Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

La religion et les marxistes : une position classe contre classe, contre le sectarisme des gauchistes, contre la religion opium du peuple mais pas n’importe comment !

La religion et les marxistes : une position classe contre classe, contre le sectarisme des gauchistes, contre la religion opium du peuple mais pas n’importe comment !

 

« La religion est l’opium du peuple » cette citation de Marx ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Elle est un condensé de la pensée de son auteur mais mérite plus ample développement :

- Karl Marx - 1818-1883 - avec Engels, Critique de "La philosophie du droit" de Hegel, 1844 -

« Le fondement de la critique irreligieuse est : c’est l’homme qui fait la religion et non l’inverse. La religion est la conscience de soi qu’a l’homme qui ne s’est pas encore trouvé lui-même. Et l’homme, ce n’est pas un être abstrait blotti quelque part hors du monde. L’homme, c’est le monde de l’homme, la société, l’État. Cet État, cette société produisent la religion, conscience inversée du monde, parce qu’ils sont eux-mêmes un monde à l’envers. La religion est la théorie générale de ce monde. … Elle est la réalisation fantastique (au sens fantasme NDRL) de l'être humain ... Lutter contre la religion c’est donc aussi lutter contre ce monde là dont la religion est l’arôme spirituel.

La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple.

L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce à une situation illusoire, c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions.

La critique de la religion est donc dans son germe, la critique de la vallée des larmes, dont l’auréole est la religion. La critique de la religion détruit les illusions de l’homme pour qu’il pense, agisse et façonne sa réalité comme un homme sans illusions parvenu à l’âge de raison, pour qu’il gravite autour de lui-même, c’est à dire autour de son soleil réel. La religion n’est que le soleil illusoire qui gravite autour de l’homme tant que l’homme ne gravite pas autour de lui-même. »

 

Ainsi, selon Marx la religion est une illusion néfaste pour l’homme car elle est une forme d’aliénation et un paravent.

Lénine explique :

« A ceux qui peinent toute leur vie dans la misère, la religion enseigne la patience et la résignation ici-bas, en les berçant de l'espoir d'une récompense céleste. Quant à ceux qui vivent du travail d'autrui, la religion leur enseigne la bienfaisance ici- bas, leur offrant ainsi une facile justification de leur existence d'exploiteurs et leur vendant à bon compte des billets donnant accès à la félicité divine. »


En effet, la promesse faite aux prolétaires d’un monde meilleur dans l’au-delà diffère la révolte, ici-bas. Elle est donc une illusion profitable aux classes dominantes, une idée qui conforte leur pouvoir. La religion dit également à l’âme de se préoccuper de son âme, alors que l’homme, selon Marx, doit d’abord se préoccuper de ses conditions matérielles d’existence. La religion affirme que le monde ayant été créé par Dieu, il est naturel et ne peut être changé. Or, le rôle historique du prolétariat est de transformer le monde, de le libérer de l’injustice.

On voit donc à quel point la religion est incompatible avec la théorie marxiste de la libération du peuple.

Marx et Engels contre les opportunistes de tout bord en la matière :


Dans une social-démocratie allemande profondément athée, hostile à toute religion, Engels a démasqué la position de Feuerbach qu’il accuse d’avoir combattu la religion non pas dans le but de la détruire mais de la replâtrer, d’inventer une « religion nouvelle », « élevée » … Engels condamne également l’idée pseudo révolutionnaire de Dühring relative à l’interdiction de la religion dans la société socialiste.

Concernant la « déclaration de guerre » des anarchistes contre la religion et les curés, il affirme qu’une telle déclaration est une sottise tapageuse et le meilleur moyen d’aviver l’intérêt pour la religion et de rendre plus difficile son dépérissement.

De même il fustige la politique de Bismarck contre les cléricaux, érigée en « lutte pour la culture », le Kulturkampf, contre le parti catholique allemand, qui n’a fait que raffermir le cléricalisme militant des catholiques et n’a fait que dévier l’attention de certaines couches de la classe ouvrière de la démocratie, des tâches essentielles que comporte la lutte de classe et révolutionnaire, vers l’anticléricalisme le plus superficiel et le plus bourgeoisement mensonger.

