Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

Aucun soutien au gouvernement Hollande-Valls. Il faut imposer aux dirigeants syndicaux la rupture du dialogue social à tous les niveaux !

Face à la politique pro patronale du gouvernement Hollande-Valls, les travailleurs engagent le combat


La grève des travailleurs de Radio France durant 28 jours a été historique. Leur combat contre le "contrat d’objectifs et de moyens" liant le groupe Radio France à la tutelle de l’État s’ordonnait contre la politique d'austérité et patronale du gouvernement Hollande-Valls-Pellerin. A ce titre, cette grève est devenue une grève politique se dressant de fait contre le gouvernement, au-delà des revendications légitimes des salariés, exigeant l’arrêt des externalisations, des privatisations, des mutualisations des métiers, des fusions d’orchestres et de structures, et le maintien des effectifs.

Cette mobilisation est la pointe avancée du combat des travailleurs contre la politique pro patronale du gouvernement Hollande-Valls. En témoigne la journée d’action du 9 avril, qui malgré la volonté des directions syndicales d’éviter que cette mobilisation ne se centre contre le gouvernement, a mobilisé des milliers de travailleurs, faisant de cette journée l’action la plus importante depuis les élections de 2012.

Des combats ont également lieu dans la fonction publique territoriale, contre les conséquences des fusions de collectivités impulsées par la réforme territoriale. Les agents territoriaux se battent pour conserver leurs acquis, pour imposer une égalité de traitement et pour sauver les effectifs afin d’assurer les missions de service public. Mais au-delà de chaque combat particulier dans chaque collectivité, c’est bien la politique du gouvernement qui doit être remise en question : A bas la réforme territoriale de fusion des collectivités, NON à la fusion des régions, retrait du projet de loi NOTRe (nouvelle organisation du territoire de la République) qui va organiser la liquidation du cadre national des acquis sociaux (Éducation nationale, formation, emploi …).

Ces mobilisations doivent s’ordonner contre la politique du gouvernement. Pour que les conditions soient réunies, il faut que les directions syndicales cessent de discuter avec le gouvernement de la mise en place des réformes anti-ouvrières. Elles doivent appeler à la grève générale et organiser une manifestation centrale devant l’Assemblée nationale pour interdire le vote des lois anti-ouvrières.

Combattre la politique patronale du gouvernement Hollande-Valls-Macron et non l’accompagner par le dialogue social : manifestation à l’Assemblée nationale pour interdire le vote des lois anti-ouvrières


Le Pacte de responsabilité est la pierre angulaire de tout le dispositif du gouvernement Hollande-Valls-Macron. Le gouvernement entend ainsi aider le patronat à restaurer ses profits égratignés par la crise. La restauration des profits capitalistes ne peut se faire qu’en s’attaquant à la valeur de la force de travail, c’est-à-dire aux travailleurs, qui sont source de plus-value. D’un côté, le gouvernement octroie des cadeaux aux patrons (42 milliards de cadeaux fiscaux et 2,5 milliards à venir), de l’autre côté, il rogne les acquis ouvriers est sociaux (baisse des dotations des collectivités territoriales, mesures d’économie pour la Sécurité sociale, extension du travail le dimanche, baisse des salaires en cas de difficultés économiques des entreprises…).

Le gouvernement fait voter un vaste plan de réformes contre les travailleurs, s’attaquant à leurs acquis et aux libertés d’expression et d’organisation.

Ainsi, fort du vote en première lecture du projet de loi Macron, le gouvernement entend faire voter :

- le projet de loi Santé qui prévoit 3 milliards d’économie sur le dos des salariés et des patients (cf article), en imposant des fusions d’établissements, d’hôpitaux et en développant à outrance les soins ambulatoires, au mépris de la sécurité sanitaire des patients ;

- la poursuite des la réforme territoriale qui supprime des milliers de postes de fonctionnaires, qui remet en cause les acquis des fonctionnaires. Pour accompagner cette réforme territoriale, le gouvernement organise le démantèlement du statut de la Fonction publique, dans le cadre des négociations sur les « parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR) » (cf article) avec les directions des fédérations syndicales de fonctionnaires. L’objectif de la ministre Lebranchu est d’allonger les carrières et de développer une rémunération à la fonction et au mérite ;

