Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

VIOLENCES POLICIERES

Au moment où l'État dote les BAC (Brigades Anti Criminalite) d'armes de guerre et alors que le Parlement discute d'une suppression des règles d'ouverture du feu par les forces de l'ordre, l'ONG française des droits de l'homme, ACAT ( Association Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) publie, le 14 mars 2016 un rapport accablant sur les violences policières.

 

Leur analyse fait apparaître un glissement dans la doctrine du maintien de l'ordre: « on glisse d'une conception où l'on maintenait à distance des manifestants à une conception où l'on vise les manifestants ». C'est flagrant avec le Flash Ball, capable de tirer des balles en caoutchouc à la vitesse d'un TGV.

 

C'est ainsi que l’ONG dénombre depuis 2005, [date du meurtre par la police de Zyed et Bouna], bien qu'aucun chiffre n'ait été publié, contrairement aux forces de l'ordre, au moins un mort et 39 blessés graves dont 21 ont perdu l'usage d'un œil. 30% de ces victimes sont mineures.

L'utilisation du "Taser" aurait entraîné la mort de 4 personnes.

 

Bien entendu, les violences policières s'exercent en priorité contre les jeunes, « bronzés » et les salariés. Mais les paysans, les "Bonnets Rouges" peuvent sans crainte s'en prendre aux bâtiments publics.

 

Par ailleurs, ce rapport dénonce l'impunité dont jouissent les policiers. Impunité d'autant plus assurée qu'ils ne sont que rarement déférés devant la justice, qui, en toutes hypothèses, se montre clémente.

 

Ce rapport trouve à s'illustrer dans la période actuelle où les forces de l'ordre, sous l’œil bienveillant du gouvernement, se déchaînent envers les manifestants contre la "loi travail".

Les blessés se comptent par dizaines, l'attitude des forces policières est inqualifiable (manifestants tabassés, tirés par les cheveux, insultés, menottés, policiers de la BAC déguisés en casseurs). Le 9 avril à Paris, des grenades lacrymogènes ont été tirées d'un hélicoptère de la Sécurité Civile.!!!!!

 

Les manifestants sont arrêtés, placés en garde à vue et déférés immédiatement devant le juge, ce qui interdit à leur avocat de préparer leur défense.

 

Des collectifs s'organisent dans la rue et sur les réseaux sociaux pour surveiller et contrer les violences policières et cette politique de répression systématique. En fait, le recours à la violence s'est généralisé et banalisé depuis l'instauration de l'état d'urgence. Ainsi Eric Fassin, sociologue, parlant de l'affiche de la CGT stigmatisant les violences policières et de l'attitude des pouvoirs publics : "lorsqu'on accepte et trouve normal des abus policiers et qu'on ne s'inquiète pas de ces abus, mais de ceux qui les dénoncent, il y a danger".

 

 

« Les Fronts populaires mènent soit au fascisme, soit au socialisme »

 

Le XIXè congrès de l’Organisation Communiste Internationaliste (trotskyste) adoptait en 1974 la résolution politique suivante :

"Derrière la façade du gouvernement de front populaire se regroupent les forces les plus réactionnaires surgies des profondeurs de l'État bourgeois et de la société bourgeoise : armée, police, etc. soutenues et organisées par le capital  financier, qui prépare le bain de sang. Au cas où le Front Populaire ne parvient plus à contenir les masses, ces forces réactionnaires font brutalement irruption et tentent de noyer le mouvement des masses dans un bain de sang. Au cas où les gouvernements de Front Populaire ont déjà eux-mêmes engagé la répression, elles surgissent également et poursuivent jusqu'au bout la répression sanglante sans ménager d'ailleurs les dirigeants du Front Populaire".

Le gouvernement Hollande est un gouvernement de type Front Populaire et le démontre clairement.

En prenant en charge les besoins de la bourgeoisie, il bouche les perspectives politiques électorales et amène à un rejet profond du parti social-démocrate traditionnel (le PS) par la classe ouvrière. Sa propre politique au compte de la bourgeoisie le déstabilise et le rend faible politiquement. A ce moment-là, soit la classe ouvrière le pousse dans ses derniers retranchements ce qui ouvre la voie à la constitution d’un Parti ouvrier révolutionnaire, soit les forces bourgeoises réactionnaires (comme au Brésil) organisent plus ou moins démocratiquement sa destitution.

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