresser à leur sort. Il a présenté aux ouvriers américains des boucs émissaires : les travailleurs mexicains , les illégaux, les musulmans et les Chinois, tout en raflant une partie des votes de la petite et moyenne bourgeoisie à laquelle il a promis allégements de charges, baisse des impôts, investissements dans la construction, etc … Wall Street ne s’y est pas trompé : après une chute des actions, la bourse a repris rapidement de la vigueur !

 

Et si des millions de femmes et de Latinos ont voté Trump, c’est parce qu’à aucun moment le parti démocrate – parti bourgeois - n’a pris en compte leurs revendications. Certes, leur réveil va être dur car le milliardaire Trump est tout sauf un homme du peuple, lui qui a fait fortune sur le dos des ouvriers américains et immigrés, tellement moins chers ! Il possède 500 entreprises dans le monde.

 

 

Trump – entouré d’une bande de gangsters non exempts de conflits d’intérêts-  va défendre les intérêts capitalistes américains dans le cadre – non pas d’un État fasciste – mais d’un État-Entreprise dont le premier souci est de réduire le coût de la main-d’œuvre, dans le respect des institutions faites sur mesure dans ce but !

 

Et l’équipe de Trump est entièrement constituée de gros bras (voir Libé du 23/11) prêts à affronter violemment toutes luttes ouvrières ou simplement démocratiques qui entraveraient ses plans. Dans un pays où chaque jour 3 afro-américains sont tués par la police, aucune justice n’est rendue aux victimes malgré les manifestations de soutien. Et ces assassinats se produisent principalement dans les villes ruinées par la crise industrielle où emplois et aides sociales ont disparu. Même les lanceurs d’alerte comme Snowden sont poursuivis pour entrave aux intérêts américains (c’est-à-dire des entreprises américaines).

 

Il y aura sans doute des mouvements de désobéissance civile mais le parti républicain est majoritaire au Sénat, à la chambre des Représentants, à la Cour suprême : il contrôle tous les rouages de l’État. Même si tous les Républicains ne sont pas prêts à donner carte blanche à Trump, il faudra un formidable mouvement social pour ébranler son pouvoir.

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