- le projet de loi sur la sécurité intérieure qui vise à renforcer la répression contre les mouvements sociaux (« la prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions, des violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale») ;

- le projet de réforme des collèges qui accentue l’autonomie des établissements et la dislocation des enseignements (20 % des enseignements dédiés non plus aux enseignements collectifs mais aux enseignements disloqués)

- projet d’un contrat de travail spécifique pour les PME, reprenant le projet du Medef d’un contrat de travail qui pourrait être rompu pour des «motifs incontestables», comme «une baisse du chiffre d’affaires» ou «la perte d’un marché», que le salarié ne pourrait contester devant les prud’hommes.

Cette mesure sera à l’ordre du jour de la conférence sociale annoncée par le Premier ministre Valls en juin. Les directions syndicales n’ont rien à négocier dans ce cadre puisque les années précédentes ces conférences ont permis au gouvernement d’adopter des mesures patronales anti-ouvrières : en 2012, instauration de l’ANI (accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi qui a permis de faire baisser les salaires), en 2013 nouveau report de l’âge de départ à la retraite à 62 ans et en 2014, préparation du Pacte de responsabilité octroyant des milliards d’euros au patronat sur le dos des travailleurs. Voilà où mène le dialogue social !

A la veille de la mobilisation du 9 avril, toutes les directions syndicales ont accepté de discuter avec le gouvernement et le patronat, le 3 avril, du bilan de la loi de sécurisation de l’emploi. Le bilan pour les travailleurs est rapidement fait : le patronat a pu imposer une augmentation du temps de travail sans hausse de salaires et a imposé le chômage partiel. Les bureaucrates syndicaux ne peuvent pas engager le combat contre la politique patronale du gouvernement Hollande-Valls-Macron sans cesser de discuter avec lui. Le dialogue social permet en réalité de faire passer sans combat les mesures anti-ouvrières. Le dialogue social c’est une chaise électrique pour les travailleurs.

Les travailleurs doivent imposer aux bureaucrates syndicaux de cesser de cautionner cette politique. Ils devront s’organiser dans les syndicats pour virer et remplacer les bureaucrates syndicaux plus préoccupés par leur statut de permanent et leurs petits privilèges négociés dans les salons des ministères et des directions d’entreprises et d’administration que par le sort de la classe ouvrière.


Les travailleurs devront faire valoir une orientation de défense des intérêts de la classe ouvrière plutôt que de compromis avec la classe capitaliste. Car les bureaucrates syndicaux ne veulent pas affronter le patronat ; ils le protègent. Prenons un exemple : Eric Aubin éminent bureaucrate syndical, qui avait un temps postulé au poste de Secrétaire confédéral, déclare dans la revue Ensemble de la CGT du mois d’avril dans le cadre des négociations sur les régimes de retraites complémentaires Agirc et Arcoo que la CGT propose des mesures pour pallier les déficits comme « la modulation des cotisations sociales patronales en fonction de la part des salaires dans la valeur ajoutée et de la politique de l’emploi des entreprises, mesure qui ne nuirait pas à la compétitivité des entreprises ». Une véritable revendication ouvrière ne se préoccupe pas de la compétitivité des entreprises, puisque si une entreprise est compétitive c’est qu’elle exploite bien ses ouvriers. Au contraire, la CGT doit défendre l’augmentation des cotisations patronales jusqu’au retour à l’équilibre des régimes de retraites complémentaires, comme du régime général de Sécurité sociale. Une telle mesure mettrait en effet en difficulté les entreprises, dont les patrons verraient leur profit menacés, ce qui ne les motiverait plus du tout à investir. Alors, leur expropriation par un gouvernement ouvrier serait à l’ordre du jour.

Si un programme qui remet en cause la propriété capitaliste n’est pas avancé, c’est le programme pro patronal du gouvernement Hollande-Valls-Macron qui continuera à s’appliquer au détriment des travailleurs. La bourgeoisie n’est plus en mesure d’octroyer des miettes que les bureaucrates syndicaux peuvent se mettent sous la dent !

