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Compte-rendu du congrès USR-71 des 17 et 18 mars 2011

Compte-rendu du congrès USR-71 des 17 et 18 mars 2011

40 sections syndicales représentées sur 64 existantes– 46 délégués pour 1500 syndiqués retraités dans le département. Le rapport d’activité a rappelé notamment les 12 journées d’action massives et unitaires contre  la réforme des retraites : « Si Sarkozy a gagné, nous avons gagné la bataille de l’opinion ». Aujourd’hui, à l’ordre du jour : retraites complémentaires, dépendance, revalorisation des pensions. « Mais la question décisive est de mettre les salariés en mouvement, le rapport de force n’y est pas » ! Intervention au nom de la section syndicale de Chauffailles :

Notre congrès de l’USR se déroule quelques mois après le vote de la désastreuse réforme des retraites, malgré la mobilisation de millions de salariés qui se sont rangés très majoritairement derrières les drapeaux de notre confédération. Qu’est-ce qui nous a manqué pour gagner ? L’absence d’une orientation claire qui dise : à bas la réforme ! Il n’y a rien à attendre de Sarkozy et du Medef, et encore moins à négocier. Il a manqué un appel de notre confédération à la Grève générale jusqu’au retrait du projet. Les mois de dialogue dit social n’ont fait que nous enfumer ! Aujourd’hui, le gouvernement s’apprête à recommencer avec la question de la dépendance. La déclaration de la CGT en date du 28 février 2011 le confirme. Sarkozy convoque les syndicats dans son palais pour mieux faire passer ses réformes : son projet de financement de la dépendance, c’est la hausse des impôts par l’augmentation de la CSG + la souscription d’assurances privées. Tout le monde le sait ! Nous, à la CGT, nous devons dire : non ! la « perte d’autonomie » est un risque que doit prendre en charge la Sécurité Sociale par la hausse des cotisations patronales et la fin des multiples exonérations dont bénéficient les entreprises. Et ce n’est pas le gouvernement Sarkozy/Fillon qui prendra ces mesures, nous le savons aussi ! C’est pourquoi, il n’y a rien à attendre de ce gouvernement et il n’y a donc rien à négocier. C’est ce que notre congrès doit dire à notre confédération. Toute négociation-discussion dans le cadre des groupes de travail sur la dépendance apporte un soutien au gouvernement de Sarkozy, qui est pourtant à bout de souffle. Alors, peut-on attendre 2012 quand le gouvernement veut faire passer sa réforme dès cette année ? Les peuples du Maghreb nous ont montré la voie. Ils ont chassé leurs dictateurs, amis de Sarkozy et de ses ministres. Être solidaires avec les peuples du Maghreb, c’est combattre ici notre propre gouvernement : rompre toute négociation et engager le combat pour le chasser sans attendre 2012. Dans les pays du Maghreb, les syndicats sont partis prenantes des combats pour chasser les dictateurs. Pourquoi pas en France ? Rappelez-vous camarades : après la victoire contre le CPE, on nous a dit : il faut respecter le calendrier électoral et attendre 2007. On a vu le résultat. Attendre 2012, c’est prendre le risque d’avoir Sarkozy/Le Pen au second tour, c’est à dire kif-kif bourricot pour faire suer le burnous ! Que voulons-nous ? En France, comme au Maghreb, il faut des gouvernements qui instaurent un contrôle ouvrier sur les moyens de production expropriés, seul moyen de satisfaire les besoins de la classe ouvrière. Si nous ne nous engageons pas dans cette voie dès aujourd’hui, ce sera demain la pire réaction contre les travailleurs.

La tribune répond que la grève générale n’avait pas de but et qu’on n’appuie pas sur un bouton. Les camarades ont répondu ultérieurement, qu’en effet la grève générale c’est un mot d’ordre qui pose la question du pouvoir et la nécessité de chasser Sarkozy qui détruit tous nos acquis : alors pourquoi ne pas poser le problème du gouvernement ? – et que quelqu’un a bien appuyé sur les boutons pour appeler aux journées d’action…Ils sont revenus sur l’État au service des capitalistes qui se gavent. Le responsable de l’UD a expliqué qu’on ne pouvait pas dire « retrait » car il faut proposer pour aller plus loin, la question des retraites, ce n’est pas fini, la bataille continue….les syndicats ne sont plus ce qu’ils étaient…les enseignants et les parents ne sont pas mobilisés. Le nombre de syndiqués retraités décroît…qu’il ne faut pas regarder derrière nous mais aller de l’avant. qu’il ne faut pas tout centrer sur Sarkozy car il n’est pas seul… Ils avaient préparé une motion à porter au préfet pour « exiger » 300 €, 75% du salaire, retraite minimum = SMIC, etc. Un certain désarroi parmi les présents – à part les dirigeants – Mais ceux-ci préparent l’avenir par cet argument qu’un stalinien a servi : « de toutes façons, les travailleurs vont voter FN ». Réponse : faute d’alternative ouvrière en face, peut-être ; alors que fait-on d’ici 2012 ?

Le rapport d’orientation : Pas un mot sur les responsabilités du gouvernement Sarkozy/Fillon ni sur la crise. Au nom de la section, nous ne voterons pas ce rapport. Le document est inamendable car totalement hors du contexte politique et économique – catalogue de vœux pieux – on ne pourra pas se renforcer si on n’ouvre pas de perspective et ne se donne pas les moyens d’arracher nos revendications. Il faudrait se disposer dans un syndicalisme de classe en s’adressant non pas aux retraités en général mais aux salariés retraités (réponse : la CGT syndique aussi des artisans… !) – financement de la dépendance par la hausse des cotisations patronales et la suppression des exonérations. Les camarades ont voté contre les rapports (un mandat, 11 voix) et seuls à le faire ! Un ancien camarade du POI a pris des responsabilités de dirigeant départemental sans avoir de troupes derrière lui et en s’alignant globalement sur l’orientation de la direction. Son orientation politique était très en retrait de la situation.

Nous avons eu aussi droit à une minute de silence pour les Japonais mais rien pour les peuples arabes en révolution et victimes de la répression. Conclusion : nos interventions ont marqué les esprits et les débats, même si nous n’avons rallié publiquement personne à nos positions. Ce ne fut pas inutile.

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