Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

Ne pas attendre les élections pour agir

Toute la situation est déjà tendue vers les prochaines élections présidentielles.

Mais la situation actuelle est le double produit de la politique de Hollande et ses gouvernements depuis 2012 au profit du capitalisme français, et d’autre part de l’incapacité de la classe ouvrière sur le terrain de la lutte de classe à surmonter les obstacles dressés contre ses mobilisations.

En 2012 le vote Hollande puis celui qui a porté une majorité PS à l’Assemblée Nationale exprimaient une rupture, un rejet profond de la politique de Sarkozy et de l’UMP. Hollande et ses gouvernements n’ont eu de cesse de rouler pour la bourgeoisie française usant de tous les moyens institutionnels à leur disposition :

 

  • le dialogue social (conférences sociales auxquelles les directions syndicales ont toutes accepté de participer jusqu’à ce que cela ne soit plus possible face au coup de force du 49.3)
  • l’unité nationale et l’union sacrée - avec là encore la duplicité des appareils du mouvement ouvrier, partis et syndicats - au nom de la lutte contre le terrorisme (fruit par ailleurs de la politique impérialiste de la France)
  • la répression des mobilisations sur fond d’état d’urgence en chaussant sans sourciller les bottes des institutions réactionnaires de la Vème République (49.3, arsenal policier, militaire et juridique, ses hauts fonctionnaires …)
  • du pacte de responsabilité à la loi Macron, loi NOTRé, loi déontologie, poursuite de la casse de l’hôpital public, jusqu’à la loi El Khomri, réforme des rythmes scolaires … la liste n’est pas exhaustive des mesures prises contre les travailleurs, pour la défense des intérêts du capital !
  • sur le plan international, intervention militaire au Mali (opération Serval), au Moyen Orient, en Irak, en Syrie, vente d’armes aux monarchies du golfe … puis chasse aux migrants, là encore avec l’appui des forces policières et militaires.

 

Mais contre cette politique, au moins sur son aspect national, les travailleurs ont tenté de se soulever. Les directions syndicales ont impuissanté la capacité de mobilisation en acceptant le dialogue social, en usant l’art du contre temps et de la fragmentation des luttes, en ne combattant pas l’état d’urgence. Ainsi le gouvernement de type front populaire délavé a pu mener à bien son rôle politique, celui de museler la classe ouvrière avec la complicité des directions syndicales.

Les aspirations de la classe en 2012 étaient aussi fortes que sa représentativité politique pouvant porter un programme ouvrier était faible, voire inexistant. Les militants du Groupe Révoltes n’avaient aucune illusion envers le PS pour porter une solution ouvrière, nous n’en avons pas plus aujourd’hui envers le Parti de Gauche ou Mélenchon, ou qui que ce soit. Mais si nous, révolutionnaires formés à l’école trotskiste, n’avions pas d’illusion, cela n’était pas le cas de la classe ouvrière qui pensait que le PS au pouvoir ferait une autre politique que Sarkozy et qu’elle conserverait ses acquis. Mais le capitalisme en crise ne lâche rien. Bien au contraire, pour tenter de maintenir ses profits, la bourgeoisie française doit s’attaquer aux acquis ouvriers.

La social-démocratie au pouvoir a gouverné pour le compte du patronat français contre les intérêts des travailleurs. Son incapacité historique à faire une autre politique s’est largement confirmée aux yeux des masses. Le gouvernement Hollande continuera jusqu’au bout sa politique. Il en est ainsi de la Loi de Finances 2017, de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2017, de la prolongation de l’état d’urgence jusqu’en juillet.

 

Les primaires sont une machine à perdre et à liquider le PS

La Ve République est organisée pour assurer la domination et l’exercice du pouvoir par les partis traditionnels de la bourgeoisie française.

La vieille lune de De Gaulle de l’association capital-travail passe par le dialogue social, voire son institutionnalisation. Mais la place du Président dans la Vème République est particulière. Doté des pleins pouvoirs il gouverne au dessus des partis. Le système des primaires se moule dans cette volonté gaulliste qui vise à en finir avec les partis d’opposition à la bourgeoisie, en finir avec les partis révolutionnaires (rappelons l’interdiction des organisations trotskystes en 1968 comme l’OCI par exemple).

Le journal Les Echos se félicite des primaires, notamment à gauche. Toute la presse bourgeoise lance qu’il s’agit là d’un exercice digne des grandes démocraties. Un homme providentiel, le meilleur, en sortirait, et serait le plus qualifié pour sauver la France. Le patronat aussi se réjouit des différentes primaires et en profite pour avancer ses revendications afin de peser dans les débats.

Le système des primaires s’inscrit contre le parti, contre le programme. Le parti et ses militants sont dessaisis de leur prérogative de définir le programme. En réalité, c’est un déni de démocratie ouvrière – Cf. Filoche qui avait besoin de parrainages du parti alors que des candidats non issus du PS se présentent à ces primaires, sans besoin de parrainages, sans besoin de montrer patte blanche.

Si les révolutionnaires sont pour la destruction du PS, ils le sont si la disparition des partis sociaux-démocrates s’effectue au profit d’organisations révolutionnaires. Mais, le PS disparaît sous les coups de butoir de Valls et consorts, c’est à la bourgeoisie que profite cette offensive.

 

Partir du programme !

Faute de discussion sur un programme de défense des travailleurs, les Primaires mettent sur le devant de la scène des espèces « d’hommes providentiels » dont les nuances sont ténues. Aucun programme n’émerge conforme aux besoins des masses. L’abstention risque d’être forte et profitera aux partis bourgeois.

Il faut donc avancer des mesures transitoires qui seront un point d’appui à la mobilisation des masses. Seule une mobilisation majeure pourra enclencher un processus favorable aux travailleurs.

Aussi, les organisations qui se réclament de la défense des intérêts des travailleurs ont la responsabilité de réaliser un front unique sur la base d’éléments prioritaires de programme. Nous avons des propositions en ce sens (voir l’article infra).

Les syndicats de travailleurs ne peuvent rester neutres. Ils sont souvent le premier niveau d’organisation des travailleurs. Ils doivent être entièrement à leur service. Les directions syndicales ont souvent montré leur duplicité avec les pouvoirs en place. Les travailleurs doivent se réapproprier leurs organisations syndicales et exiger de leurs directions de reprendre les éléments prioritaires de programme et qu’ensemble avec les partis politiques, PCF, PG, NPA, LO mais aussi les frondeurs du PS, ils organisent des meetings, des rassemblements, des manifestations pour défendre ce programme.

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