Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
8 Janvier 2018
Des centaines, des milliers de migrants fuient chaque jour les guerres provoquées par les impérialismes au Moyen-Orient et en Afrique. Ils fuient les violences exercées par les Etats corrompus, à la solde des impérialismes occidentaux ; ils fuient la famine, le chômage, la pauvreté, conséquence du capitalisme mondialisé.
Ils traversent la Méditerranée, les montagnes, les frontières au péril de leurs vies pour tenter de s’installer dans les pays occidentaux pour espérer survivre.
Les impérialismes se barricadent. Ils sèment la guerre aux quatre coins de la planète mais ferment leurs frontières aux plus démunis.
L’Union européenne a établi de nouvelles règles de l’espace Schengen, sur la base de l’accord de Dublin qui permet aux Etats membres de renvoyer les migrants dans le premier pays d’arrivée.
La France pratique une politique particulièrement xénophobe et répressive. Le gouvernement Hollande-Valls l’avait déjà mise en œuvre. Le gouvernement Macron-Collomb l’exacerbe.
La circulaire d’octobre 2017 du ministre de l’Intérieur Collomb introduit une présomption de trouble à l’ordre public, en application de la loi antiterrorisme qui a institutionnalisé l’Etat d’urgence. Elle permet la criminalisation des actions politiques et syndicales, des mouvements sociaux. Cette circulaire permet, sur la base du seul soupçon, que le ministre, le préfet ou le juge des libertés et de la détention, puisse ordonner la fouille d’un domicile et réclamer au terroriste présumé, ses codes et ses identifiants Internet. Elle permet d’instaurer « une zone de protection » lors de rassemblements, selon l’appréciation du préfet. Dans ce périmètre défini, la police pourra effectuer des contrôles aléatoires, fouiller les bagages et vérifier les identités. Les limites de ce périmètre de sécurité seront fixées par le préfet lui-même qui pourra également ordonner la fermeture de lieux de culte, susceptibles de promouvoir le terrorisme. Cette loi renverse la philosophie du droit en mettant à mal deux principes fondateurs : « Le premier de ces grands principes est que la liberté est la règle et la restriction de police l’exception. Le second est qu’on ne peut être privé de sa liberté que par la décision de quelqu’un d’indépendant du gouvernement. »
La circulaire du 12 décembre du ministre Collomb autorise les forces de l’ordre à recenser des sans-papiers dans les centres d’hébergement, ce qui a suscité de vives oppositions des associations gestionnaires de ces centres.
Le projet de loi immigration renforce la chasse aux migrants (voir infographie ci-dessous).
Le gouvernement Macron-Philippe-Collomb accentue la chasse aux migrants, aux jeunes migrants ; il ordonne le démantèlement des campements. Après la jungle de Calais et des nombreux camps de réfugiés qui s’organisent dans les villes, il organise la traque des passages en montagne, à la frontière et criminalise les personnes qui leur viennent en aide (vallée de Royat …).
Ça suffit !
Les jeunes migrants vivent une situation particulièrement dramatique et sont ballottés entre les collectivités qui tentent par cynisme de démontrer par des moyens fascistes (croissance osseuse etc.) que ces mineurs sont en fait majeurs pour qu’ils relèvent d’une intervention de l’Etat et non d’une politique de protection au titre des droits de l’enfant qui les amènerait à assurer leur hébergement. Le projet de loi sur l’immigration entend ne plus les considérer comme des enfants mais comme des étrangers.
C’est inacceptable.
Pour l’heure, les migrants ne peuvent compter que sur la solidarité « citoyenne » spontanée mise en œuvre par des associations.
La solidarité citoyenne ne suffit plus.
Les organisations ouvrières, partis et syndicats, doivent s’unir pour combattre la politique répressive du gouvernement Macron-Philippe-Collomb, et en premier lieu organiser la mobilisation contre le projet de loi immigration.
C’est à l’Etat, aux collectivités locales de prendre en charge l’accueil des migrants.