Ce combat, cet enseignement a porté ses fruits et abouti au programme d’Erfurt qui proclame :

(Programme d’Erfurt : 1891)

« La religion déclarée chose privée. Suppression de toutes les dépenses faites au moyen des fonds publics pour des buts ecclésiastiques et religieux. Les communautés ecclésiastiques et religieuses doivent être considérées comme des associations privées qui règlent leurs affaires en pleine indépendance. »

Cette inscription dans le programme du parti allemand était donc un progrès important qui entérine la position révolutionnaire : liberté totale de croyance, aucune répression envers aucune religion, liberté de culte et liberté de professer, et liberté de ne pas croire, d’être athée.

Lénine et la position des sociaux-démocrates envers l’État, la religion et le parti


Par rapport au programme d’Erfurt, Lénine est amené à préciser sa pensée. Dans son article « de l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion » il dénonce certains opportunismes qui se sont développés après Erfurt, interprétant les principes du programme d’Erfurt dans le sens que le parti social-démocrate doit considérer la religion comme une affaire privée.

En fait le mot d’ordre complet est celui de dire que pour les marxistes, le combat est d’imposer que l’État proclame la religion comme étant une affaire privée. La religion doit être une affaire privée envers l’État mais pas envers le parti révolutionnaire.

Les révolutionnaires doivent y compris ne pas interdire l’adhésion de croyants au parti. Ils doivent à la fois développer les positions de Marx (opium du peuple - le marxisme est avant tout le matérialisme et à ce titre implacablement hostile à la religion) et associer les ouvriers dans une lutte pratique pour leurs droits et leur émancipation totale. Dans la lutte pratique contre le capital les ouvriers prendront conscience qu’ils peuvent attendre éternellement un monde meilleur par la seule puissance de leurs prières ou obtenir, concrètement, et sans attendre un au-delà éventuel, de meilleures conditions d’existence par la puissance de leur mobilisation commune.

Il faut donc savoir comment lutter contre la religion, non pas en ce plaçant sur un plan idéologique mais dans le cadre d’une lutte de classe concrète.


Lénine explique que la religion est séculairement ancrée dans certaines couches de la société, dont des couches prolétaires. C’est une réalité vivante. Y opposer une barrière absolue, une propagande théorique athée sans développer une lutte de classe concrète, c’est raisonner sur un mode qui n’est pas dialectique. Le marxisme doit être un matérialisme dialectique c’est à dire envisageant la lutte contre la religion non pas de façon abstraite mais sur le terrain de la lutte de classe réellement en marche qui éduque les masses plus et mieux que tout.

Un parti qui se déclare athée ?

Lénine :

« Nous ne proclamons pas et nous ne devons pas proclamer notre athéisme ; nous n'interdisons pas et ne devons pas interdire aux prolétaires, qui ont conservé tels ou tels restes de leurs anciens préjugés, de se rapprocher de notre Parti. Nous préconiserons toujours la conception scientifique du monde ; il est indispensable que nous luttions contre l'inconséquence de certains « chrétiens », mais cela ne veut pas du tout dire qu'il faille mettre la question religieuse au premier plan, place qui ne lui appartient pas ; qu'il faille laisser diviser les forces engagées dans la lutte politique et économique véritablement révolutionnaire au nom d'opinions de troisième ordre ou de chimères, qui perdent rapidement toute valeur politique et sont très vite reléguées à la chambre de débarras, par le cours même de l'évolution économique. »

L’islam radical : d’Al Qaïda à Daech, l’impérialisme à la source du mal

Quelques rappels sur le Moyen Orient :

  • La création de l’État d’Israël et la politique expansionniste, coloniale du sionisme conduit les masses palestiniennes à l’affrontement. La répercussion est réelle dans toutes les masses arabes de la région jusqu’au Maghreb et donc en France.
  • Plusieurs guerres éclatent. Canal de Suez en 56, guerre des 6 jours en 67 avec l’annexion du Golan (Syrie) et du Sinaï (Égypte), du kippour en 73. Création au Liban des milices chiites du Hezbollah dans les années 80.

