Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
23 Novembre 2009
Défense inconditionnelle du statut de La Poste et des postiers !
Retrait du projet de loi !
Le statut des postiers est directement menacé par la transformation du statut juridique de La Poste. Le projet de loi présenté en Conseil des Ministres en juillet prévoit la transformation de La Poste (établissement public) en Société Anonyme (SA). Le projet de loi, dont l'examen a débuté en novembre, prévoit une augmentation de capital de La Poste de 2,7 milliards d'euros - 1,2 milliard directement et 1,5 milliard via la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
D’ores et déjà, le sénat a adopté par 183 voix contre 152, le 9 novembre, le projet de loi. Le projet du gouvernement a été approuvé par l'ensemble de la majorité sénatoriale - seules 3 voix de l'Union centriste (UC) ont fait défaut. Un amendement soutenu par l'UMP et l'UC a été adopté, réaffirmant le « caractère de service public national de La Poste ». Au début de la discussion, le ministre de l'industrie, Christian Estrosi, avait assuré que ce projet de loi rendrait La Poste « imprivatisable ». Se félicitant du vote du Sénat, il a estimé que « La Poste est théoriquement privatisable mais les conditions de sa privatisation sont si élevées que personne ne s'y risquera ».
Ce projet de loi ne sort pas du néant. Depuis septembre 2008 au moins, les directions syndicales à l’image de Patrick Bourgeois pour la CGT, ou François Brottes pour le PS par exemple, ont participé aux discussions avec le gouvernement notamment dans le cadre de la Commission Ailleret. Cette commission avait pour mission « d’identifier les forces et faiblesses de La Poste dans la perspective de l’ouverture complète à la concurrence au 1er janvier 2011 et d’étudier les différentes voies de développement, ainsi que les besoins financiers pour y parvenir ».
Après trois mois de discussion (15 rencontres au total) la commission a rendu son rapport au 1er Ministre qui a saisi le Parlement pour faire passer la loi.
C’est dans ce cadre qu’une trentaine d’associations, syndicats et partis politiques ont mis en place une « consultation citoyenne ». Plus de 2 millions de personnes se sont saisies de cette « votation » pour exprimer leur refus de privatisation de La Poste (90% des votes exprimés étaient des votes « non »). Cette mobilisation montre, s’il était encore nécessaire de faire la démonstration, la volonté massive d’engager le combat contre le politique de Sarkozy. Mais qui pouvait douter une seconde que l’écrasante majorité des travailleurs serait favorable à cette loi ? En réalité, la forme même de la « mobilisation » proposée est en retrait de l’aspiration au combat. La forme référendaire se moule aux institutions mêmes de la Vème République, institutions réactionnaires au service du capital, dont l’objectif initial de De Gaulle était l’association capital –travail par-dessus les partis politiques et les organisations ouvrières. Mettre en avant une « votation citoyenne » de type référendaire s’est se conformer à ces institutions, c’est refuser d’organiser le véritable combat de toute la population laborieuse pour le retrait du projet de loi. Aujourd’hui, les organisateurs de cette consultation dont le PS en tête, demandent à Sarkozy un « vrai référendum d’initiative populaire ». Cette possibilité, inscrite dans la Constitution depuis la réforme des institutions de 2008 aggravant le caractère bonapartiste de cette république, ne peut toutefois être réalisée aujourd’hui car la loi d’application n’a pas été votée. Mais les dirigeants s’en remettent à Sarkozy sur l’avenir de La Poste, bouchant toute perspective aux travailleurs : tout ce dispositif a été mis en place par les appareils pour interdire une mobilisation de classe contre la loi.
Parce qu’elles refusent d’avancer un tel mot d’ordre et d’organiser la mobilisation d’ensemble contre ce projet, les directions syndicales et politiques manœuvrent à coup de « votation citoyenne ».
Au contraire il faut dire clairement : A bas le changement de statut de La Poste, retrait du projet de loi !