Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
27 Avril 2015
La grève des travailleurs de Radio France durant 28 jours a été historique. Leur combat contre le "contrat d’objectifs et de moyens" liant le groupe Radio France à la tutelle de l’État s’ordonnait contre la politique d'austérité et patronale du gouvernement Hollande-Valls-Pellerin. A ce titre, cette grève est devenue une grève politique se dressant de fait contre le gouvernement, au-delà des revendications légitimes des salariés, exigeant l’arrêt des externalisations, des privatisations, des mutualisations des métiers, des fusions d’orchestres et de structures, et le maintien des effectifs.
Cette mobilisation est la pointe avancée du combat des travailleurs contre la politique pro patronale du gouvernement Hollande-Valls. Ainsi le 9 avril, malgré la volonté des directions syndicales d’éviter que cette mobilisation ne se centre contre le gouvernement, a mobilisé des milliers de travailleurs, faisant de cette journée l’action la plus importante depuis de 2012.
Des combats ont également lieu dans la fonction publique territoriale, contre les conséquences des fusions de collectivités impulsées par la réforme territoriale. Les agents territoriaux se battent pour conserver leurs acquis, pour imposer une égalité de traitement et pour sauver les effectifs afin d’assurer les missions de service public. Mais au-delà de combat dans chaque collectivité, c’est bien la politique du gouvernement qui doit être remise en question : A bas la réforme territoriale de fusion des collectivités, NON à la fusion des régions, retrait du projet de loi NOTRe (nouvelle organisation du territoire de la République) qui va organiser la liquidation du cadre national des acquis sociaux (Éducation nationale, formation, emploi …).
Le Pacte de responsabilité est la pierre angulaire de tout le dispositif du gouvernement Hollande-Valls-Macron. Le gouvernement entend ainsi aider le patronat à restaurer ses profits égratignés par la crise. Les cadeaux faits aux patrons (42 milliards de cadeaux fiscaux) sont pris sur les acquis ouvriers : baisse des dotations des collectivités territoriales, mesures d’économie pour la Sécurité sociale, extension du travail le dimanche, baisse des salaires en cas de difficultés économiques des entreprises…
Le gouvernement entend faire voter un vaste plan de réformes contre les travailleurs, s’attaquant à leurs acquis et aux libertés d’expression et d’organisation. Ainsi :
- le projet de loi Santé qui prévoit 3 milliards d’économie sur le dos des salariés et des patients, en imposant des fusions d’établissements, d’hôpitaux et en développant à outrance les soins ambulatoires, au mépris de la sécurité sanitaire des patients ;
- la poursuite des la réforme territoriale qui supprime des milliers de postes de fonctionnaires, qui remet en cause les acquis des fonctionnaires. Dans le même temps le gouvernement organise le démantèlement du statut de la Fonction publique, dans le cadre des négociations sur les « parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR) » avec les directions des fédérations syndicales de fonctionnaires.
- le projet de loi sur la sécurité intérieure qui vise à renforcer la répression contre les mouvements sociaux (« la prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions, des violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale») ;
- projet d’un contrat de travail spécifique pour les PME, reprenant le projet du Medef d’un contrat de travail qui pourrait être rompu pour des «motifs incontestables», comme «une baisse du chiffre d’affaires» ou «la perte d’un marché», que le salarié ne pourrait contester devant les prud’hommes.
Cette mesure sera à l’ordre du jour de la conférence sociale annoncée par le Premier ministre Valls en juin. Les directions syndicales n’ont rien à négocier dans ce cadre. Les précédentes conférences ont permis d’adopter des mesures anti-ouvrières : en 2012, instauration de l’ANI, en 2013 nouveau report de l’âge de départ à la retraite à 62 ans et en 2014, préparation du Pacte de responsabilité. Voilà où mène le dialogue social !
A la veille de la mobilisation du 9 avril, toutes les directions syndicales ont accepté de discuter avec le gouvernement et le patronat, le 3 avril, du bilan de la loi de sécurisation de l’emploi. Le bilan pour les travailleurs est rapidement fait : le patronat a pu imposer une augmentation du temps de travail sans hausse de salaires et a imposé le chômage partiel. Les travailleurs doivent imposer aux directions syndicales de cesser de cautionner cette politique.
Toutes les réformes anti-ouvrières doivent être combattues centralement. C’est pourquoi, il faut imposer aux directions syndicales qu'elles appellent à la Grève générale de la classe ouvrière, à une grève politique contre le gouvernement et qu'elles organisent la manifestation centrale à l’Assemblée nationale pour interdire le vote de ces lois !
Seule une mobilisation majeure des travailleurs permettra d’éviter le retour de l’UMP au pouvoir. Les élections départementales, sur fond d’abstention record (50%) notamment des travailleurs, ont profité aux listes UMP-UDI, sur fond d'appel au désistement républicain de la part du PS face au FN. Mais le FN, parti petit-bourgeois réactionnaire, n’est pas aujourd’hui le parti utile aux capitalistes. La bourgeoisie française n’est pas prête à sortir de l’Union européenne comme le prône le FN car l'UE leur offre un cadre de concurrence favorable à la conquête de nouveaux marchés et à l'exploitation des travailleurs. L’UMP reste Le parti de la bourgeoisie et doit être combattu.
Le vote de 2012 signifiait que les travailleurs n’entendaient pas laisser Sarkozy et l’UMP poursuivre leur politique de concassage des acquis ouvriers. La majorité de députés du PS et du Front de gauche à l’Assemblée Nationale n’a pas été élue pour que soit mise en œuvre une politique au service de la bourgeoisie française en crise ! Ni pour mettre en place un gouvernement dirigé par Valls et Macron, alors que le premier n’avait obtenu que 5% à la primaire socialiste et que le second, un banquier millionnaire, n’est même pas membre du PS ! Au sein même de la majorité PS, du Parti socialiste, la politique du gouvernement Hollande-Valls-Macron est critiquée voire rejetée. L'existence de « frondeurs » à l'Assemblée nationale témoigne d'une recherche au sein de la classe ouvrière de s'opposer à la politique pro patronale du gouvernement.
L’existence d’une majorité PS - Front de Gauche témoigne de la volonté des travailleurs, en 2012, de défendre leurs acquis. Les directions du mouvement ouvrier (Partis et syndicats) doivent organiser une manifestation centrale à l’Assemblée nationale pour contraindre la majorité PS-FdG à rejeter les projets anti-ouvriers du gouvernement Hollande-Valls-Macron. Ce serait un premier pas pour chasser ce gouvernement inféodé à la bourgeoisie et constituer un autre gouvernement du PS et du Front de Gauche, sans Valls, ni Macron, ni ministre bourgeois !
Le rapport de force serait alors favorable aux travailleurs et contribuerait à la construction d’un véritable parti ouvrier révolutionnaire afin de s’engager sur la voie du socialisme !