La politique et l’existence même de l’État sioniste, gendarme impérialiste, est également et de plus en plus une source d’instabilité peu propice à la sécurisation des intérêts impérialistes (approvisionnement en matières premières). Les États arabes soumis à l’impérialisme (Arabie Saoudite, Liban, Syrie, Irak …) sont l’objet de critiques internes très fortes quant à leur soutien à l’impérialisme et donc à l’État sioniste, et l’impérialisme est sans cesse obligé de mesurer ses interventions.

Dans les années cinquante, Sayyid Qotb a fondé Les Frères Musulmans en Égypte. Il est le théoricien et principal inspirateur de la branche islamiste révolutionnaire. Selon lui, le mode de gouvernement des régimes nationalistes au pouvoir dans les pays musulmans est un retour au paganisme préislamique qu’il faut combattre au besoin par les armes.


La révolution iranienne à la fin des années 70, matée par Khomeyni est un avertissement sérieux pour l’impérialisme US qui met en place un dispositif multiple avec la complicité de la bureaucratie stalinienne.

Ainsi la mise en place de Sadam Hussein en Irak à la fin de années 60, celui-ci sera utilisé et armé pour déclencher la guerre contre l’Iran en 1980 (8 ans de conflits, des millions de morts…).

Par ailleurs l’impérialisme armait dès 1979 (et jusqu’en 1988) des fondamentalistes sunnites tel Oussama Ben Laden pour combattre en Afghanistan contre les troupes du Kremlin.

Ben Laden formera en 1988 Al Qaida d’où émergera aussi l’État Islamique. En 1989, les troupes du Kremlin se retirent d’Afghanistan et les USA comme l’Arabie saoudite, son vassal, cessent alors d’alimenter Ben Laden.

Ce dernier va alors modifier la stratégie de son groupe à plusieurs reprises afin de l’adapter aux changements de la situation, régionale et internationale. Nous développerons ces éléments dans un prochain article ainsi que les origines de ces groupes islamiques. Mais ce groupe fondamentaliste a toujours profité d’une situation on ne peut plus conflictuelle.

Les Palestiniens poussés à l’exil avec la création d’Israël se sont réfugiés au Liban, en Jordanie et en Égypte. Les camps de réfugiés au Liban sont des camps d’entraînements militaires et la base depuis laquelle les combattants pro-palestiniens sous drapeau de l’OLP principalement lancent des attaques sur Israël. En 1982, Israël envahit le Liban déjà en proie à une guerre civile entre pro-palestiniens et milices chrétiennes. La Jordanie en bon vassal de l’impérialisme fait la chasse aux fédayins. La direction politique de l’OLP est évacuée sur Tunis par l’armée française.

En 1987 survient la 1ère intifada : Les masses palestiniennes humiliées, privées de tout (eau, électricité, terres, travail…) se sentent lâchées, trahies par l’OLP. A Gaza puis dans toute la Cisjordanie les femmes en tête d’une population aux abois se soulèvent contre l’armée d’occupation israélienne. C’est la guerre des pierres. Le Hamas émerge à ce moment, sur les cendres de l’OLP qui vient en 1988/89 au nom de la création d’un hypothétique État palestinien de reconnaître l’État d’Israël et renoncer à la lutte armée.

En 1989, c’est la chute du mur de Berlin, la disparition de la RDA et la réunification de l’Allemagne sous la houlette de la RFA. En1991, Gorbatchev est renversé, la bureaucratie du Kremlin avec, et c’est l’éclatement de l’URSS et la restauration du capitalisme à l’Est de l’Europe.

Sahar Khalifa, écrivaine palestinienne, dans une tribune au Monde Diplomatique d’août 2015, explique que dans tout le Moyen Orient des milliers d’hommes éclairés, socialistes, progressistes … étaient recherchés par la police ou croupissaient dans les prisons de régimes soutenus et subventionnés par les puissances impérialistes anglaise, française puis américaine.

