Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

Avant toute désignation il faut imposer un  programme de défense de la classe ouvrière

Les Primaires, la course à la désignation du « chef bonapartiste »

Calquant les élections américaines, les Primaires deviennent la règle pour désigner, avant même de parler de programme proposé par les partis, le futur « chef » qui se présentera comme candidat à l’élection du Président-Bonaparte de la Vème République. Alors que des milliers de jeunes américains notamment manifestaient à l’issue de l’élection de Trump mettant ainsi en cause le mode de suffrage indirect aux États-Unis, l’actualité de la rentrée politique depuis le mois de septembre est rivée sur les Primaires. Exit les programmes !

Tout semble joué d’avance : la politique pro-patronale du gouvernement Hollande-Valls mène tout droit au retour des Républicains au pouvoir ou même à l’avènement du FN. Les Républicains représentent très fidèlement le programme de la bourgeoisie française en entendant s’attaquer, avec des nuances dans la manière, aux acquis ouvriers (retour aux 39H, allongement du départ à la retraite, primauté aux accords d’entreprise, hausse de la TVA, exonération de cotisations patronales, cadeaux fiscaux aux patrons, renforcement de l’état policier, chasse aux immigrés, promotion du colonialisme français dans les programmes scolaires …). Le FN semble représenter moins les intérêts de la grande bourgeoisie que des petits bourgeois, artisans et commerçants notamment. Son programme est très emprunté de poujadisme, versus chasse aux immigrés et renforcement de l’état policier répressif.

Du fait de sa politique pro-patronale, le PS est en miette, au bord de l’explosion. Le gouvernement dirigé par Hollande va cependant poursuivre jusqu’au bout sa politique pro-patronale. Preuve en est avec le projet de loi de finances 2017 qui continue les suppressions de postes de fonctionnaires et les cadeaux au patronat (CICE, baisse de la fiscalité des entreprises).

Hollande est affaibli politiquement du fait de sa prise en charge des intérêts du patronat et ne peut donc se représenter, situation inédite sous la Vème République. Il y est contraint par Valls qui annonce sa candidature aux Primaires du PS. La désignation de Fillon traduit une accentuation du virage à « droite ».

Quant à Mélenchon, parti tout seul au mois de mars, au lieu de rassembler toutes les forces de « gauche », des frondeurs au PCF, il se moule dans les institutions de la Vème République et développe un programme de plus en plus social-chauvin.

Ce n’est pas ce dont ont besoin les travailleurs.

Pour un programme de défense de la classe ouvrière

Pris au piège des Primaires puis de l’élection présidentielle, les travailleurs sont désorientés. Avant de désigner un candidat, les forces de « gauche », des frondeurs du PS, de EELV, du PG, du PCF ont la responsabilité de se réunir et de discuter d’un programme de défense des travailleurs, capables de les réunir sur leur terrain de classe contre la bourgeoisie et ses partis. Ainsi, la classe ouvrière doit imposer aux forces de « gauche » un programme de défense de ses intérêts intégrant la lutte contre l’impérialisme français colonialiste qui asservit les peuples dans le monde, notamment en Afrique, et qui accentue l’exploitation des travailleurs en France.

Pour définir des revendications prioritaires qui pourraient constituer des éléments de programme, il faut partir des besoins des travailleurs. Ces besoins à long terme ne peuvent être considérés en dehors du mode de production. Le système capitaliste est un système de production basé sur le partage de la plus-value entre le patron industriel, le rentier foncier et le banquier. Cette plus-value est le fruit du seul travail du salarié. La répartition des richesses produites ne peut être faite qu’entre les producteurs, c’est à dire les travailleurs.

Il est donc nécessaire à terme de rompre avec le mode de production capitaliste, et d’avancer vers un mode de production socialiste, débarrassé du parasitisme de la bourgeoisie.

Or, le socialisme n’est plus une perspective immédiatement saisissable pour les masses exploitées.

C’est pourquoi nous avançons des revendications transitoires, pour la mobilisation des masses, pour la construction d’une telle organisation révolutionnaire. Nous revendiquons :

  • Arrêt immédiat des frappes françaises en Syrie et le retrait des troupes françaises d’Afrique et du Moyen Orient, seule position permettant d’avancer vers une paix réelle
  • contre la fermeture des usines, nationalisation sans indemnité, ni rachat ; expropriation des trusts, des groupes capitalistes (Alstom, Bolloré, SFR, Bouygues, …)
  • contre la liquidation du Code du travail, abrogation de la loi El Khomri, un seul contrat le CDI, interdiction des licenciements, échelle mobile des heures de travail c’est-à-dire répartition de l’ensemble du travail social entre tous les travailleurs pour en finir avec le chômage !
  • pour la défense du pouvoir d’achat, échelle mobile des salaires, indexés sur le coût de la vie, salaire minimum et salaire maximum
  • contre la mise en cause du statut des fonctionnaires, un seul recrutement, le concours ; ouverture massive des postes aux concours ; non aux primes de fonction et au mérite ; non à l’allongement les carrières
  • pour le droit à la santé, abrogation de la loi Hôpital qui supprime des milliers de lits et diminue l’offre de soins ; gratuité des soins, expropriation des trustes pharmaceutiques ; fin des exonérations de cotisations patronales, augmentation en tant que de besoin

etc. …

Pour la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire

Les centrales syndicales de travailleurs doivent aussi se prononcer sur ces éléments de programme. Elles ne peuvent comme le font FO et la CGT rester dans une neutralité au nom de l’indépendance politique. D’ailleurs ce positionnement est loin d’être neutre et permet au contraire au capital et à ses défenseurs de poursuivre leur concassage des acquis ouvriers.

Les directions syndicales ont souvent montré leur duplicité avec les pouvoirs en place. Les travailleurs doivent se réapproprier leurs organisations syndicales et exiger de leurs directions de reprendre les éléments prioritaires de programme et qu’ensemble avec les partis politiques, PCF, PG, NPA, LO mais aussi les frondeurs du PS, ils organisent des meetings, des rassemblements, des manifestations pour défendre ce programme.

Nous, militants organisés autour du Groupe Révoltes disons que les frondeurs du PS, fondeurs d’EELV, militants du PCF, du PG ont la responsabilité de combattre sans plus attendre la politique patronale du gouvernement Hollande et de porter ensemble un programme de défense de la classe ouvrière.

Nous disons : on vous soutiendra tant que vous appliquerez une politique conforme aux intérêts des travailleurs. En attendant, nous œuvrons à la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire, et d’une internationale ouvrière révolutionnaire car jusqu’à ce jour vous ne nous avez pas démontré autre chose que votre incurie à gérer le bien être des masses et votre propension à accroître les gains du capital.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article