Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

A bas la réforme des retraites du gouvernement ! Retrait du rapport Delevoye, ni négociable, ni amendable ! Aucune négociation avec le gouvernement ! Mobilisation générale pour défaire le gouvernement Macron !

 

Quand MACRON, PHILIPPE et DELEVOYE rêvent de faire travailler les salariés plus longtemps et de baisser les pensions !

Annoncée lors de la campagne présidentielle de 2017, prévue pour être votée au printemps 2019 puis à l’automne …. la réforme des retraites attendra sans doute que soient passées les élections municipales ! Pourquoi donc, alors qu’on nous promet un système universel et égalitaire ??

Le projet concocté par DELEVOYE après 18 mois de négociations avec les syndicats, présenté au CES et au 1° ministre le 18 juillet, puis diversement interprété par les membres du gouvernement depuis la rentrée, va faire l’objet d’une « large consultation citoyenne » qui va durer jusqu’au printemps prochain.

Pourquoi tant d’atermoiements ? On va le comprendre en l’analysant car il risque de rallumer la colère sociale, ce que craint par-dessus tout Macron et son gouvernement qui veulent que LREM gagne les élections municipales de mars prochain…. Mais si LREM subit un échec (fort probable car ce mouvement n’a pas d’assise sociale en dehors des riches et peu d’ancrage dans les « territoires »), il lui sera difficile d’imposer une mesure si impopulaire.

C’est avec une naïveté désarmante, ou un grand mépris pour l’intelligence de la population des salariés que le gouvernement avoue : « Nous prendrons une décision définitive concernant le changement du régime des retraites seulement après les élections ».

 

Donc le « nouveau monde » comme l’ancien hésite à affronter les salarié.e.s et c’est tant mieux ! La grève massive à la RATP du 13 septembre doit renforcer les craintes du gouvernement des riches, avec un appel à la grève pour tous les salarié.e.s !

De quoi s’agit-il donc ?

Rappelons que le système actuel est fondé sur un salaire socialisé. Les actifs cotisent pour payer les pensions des retraité.e.s : une prestation définie = un taux de remplacement fixe (75% du salaire de fin de carrière) des salaires en pensions, une fois atteint un certain nombre d’années de cotisations, le pouvoir d’achat des pensions variant en fonction de l’inflation et des hausses d’impôts (CSG).

Il existe en effet 42 régimes de retraite différents, les différences portant principalement sur l’âge d’accès à la retraite en tenant compte essentiellement des conditions de pénibilité et non de l’âge d’entrée sur le marché du travail.

Depuis 1993 (Juppé), 5 grandes réformes des retraites ont joué sur la durée de cotisation en l’allongeant pour obtenir un taux plein (l’âge de départ à la retraite a augmenté de 60 à 62 ans : aujourd’hui départ en moyenne à 62,4 ans), et le taux de cotisation.

Fort de ces disparités, le gouvernement Macron/Philippe nous vente l’universalité (= équité formelle devant la retraite comparable au taux de TVA égal pour tous et donc très inégalitaire) et le principe de solidarité. Mais la solidarité entre générations était le fondement du régime instauré après-guerre.

Aujourd’hui, il signifie que tous les régimes doivent être nivelés vers le bas pour ne pas faire de jaloux, le taux de cotisation étant plafonné à 28 % des revenus et à 14 % du PIB, cela signifie que le nombre de pensions à verser augmentant en nombre et en durée, leur montant baissera. Le taux de remplacement n’est plus garanti.

L’ouverture des droits est fixée à 62 ans mais le « taux plein » (dont on ne connaît pas le montant à l’avance et sera calculé sur 43 années de carrière) ne sera atteint qu’à 64 ans, avec une décote de 5% à 63 ans et de 10% à 62 ans.

Si ces principes affichés étaient si bons, pourquoi la « réforme » annoncée soulève-t-elle une opposition telle qu’elle est différée à la fin du printemps 2020 ? Deux raisons principales à cela : le système dit à points (dont la valeur variera en fonction de la situation économique et démographique = impossible de le connaître à l’avance) présente une double injustice :

Œ Les inégalités sociales d’espérance de vie ne sont pas prises en compte : l’écart d’espérance de vie étant de 10 ans en moyenne entre ouvriers et cadres, une part des cotisations ouvrières servira à financer la retraite plus longue des cadres et non l’inverse.

 le taux de cotisation de 28 % sera appliqué jusqu’à 120 000 € de revenu annuel, et de 2,8 % au-delà ! C’est le super Macron pour les riches !

Les cotisations sont donc définies mais pas le montant des pensions. Ce qui est sera mis en place, c’est une épargne individualisée : plus la vie sera longue, plus on travaillera pour augmenter son capital : on passe du salaire socialisé au salaire différé, chacun obtenant « ce qu’il mérite » en fonction de ses conditions de vie et de travail. Chacun n’aura pas les mêmes capacités à cumuler des points, sauf à travailler au-delà de l’âge où l’on est en bonne santé ! = logique libérale !

Jusqu’à présent, ce sont les actifs qui préservent le niveau de vie des retraité.e.s, notamment par les luttes sociales pour augmenter les salaires (même si depuis 25 ans ?, l’augmentation des pensions n’est plus alignée sur les hausses de salaire mais sur l’inflation).

Dorénavant, les salarié.e.s auront intérêt – s’ils le peuvent – à constituer une épargne retraite personnelle par capitalisation à la grande satisfaction des banques-assurances, avec les risques de crise boursière comme en 2008 où des millions de retraités américains se sont retrouvés dans la misère.

C’est cela le plan de Macron qui nécessite un appel commun des organisations syndicales à faire échouer un tel plan !

 

Quelles sont les propositions de la CGT ? Notamment :

Œ accès de tous les salarié.e.s à la retraite à 60 ans avec une pension égale à 75 % du revenu net d’activité, indexée sur le salaire annuel moyen

 reconnaissance de la pénibilité avec départ anticipé à la retraite à taux plein pour certaines professions.

Ž prise en compte des années d’études et de formation

 suppression des exonérations de cotisations sociales patronales (ex : CICE, loi Fillon) et augmentation du taux de cotisation de 0,4% pour couvrir les besoins

 

Pour satisfaire ces revendications minimales, tout doit être fait pour qu’un appel général à la mobilisation de tous les salarié.e.s, actif.ve.s et retraité.e.s soit lancé pour le même jour afin d’obtenir le retrait de la réforme Macron/Philippe/Delevoye.

Plus aucune concertation avec ce gouvernement ! Il nous a assez amusés ! Retrait du projet Delevoye, ni négociable, ni amendable ! Non au système par points, ni allongement de la durée de cotisation, ni de l'âge de départ.

Maintien des 42 des régimes spéciaux et de l'âge de départ anticipé, retour au départ à 50 ans (RATP, EDF etc,).

Retour au départ à 60 ans et aux 37.5 années de cotisation pour tous, public-privé et au calcul des pensions sur les meilleures années.

Maintien du calcul sur les 6 derniers mois pour les fonctionnaires et défense du Code des pensions, des retraites garanties par le budget de l’Etat.

Augmentation de 0,4% des cotisations vieillesse patronales uniquement !

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