Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
18 Janvier 2016
A bas l’État d’urgence !
Le gouvernement Hollande-Valls conduit une politique ouvertement répressive mettant en cause les libertés démocratiques élémentaires, prenant prétexte de la lutte contre le terrorisme. Le dispositif policier et judiciaire déjà existant n’a pourtant pas empêché les attentats de l’année 2015.
La prolongation de l’État d’urgence votée quasi unanimement par le Parlement le 20 novembre dernier pour 3 mois ne vise pas que les terroristes de Daech. Ainsi la loi de 1955 modifiée prévoit :
Les notions de sécurité et d’ordre public sont très larges et peuvent englober des actes de militants syndicaux, politiques ou associatifs.
Ainsi, des militants écologistes ont été assignés à résidence, placés en garde vue place de la République lors des manifestations en marge de la COP 21 le 29 novembre.
Le pouvoir policier agit ainsi sans contrôle judiciaire. De nombreuses « erreurs » de perquisitions policières musclées et répressives ont été commises, terrorisant les familles qui les ont subies.
A bas la réforme constitutionnelle !
C’est bien cet état d’urgence que veut ancrer dans les institutions le gouvernement Hollande-Valls avec sa réforme constitutionnelle. Elle vise à renforcer le caractère réactionnaire et bonapartiste de la Constitution de la Vème République par un arsenal répressif :
C’est cette mesure qui fait le plus débat. Cette mesure rappelle en effet les sombres heures de l’histoire de l’État français qui a non seulement déchu De Gaulle de la nationalité en 1940 mais des milliers de Juifs ainsi que les étrangers naturalisés depuis 1927. Il vise surtout à bien distinguer les Français d’origine et les autres !
Des députés socialistes et plus largement de nombreux militants et personnalités du PS ont pris position contre cette mesure et menacent à l’Assemblée de ne pas la voter.
Le gouvernement Hollande-Valls doit manœuvrer pour faire passer cette mesure sans perdre la face en visant un objectif : faire un pont avec le parti bourgeois Les Républicains pour qu’il vote la réforme constitutionnelle, quitte à ce que des députés socialistes ne la votent pas. Ainsi, le gouvernement réfléchit à un plan B (l’extension de la déchéance aux Français condamnés pour terrorisme) ou à un plan C ((une peine d’indignité nationale).
Deux appels à la levée de l’état d’urgence ont été organisés au mois de décembre :
Si ces appels ont le mérite d’exister, ils doivent être suivis d’un appel conjoint des organisations syndicales et politiques à la mobilisation pour imposer à la majorité PS-Front de gauche de s’organiser pour lever immédiatement l’état d’urgence et empêcher le vote de la réforme constitutionnelle.