Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
2 Avril 2012
Les programmes de l’UMP, du Modem, d’EELV, du FN :
des variantes de partis bourgeois
Des partis d’origine bourgeoise au service de la bourgeoisie
L’UMP est issue du RPR, parti gaulliste ; le Modem est issu de l’UDF, parti d’une bourgeoisie plus libérale, le Front national a toujours été un parti très réactionnaire emprunt de poujadisme et s’en prenant à la fraction la plus exploitée de la classe ouvrière, les travailleurs d’origine immigrée. EELV regroupe une partie des Verts et Europe écologie. Ce regroupement comme celui des Verts précédemment n’existe que parce que le PS lui laisse une place sur le plan électoral. Il exprime une recherche à caractère petit-bourgeois d’une fraction aisée de la classe ouvrière, ne trouvant pas dans le PS une solution ouvrière à la crise. Le rôle historique des Verts est de faire le pont entre le PS et la bourgeoisie.
- UMP : c’est le parti historique de la bourgeoisie française sous la Vème République, issu du RPR. Sa création par Chirac en 2002 devait permettre d’absorber nombre de courants ou partis bourgeois satellites du RPR ou de l’UDF. Il n’y est que partiellement parvenu. Mais l’objectif historique de l’UMP-ex RPR est de gouverner au-dessus des partis, d’en finir avec une représentation de classe ce à quoi il n’a pas abouti pour le moment.
- FN : c’est l’aiguillon de la bourgeoisie française. Le programme du FN contre les travailleurs issus de l’immigration, c’est finalement le gouvernement UMP qui l’a mis en œuvre. Pour l’heure la sortie de l’€ et de l’Europe n’est pas souhaitable pour la bourgeoisie française. A ce titre le FN n’est pas son parti traditionnel même si dans une situation de crise économique exacerbée menant à la guerre entre impérialismes, le FN pourrait devenir le bras armé de la bourgeoisie française acculée pour la destruction physique de la classe ouvrière.
- Modem : à la suite de la création de l’UMP, l’UDF est rentrée en crise car n’intégrant pas la majorité parlementaire. La création du Modem tentait de redonner un second souffle à une représentation d’une fraction plus libérale de la bourgeoisie, qui considère qu’il vaut mieux jouer au maximum la carte du dialogue social et de la cogestion que l’affrontement avec la classe ouvrière. Sa fonction en 2007 était de viser au rapprochement avec le PS ce qui a été rendu impossible par la défaite de Royal et surtout par les mobilisations contre le gouvernement UMP. Mais au final, le Modem a soutenu le gouvernement UMP.
- Europe Écologie-Les Verts (EELV) : nés dans les années 70, les Verts défendent les idées de l'écologie politique, ce qui est souvent confondu avec la défense de l'environnement. Ils occupent un espace laissé par les partis d’origine ouvrière. L’écologie politique ne sert qu’à ouvrir de nouveaux marchés pour redonner du souffle au système capitaliste. Cependant, il reste inconcevable qu’un système qui prône la recherche de profit prête réellement attention aux retombées écologiques sur la planète. L’exemple en est donné avec les panneaux photovoltaïques qu’on ne sait pas recycler et qui contiennent nombre de produits polluants.
Si l’UMP et le Modem sont ouvertement des partis bourgeois, organisant et représentant directement la bourgeoisie comme corps social constitué, détenteurs des moyens de production, le FN et EELV représentent plutôt des forces petites bourgeoise mais avec comme volonté de faire le lien avec la classe ouvrière. Ils n’existent que parce que les organisations d’origine ouvrière ont failli au rôle historique du prolétariat, à savoir renverser le système capitaliste pour instaurer une société communiste.
Des programmes bourgeois
Les programmes de ces partis doivent être analysés selon le rôle politique de chacun de ses partis.
Le projet de l’UMP est un programme de défense des intérêts de la bourgeoisie qui entreprend la casse des acquis ouvriers afin de tenter de restaurer le taux de profit des patrons. Après 5 ans de politique contre les acquis collectifs de la classe ouvrière, le projet de l’UMP 2012 entend accentuer les coups : d’un côté, cadeaux faits aux patrons (exonérations de cotisations patronales, accords de flexibilité du travail, développement de l’apprentissage patronal, protectionnisme), de l’autre, poursuite des attaques contre les acquis ouvriers (chasse aux immigrés, poursuite de la RGPP et application aux collectivités locales, traque des précaires, mise en cause de la Sécurité sociale …).
Un extrait tiré du programme illustre clairement la marche à suivre : « on a observé une remobilisation autour de l'image des syndicats à l'occasion de grands débats nationaux (…) La conséquence est que les grandes réformes nécessaires à l'évolution de la société sont freinées ou même reportées, la cohésion sociale est fragilisée par des conflits sociaux et le rapport au travail est dévalué, car perçu comme un terrain de conflit qui créera des perdants et des gagnants. ». L’UMP a clairement conscience que sa politique suscite un fort rejet et des mobilisations qui cristallisent les rapports entre les classes sociales. Aujourd’hui, l’UMP entend affronter directement la classe ouvrière pour la défaire.
Le programme proposé par le Front national fait porter la responsabilité de la crise à la frange la plus exploitée du prolétariat. Malgré les vives critiques faites envers l’UMP, le Front National reprend nombre de ses propositions : l’inscription dans la constitution de la règle d’or des déficits publics ou l’augmentation de la TVA. Ce projet est clairement dans une lignée bourgeoise nationaliste.
Le Front National cherche à exploiter les peurs et les désarrois pour s’enfermer dans une société en repli identitaire, liberticide, discriminatoire et raciste. Le fascisme est l’un des dernier recours avec le Front populaire pour faire barrage aux masses. Cette option ne semble pas être choisie pour le moment par la bourgeoisie française mais les choses peuvent évoluer dans un contexte de crise aigüe.
Le MODEM reste un parti bourgeois qui applique les mêmes règles avec la même volonté que l’UMP avec un faux semblant de « social-bourgeoisie ». Cela correspond aux aspirations d’une part de la petite bourgeoisie et fait corroie de transmission entre le PS et l’UMP.
EELV : Le programme est fondamentalement contradictoire :
- Volonté de diriger l’économie tout en maintenant voire en renforçant la production capitaliste et son anarchie ;
- Volonté de multiplier lois, taxations et interdictions qui pourraient pénaliser une classe de capitalistes, mais qui auront tout loisir de les remettre en cause puisqu’ils ne seront pas expropriés ;
- Multiplication des aides, et investissements ciblés dans des secteurs intrinsèquement non rentables, incapables de soutenir une concurrence internationale et de générer des profits, tout en ayant la volonté de réduire les déficits et la dette.
Le programme est contradictoire car il concentre les contradictions de la petite bourgeoisie : un ordre social plus « juste » par le maintien de la propriété privée des moyens de production dans le cadre d’un meilleur capitalisme, vert, propre, moral et indifférent au profit, sans grands bourgeois, sans multinationales, sans concentration, sans armée, sans guerre, sans conflit… bref, sans l’analyse de ce que produit le capitalisme et pourquoi.
Pas une voix ouvrière aux élections présidentielle et législatives pour les partis bourgeois