Le nationalisme arabe a connu son âge d’or dans les années 50 et 60. Elle dit :

« Nos rues en effervescence débordaient d’espoirs de transformation. Nous adoptions une attitude rebelle et critique envers nos systèmes sociopolitiques traditionnels. Les idéaux de libération et de justice sociale se trouvaient dans notre littérature, notre théâtre, nos chants, notre musique, et jusque dans les expressions que nous employions dans la vie courante. La littérature du monde entier irriguait notre culture. Nos libraires et nos rues regorgeaient de livres appelant à la libération, à la révolution et au changement : littérature existentialiste, socialiste, noire … »

« Cet élan touchait tout le monde y compris les paysans illettrés et les femmes qui commencèrent à sortir sans voile. » 

Études universitaires, engagement en politique, rejet du voile et adoption de la minijupe :

« Cette atmosphère idyllique se dissipa lorsque Israël, soutenu pas l’Occident, parvint à vaincre le dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser en 1967. Cette défaite signifia aussi celle de notre mouvement national et de nos convictions socialistes ; une occasion que les Américains et leurs alliés occidentaux ne manquèrent pas de saisir. Ils apportèrent un soutien massif aux islamistes afin d’étouffer le nationalisme progressiste, à coups de millions de dollars. Les frères musulmans, qui laissaient jusqu’alors le peuple indifférent, montèrent en puissance. La situation de notre région dans les années 70 et 80 ressemble beaucoup à celle de l’Afghanistan au moment où les Américains prêtaient main forte aux islamistes, et notamment à Oussama Ben Laden, pour contrer les communistes. »

« Les institutions et les médias occidentaux, qu’il s’agisse de la presse écrite ou de la télévision, du cinéma ou des universités, supposent la femme arabe incapable de respirer ou de penser sous son tchador noir, ombre mouvante qui erre dans le vide telle une sorcière ou un épouvantable fantôme. Le vêtement de la créature que nous incarnons à leurs yeux est appelé « tenue islamique ». Je suis pourtant convaincue qu’il n’est ni islamique ni arabe, et que c’est une création de l’occident et une manifestation embarrassante de son impérialisme. »

Elle dénonce le « choix » pour les masses palestiniennes et arabes aujourd’hui entre l’occident synonyme d’exploitation et de colonisation d’un côté et l’islamisme qui propose un retour à l’âge de l’oppression et des harems. Le choix est donc entre l’occident synonyme de liberté, de laïcité et de science, mais aussi de colonialisme et un islam impitoyable qui appelle à résister à l’occident mais qui s’oppose à la science, à la modernité, à l’émancipation féminine et sociale.

Ce dilemme touche aussi les masses d’origine arabe qui vivent dans les pays occidentaux : se soumettre à la politique de rigueur qui touche en premier lieu les masses les plus exploitées et subir la répression policière ou bien revendiquer une appartenance en apparence contestataire sous le drapeau de l’islam, avec toutes ses variantes.

Ce dilemme est accentué par la politique des impérialismes occidentaux, va-t-en guerre depuis des décennies au Moyen-Orient et en Afrique. Les massacres perpétrés par Bachar el Assad contre les insurgés syriens, avec la complicité plus ou moins neutres des puissances impérialistes, sont les déclencheurs d’une révolte combattive, qui cherche un drapeau sous lequel combattre.

Malheureusement, c’est le drapeau réactionnaire de Daech qui est le plus spectaculaire.

Pour autant, il ne faut pas que ce drapeau sanguinaire écrase les opposants de la première heure au régime syrien, qui ont tenté de casser les chaines de la dictature alaouite, sur les traces des Tunisiens et Égyptiens notamment. Mais le combat de ces derniers pour les libertés démocratiques était mu par la défense des travailleurs et de leurs droits. C’est quand la classe ouvrière de ces pays s’est mobilisée, que les dictateurs ont fui. En Syrie, la composition sociale de la société n’était pas la même ; l’emprise du clan alaouite soutenue par les puissances régionales a été plus forte.

Les bandes fondamentalistes radicales soutenues par les États et groupes sunnites de la région, comme l’Arabie Saoudite et le Qatar, eux-mêmes grands alliés des impérialismes, ont pu alors se propager en Irak et en Syrie. Elles ont en parallèle frappé par des attentats spectaculaires les puissances occidentales dans le but de monter les populations les unes contre les autres.

L’impérialisme français répond sur le même terrain aujourd’hui et en profite pour faire régner l’ordre dans les rangs ouvriers.

Qui est Charlie ?