Toutes les réformes anti-ouvrières doivent être combattues centralement. C’est pourquoi, il faut imposer aux directions syndicales qu'elles appellent à la Grève générale de la classe ouvrière, à une grève politique contre le gouvernement et qu'elles organisent la manifestation centrale à l’Assemblée nationale pour interdire le vote de ces lois !

Empêcher le retour de l’UMP au pouvoir


Seule une mobilisation majeure des travailleurs permettra d’éviter le retour de l’UMP au pouvoir. Les élections départementales, sur fond d’abstention record (50%) notamment des travailleurs, ont profité aux listes UMP-UDI, sur fond d'appel au désistement républicain de la part du PS face au FN. Le FN est un parti petit-bourgeois réactionnaire, aiguillon de la bourgeoise française en crise. Mais ce n’est pas le parti des capitalistes, preuve en est la qualification du Medef de son programme économique « de débile ». Car en effet, la bourgeoisie française n’est pas prête pour le moment à sortir de l’Union européenne comme le prône le FN. Car l'Union européenne capitaliste offre aux capitalistes des pays européens un cadre de concurrence favorable à la conquête de nouveaux marchés et à l'exploitation des travailleurs européens. Mais c'est également un lieu d'affrontement entre les puissances impérialistes. Et en ce temps de crise, les pays les plus fragiles menacent de sombrer et de quitter cette Union comme la Grèce. Dans ce pays, la lutte des classes est intense, preuve en est l'arrivée au pouvoir en ce début d'année de la coalition de Syriza (cf article). La question de sa sortie de l'UE, indispensable à la mise en œuvre d’un programme ouvrier, est clairement envisagée, mais tout dépend au final au compte de quelle classe elle se réalise. Soit au compte de la bourgeoisie grecque qui pourra restaurer ses profits sur la base d'une dévalorisation considérable de la valeur de le force de travail, soit au profit de la classe ouvrière qui devra s'attaquer à la propriété capitaliste.

Pour un gouvernement des organisations ouvrières, du PS et du Front de gauche, sans ministre bourgeois, sans Valls ni Macron


Le vote de 2012 signifiait que les travailleurs n’entendaient pas laisser Sarkozy et l’UMP poursuivre leur politique de concassage des acquis ouvriers sur le « modèle » européen. La majorité de députés du PS et du Front de gauche à l’Assemblée Nationale n’a pas été élue pour que soit mise en œuvre une politique au service de la bourgeoisie française en crise ! Ni pour mettre en place un gouvernement dirigé par Valls et Macron, alors que le premier n’avait obtenu que 5% à la primaire socialiste et que le second, un banquier millionnaire, n’est même pas membre du PS ! Au sein même de la majorité PS, du Parti socialiste, la politique du gouvernement Hollande-Valls-Macron est critiquée voire rejetée. Certes ce rejet est extrêmement déformé par rapport au rejet profond au sein de la classe ouvrière de la politique du gouvernement. Mais l'existence de « frondeurs » à l'Assemblée nationale témoigne d'une recherche au sein de la classe ouvrière de s'opposer à la politique pro patronale du gouvernement. A ce titre, le congrès du PS qui aura lieu en juin est en enjeu de la lutte des classes (cf article).


L’existence d’une majorité PS - Front de Gauche témoigne de la volonté des travailleurs, en 2012, de défendre leurs acquis. Si les travailleurs montaient en masse manifester devant l’Assemblée nationale pour contraindre la majorité PS-FdG à rejeter les projets anti-ouvriers du gouvernement Hollande-Valls-Macron, ce serait un point d’appui pour chasser ce gouvernement inféodé à la bourgeoisie et constituer un autre gouvernement du PS et du Front de Gauche, sans Valls, ni Macron, ni ministre bourgeois !

De ce gouvernement, les masses exigeraient un programme ouvrier, notamment :

  • Contre le chômage : Interdiction de tous les licenciements !
  • Expropriation sans indemnités ni rachat des entreprises qui licencient ou font faillite !
  • Pour en finir avec la rigueur budgétaire : annulation de la dette !

-A bas l’Union Européenne ! A bas l’Euro ! Pour les États-Unis socialistes d’Europe !

Seul un Parti Ouvrier Révolutionnaire pourrait faire aboutir ces revendications, incompatibles avec le système capitaliste – et c’est l’objectif du Groupe Révoltes que de contribuer à le construire.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article