Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
30 Avril 2018
Le gouvernement Macron gouverne au compte de la bourgeoisie française qui a pris du retard, après la crise de 2008, face à ses concurrents. La baisse du coût du travail est un impératif pour rivaliser notamment avec l'Allemagne. La vague de réformes s'attaque ainsi à tous les acquis ouvriers qui alourdissent le coût du travail : après le Code du travail, le statut des cheminots, celui des fonctionnaires en ligne de mire. Dans le monde capitaliste tout doit devenir marchandise d’où l'asphyxie des hôpitaux et des bailleurs sociaux, la sélection à l'université, la dévalorisation des diplômes... L'Etat impérialiste français frappe la Syrie aux côtés des impérialismes américain et anglais pour tenter de contrecarrer la Russie sur la scène internationale. Les réformes Macron sont une Blitzkrieg économique et politique. Dans cette opération il tente également de liquider ce qui reste d’organisations capables de rassembler la classe ouvrière contre la bourgeoisie. Les réformes de fusions des instances représentatives du personnel concourent à cet objectif.
DES SURSAUTS DE RÉSISTANCE
La mobilisation du 22 mars dans la Fonction publique a marqué un tournant dans les mobilisations sectorielles. Elle témoignait d’une volonté au-delà des fonctionnaires et des cheminots, de résister à l’offensive. Une frange de travailleurs se radicalise contre la politique bourgeoise de Macron. La mobilisation est désormais à la croisée des chemins : soit elle parvient à affronter l’obstacle des appareils syndicaux et politiques dits de « gauche » qui refusent de livrer un combat central contre le gouvernement Macron, soit elle reste dans le cadre de la multiplication des journées d’action, des grèves sectorielles et des négociations avec le gouvernement.
LA MÉTHODE MACRON, UNE ARME À DOUBLE DETENTE, ENTRE DIALOGUE SOCIAL ET RÉPRESSION FÉROCE
Macron déroule son plan d’ensemble : après le Code du travail, la sélection à l’université, la remise en cause du statut des cheminots puis de la Fonction publique. Il le fait en Président-Bonaparte, par ordonnance, confortant le rôle de Parlement-croupion de la Vème République. Les mobilisations sont volontairement isolées par les directions syndicales et ce n’est pas une politique gauchiste de grèves reconductibles secteur par secteur, gare par gare etc. qui peut les en sortir. Cet isolement permet de réprimer férocement comme dans les universités afin de casser toute velléité de centralisation contre le pouvoir.
En parallèle, le dialogue social n’est pas rompu par les directions syndicales, même par la CGT. Alors que le projet de loi ferroviaire a été adopté par l’Assemblée nationale le 17/04, actant l’ouverture à la concurrence et la fin du recrutement sous statut particulier de cheminots, l’intersyndicale a rompu 2 jours plus tôt les discussions avec la ministre en demandant de discuter avec le Premier ministre ! Dans la Fonction publique, après le succès du 22 mars, tous les dirigeants syndicaux se sont rendus le 9 avril à la première réunion sur la réforme CAP 22 (Comité d’action publique). Alors que l’objectif du gouvernement est de pulvériser le statut de fonctionnaires, l’intersyndicale lance une nouvelle journée d’action le 22 mai mais en se déclarant disposée à continuer de discuter avec le gouvernement. Pour emmener une majorité de fonctionnaires dans la bataille, il faut des mots d’ordre clairs : A bas CAP 22 ! Pas touche au statut ! Non à la privatisation des services publics ! Les objectifs du dialogue social sont fixés par le gouvernement, pour associer les représentants syndicaux à la mise en œuvre de la liquidation de la Fonction publique.
IMPOSONS LA RUPTURE DU DIALOGUE SOCIAL ET LA GRÈVE GÉNÉRALE CONTRE LE GOUVERNEMENT
Il faut donc, par tous les moyens, dans tous les secteurs en lutte, dans toutes les AG et coordinations, dans tous les syndicats, imposer aux directions fédérales et confédérales qu’elles engagent la mobilisation de toute le Fonction publique jusqu’au retrait de CAP 22 et qu’elles cessent toute participation à sa mise en œuvre, centralement et localement. Plus largement, la coordination des luttes est une aspiration forte des travailleurs et étudiants mobilisés. Il faut donc imposer aux centrales syndicales, de la CGT, Solidaires, FSU, FO, Unef qu’elles appellent à la grève générale, qu’elles menacent de bloquer le pays, seul moyen de faire reculer le gouvernement Macron, pour qu’il abandonne ses réformes destructrices. Cette perspective doit être soutenue par les partis dits de « gauche », FI, PCF, Ensemble, Générations, NPA, LO, qui ont la responsabilité de s’unir pour affronter le gouvernement Macron et postuler à sa place, maintenant, et non en 2022.
Une telle orientation ne peut émerger spontanément dans la mobilisation.. Afin d’impulser une orientation de défense de la classe ouvrière, nécessitant la rupture avec la bourgeoisie, son Etat et ses gouvernements, il faut une force révolutionnaire organisée, qui mettra au centre des mobilisations la nécessaire remise en question du mode de production capitaliste, responsable de l’exploitation sans limite, de la misère et des guerres. C’est à cet objectif, que les militants du groupe Révoltes entendent contribuer.