Emmanuel Todd, a écrit « Qui est Charlie », sociologie d’une crise religieuse.

« Janvier 2015, la France a vécu un accès d’hystérie. Les médias communiaient dans la dénonciation du terrorisme, dans la célébration du caractère admirable du peuple français, dans la sacralisation de la liberté et de la République. Charlie Hebdo et ses caricatures de Mahomet étaient sanctuarisés. Les foules convoquées par le gouvernement défilaient crayon à papier en main pour symboliser la liberté de la presse, ovationnant les CRS et les tireurs d’élite postés sur les toits. Le logo je suis Charlie envahit tout. Le gouvernement décrétait des sanctions pour tout refus de la minute de silence, interprété comme une apologie implicite du terrorisme et un refus d’adhérer à la communauté nationale. Un flash totalitaire, ni plus ni moins.

La critique aurait été inaudible en janvier 2015, la mobilisation de masse loin d’être admirable révélait un manque de sang froid et de dignité dans l’épreuve. La condamnation de l’acte terroriste n’impliquait nullement que l’on divinisât Charlie hebdo, le droit au blasphème sur sa propre religion au sens religion majoritaire dans le pays où l’on est, ne doit pas être confondu avec le droit au blasphème sur la religion d’autrui, c’est à dire minoritaire dans le pays, particulièrement dans le contexte socio-économique difficile de la France : blasphémer de manière répétitive, systématique, Mahomet, personnage central de la religion d’un groupe faible et discriminé, devrait être, quoi qu’en disent les tribunaux, qualifié d’incitation à la haine religieuse, ethnique ou raciale.

Comment faire comprendre que les frères Kouachi et Coulibaly n’étaient que le reflet inversé, pathologique de la médiocrité morale de nos chefs élus, plus soucieux de leurs intérêts propres que de tirer les jeunes de la surexploitation par les bas salaires ou la marginalisation par le chômage ?

Hollande en décidant une manifestation de masse prenait le risque de glorifier les assassins, de conférer un sens idéologique à leur acte.

La xénophobie migre vers le haut de la structure sociale, les classes moyennes et supérieures cherchent un bouc émissaire.

L’Etat aspergeait la France de cars de police et de militaires en armes.

Nul n’est sensé ignorer pourquoi il manifeste. Or les politiques ont consciemment instrumentalisé l’événement pour tenter d’échapper à leur impopularité, les journalistes ont renoncé en toute connaissance de cause à leur devoir critique. »

Pour E. Todd la crise religieuse qui sévit en France  amènerait la population française à la recherche d’un adversaire structurant et l’islam est disponible pour remplacer le catholicisme devenu inutilisable comme bouc émissaire. La diabolisation de l’islam permettrait de comprendre la mobilisation de millions de laïcs derrière Hollande, catholique zombie, pour défendre le droit absolu de caricaturer Mahomet figure religieuse respectée par au plus 5 % des habitants du pays, parmi les plus faibles et les plus fragiles.

La recrudescence religieuse impulsée par l’ordre impérialisme un peu partout dans le monde ne peut se réaliser que du fait d’absence immédiate de perspective politique, proposant une véritable alternative socialiste aux mobilisations révolutionnaires.

Le 13 novembre et l’état d’urgence :

Suite aux attentats du 13 novembre, dans les heures qui ont suivi, F. Hollande a décidé de mettre en place l’état d’urgence pour 12 jours.

Il s’est ensuite adressé au Congrès réuni en urgence et, dans un discours guerrier, a demandé sa prolongation pour 3 mois. L’Assemblée Nationale a adopté cette loi à la quasi unanimité. Il propose également d’inscrire l’état d’urgence dans la Constitution en renforçant l’arsenal répressif de la Vème République pourtant déjà qualifiée par Mitterrand en 1978 de « coup d’État permanent ».

En effet, l’État dispose déjà avec les lois actuelles, avec Vigipirate, d’un cadre judiciaire qui permet légalement les perquisitions et arrestations contre les groupes terroristes. Mais cela ne peut être mené qu’avec l’aval d’un juge.

Dès lors, les restrictions de liberté dans le cadre de l’état d’urgence (droit de manifestation limité voir interdit, assignation à résidence …) sont utilisées par le gouvernement pour handicaper les mobilisations de travailleurs et semblent sans réelle efficacité pour arrêter les terroristes en fuite.

