Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
9 Septembre 2017
L’élection d’Emmanuel Macron est le produit de la défaite du combat contre la loi travail El Khomri. Les appareils syndicaux et politiques ont refusé d’appeler à la grève générale, comme grève politique pour renverser le gouvernement. Le blocage du pays, de l’économie était possible en mars-avril derniers et pouvait faire écho à l’Assemblée nationale. Mais le respect de l’ordre capitaliste, des institutions de la Vème République par les dirigeants des organisations ouvrières a eu raison de la mobilisation pourtant tenace des travailleurs et des jeunes en lutte qui ont subi une lourde répression policière et judiciaire.
Cette impuissance à bousculer le dispositif des appareils bureaucratiques syndicaux et politiques marque la limite de la puissance du mouvement spontané.
Cela ouvrait la possibilité du retour du parti bourgeois LR au pouvoir. Mais la bourgeoisie française est profondément divisée quant aux stratégies à adopter pour continuer de peser au niveau européen et international et quant aux méthodes à employer pour mettre en cause les acquis ouvriers. Le candidat Fillon étant discrédité, une partie de la bourgeoisie s’est ralliée à Macron, soutenu implicitement par Hollande. Il finissait ainsi d’achever le PS qui était laminé par ses années de pouvoir au service du patronat.
Cette défaite de la classe ouvrière a également favorisé les divisions au sein du mouvement ouvrier : Mélenchon avec la France Insoumise partait tout seul dans la bataille ; les frondeurs derrière Hamon ne pouvaient pas représenter une alternative crédible, étant assimilés au gouvernement Hollande-Valls ; le PCF perdait ses dernières bases électorales sur fond de division et de tendance à s’adapter totalement à la gestion de l’Etat bourgeois.
Le gouvernement Macron-Philippe - fort de son élection obtenue avec seulement 16,55 % des inscrits - met en œuvre son programme anti-ouvrier : poursuite de la liquidation du Code du travail, baisse des APL, fin des contrats aidés, milliers de suppressions de postes de fonctionnaires, rétablissement du jour de carence dans la Fonction publique, baisse des aides de l’Etat, mise en cause du financement de la Sécu par la hausse de la CSG et par la baisse des cotisations sociales, allègement de l’ISF, etc.
Pour liquider le Code du travail, il s’appuie sur le dialogue social. Une cinquantaine de réunions a associé les représentants syndicaux. Tous ont accepté d’y participer en faisant croire qu’il était possible de porter les revendications des salariés. Mais c’est une escroquerie. Le gouvernement espérait ainsi qu’il n’y aurait pas d’opposition conflictuelle, frontale avec les syndicats. En acceptant de participer les directions syndicales ont permis au gouvernement d’appliquer son plan de division ; de fait la confédération FO n’appelle pas à la mobilisation.
Pour remobiliser la classe ouvrière, il faut une perspective claire. Soit on accrédite l’idée que ce gouvernement pourrait défendre les travailleurs, soit on explique haut et fort qu’il est au service du patronat et qu’il doit donc être combattu.
Il faut donc imposer aux directions syndicales, prendre position dans les syndicats, pour la rupture des négociations, de toute discussion avec le gouvernement Macron-Philippe. C’est sur cette base qu’il sera possible de mobiliser au-delà du 12 septembre.
Le ministre Darmanin est chargé d’appliquer l’offensive gouvernementale contre les fonctionnaires. Ainsi, il a convoqué les directions syndicales en vue d’Etats généraux des services publics prévus cet automne. Au menu : gel du point d’indice, suppression de 120 000 postes, privatisations, hausse de la CSG … Nos acquis ne sont pas négociables. Les directions des syndicats de fonctionnaires doivent refuser de discuter de la mise en cause des acquis.
La CGT appelle à la mobilisation le 12 septembre et FI le 23. Il est urgent d’unir toutes les forces syndicales et politiques dans la rue. Mais il l’est tout autant aussi à l’Assemblée Nationale, d’unir les forces qui refusent la politique du gouvernement Macron-Philippe : de l’ancien PS/Nouvelle gauche, au PCF, à FI, aux organisations syndicales. Il faut organiser l’unité à la base, structurer les mouvements qui tentent de dépasser l’inertie syndicale et politique, comme le Front social. Il faut des délégués élus, représentatifs, avec un mandat. Il faut que les plateformes revendicatives soit discutées, amendées démocratiquement. Il faut des structures qui intègrent partis et syndicats en élisant des échelons représentatifs intermédiaires (comités de ville, départemental, régional, national). Il faut affronter les directions syndicales corrompues.
Plus largement, il faut œuvrer à la recomposition du mouvement ouvrier, à la construction d’un parti ouvrier, avec des militants du PS, du PCF, de FI … Ce parti doit être structuré et non resté un mouvement comme FI ou le mouvement du 1er juillet de Hamon. Les militants doivent élaborer un programme de défense de la classe ouvrière, de ses acquis, du Code du travail, de la Sécurité sociale, des conventions collectives, des statuts de la Fonction publique, des acquis sociaux, de l’Education nationale, de la Culture etc.
Oui à la démocratie ouvrière, au contrôle des chefs ! Non aux despotes bonapartistes !
Au-delà, il faut construire un Parti ouvrier révolutionnaire qui pose la question d’en finir avec le système capitaliste et la domination bourgeoise. On l’a vu en Grèce, même une formation dite « radicale » comme Syriza, une fois au pouvoir, a les pieds et les mains liés si elle n’affronte pas le capital. L’affronter implique que les ouvriers, dans chaque pays, et à l’échelle internationale, se regroupent au sein de partis révolutionnaires. C’est à ces combats, que le groupe Révoltes entend participer à sa juste mesure et offrir un cadre de discussion, d’élaboration et d’intervention.