Ainsi, la répression de la manifestation de la Bastille du 22 novembre pour la défense des réfugiés ou l’assignation à résidence de militants zadistes et écologiques en marge de la COP 21 sont des exemples d’une volonté de museler les protestations contre la politique du gouvernement.

En quelques heures, des perquisitions ont notamment permis de saisir des armes de guerre qui avaient jusque là « échappé » à la vigilance de notre police. On voulait évidemment montrer aux yeux de l’opinion publique que les mesures prises par l’exécutif trouvaient une justification évidente.

Concernant la déclaration de guerre de la France à Daech, le Monde Diplomatique de décembre 2015, revient dans un article « l’art de la guerre imbécile » sur la guerre fondée sur la colère qui répond précisément aux objectifs de Daech. Le premier consiste à créer une coalition contre lui, qui viendra combattre en Irak, en Syrie et alimentera ainsi sa propagande anti-impérialiste. Le second but est que cette situation favorisera le recrutement de nouveaux djihadistes en occident qui, ou bien viendront combattre dans ses rangs, ou effectueront des missions suicides qui à leur tour alimenteront sa propagande.

Trois semaines plus tard, des voix s’élèvent de plus en plus nombreuses contre le tout autoritaire, contre l’état d’urgence. C’est le cas de certains intellectuels, d’associations (à l’exemple de DAL – Droit Au Logement) ou de syndicats.

Deux appels pour la levée de l’État d’urgence ont été rédigés, un début décembre au nom d’individus signataires (pratiquement 10 000, dont nombre de syndicalistes, de militants associatifs, d’intellectuels, …) et l’autre le 17 décembre au nom d’associations et syndicats dont la CGT.

Nos tâches

Parce qu’il n’y a qu’une seule classe ouvrière, il  peut n’y avoir qu’un seul parti avec un seul objectif : le socialisme. Nous ne devons pas alimenter de divisions entre laïcs, croyants, athées. Nous ne devons pas avoir peur des chrétiens, des musulmans ou autres.

Nous devons démasquer les illusions de la religion, les combattre pied à pied. Mais cela ne veut pas dire rejeter les masses sous alimentées politiquement qui se retrouvent sous l’influence religieuse. Il faut au contraire les éclairer de notre point de vue marxiste. Les intégrer en tant que travailleurs ou privés d’emplois, pas en tant que musulmans ou juifs, à la construction de l’organisation ouvrière révolutionnaire.

Nous ne pouvons avoir deux langages en fonction que l’on s’adresse à un ouvrier athée ou un ouvrier croyant. Nous devons avoir un seul langage de vérité qui consiste à faire tomber tous les obstacles qui se dressent devant les masses pour les maintenir sous le joug du capital. Ce langage doit inclure la question des religions qui sont un des obstacles que le capital à dresser pour diviser les travailleurs.

Le combat contre la désintégration militariste et réactionnaire du Moyen-Orient est indissociable du combat contre la domination impérialiste au Moyen-Orient et en Afrique. Les troupes impérialistes, en particulier françaises, n’ont rien à faire en Irak ou au Mali. Elles ne font que semer le chaos et la misère des masses, qui se font dépouiller de leurs richesses pétrolières comme de leurs libertés.

Notre combat est donc un combat de classe orienté contre notre propre bourgeoisie.

A bas l’État d’urgence, à bas l’État policier !

A bas le projet de réforme constitutionnelles !

A bas l’Union sacrée entre organisations ouvrières et l’État bourgeois qui ont mené dans l’Histoire, lors de la Première Guerre Mondiale notamment, des millions de travailleurs à la boucherie impérialiste !

La classe ouvrière doit imposer à la majorité de députés du PS et du Front de gauche l’arrêt de la politique guerrière et répressive du gouvernement Hollande-Valls en exigeant l’arrêt immédiat des frappes aériennes en Syrie.

 

A bas la coalition internationale en Irak !

Arrêt immédiat des frappes aériennes françaises en Syrie et en Irak !

Retrait de toutes les troupes armées françaises du Moyen- Orient et d’Afrique !

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