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Assemblée générale de la section multiprofessionnelle C.G.T.de Chauffailles et son canton - 17 septembre 2011

Assemblée générale de la section multiprofessionnelle C.G.T.de Chauffailles et son canton - 17 septembre 2011

 

Cette AG de rentrée se tient dans une situation de crise financière, économique et sociale qui s’aggrave de jour en jour. Cette crise est celle du capitalisme pour appeler un chat un chat. L’économie capitaliste est fondée sur la propriété privée des moyens de production, et en premier lieu des capitaux (argent des actionnaires, des banques, etc…). Son but premier est de faire du profit et non pas de produire pour satisfaire les besoins de la population. Non, faire du fric, beaucoup de fric et le plus vite possible.

 

Tous les moyens sont bons : en premier lieu, la spéculation, c’est à dire le placement dans une affaire qui doit rapporter gros !

Ce qui devait rapporter beaucoup d’argent dans les années 2000, c’était des placements immobiliers à risques  : prêter à taux élevés à des gens modestes, en particulier des salariés américains ou espagnols à qui on vantait le bonheur de devenir propriétaires. Mais à quel prix !

Tout le monde sait qu’en cas d’accident de la vie ou de licenciement, on ne peut plus rembourser. C’est ce qui s’est produit en 2008. Les banques de tous les pays qui avaient investi dans ces placements à risques ont bu le bouillon. Des milliers de familles ont été expulsées de leur logement mais les banques ont été renflouées par les Etats : elles ont touché des milliards (plus de 400 milliards en France).

 

Pourtant, rappelez-vous : en 2007, N. Sarkozy avait déclaré que les caisses de l’Etat étaient vides, qu’il fallait travailler plus pour gagner plus…

Qu’ont fait les Etats pour renflouer les banques ? Ils ont emprunté à d’autres banques, d’où une dette accrue à rembourser : capital et intérêts…

Car dans le même temps, M. Sarkozy - comme Mme Bignon à Chauffailles - ont juré la main sur le cœur qu’ils n’augmenteraient pas les impôts, donc forcément la dette augmente ! Voici quelques chiffres :

-         réduction de l’ISF = - 2,2 milliards

-         exonérations de « charges » (c'est-à-dire le salaire différé = part du salaire qui n’est pas payée directement mais qui alimente les caisses de la Sécu et du chômage) et aides aux entreprises = 170 milliards

-         baisse de la TVA à 5,5% aux restaurateurs = 3 milliards 

-         défiscalisation des HS = 168 millions d’HS au 2° trimestre 2011 = 400 000 ETP annuels = - 3 milliards pour les caisses de la Sécu.

 

-         effondrement des recettes. Aujourd’hui, c’est l’heure de la facture : + 1 milliard à trouver en 2011 et 11 milliards en 2012. Alors ce sont les taxes qui vont augmenter (elles représentent 60 % du budget de l’Etat, alors qu’elles sont injustes puisque riches et pauvres en payent autant alors que la part de l’impôt sur le revenu diminue) :

è    augmentation de la CGS pour financer la Sécu = 600 millions d’€

è    augmentation des taxes sur les mutuelles de 3,5 à 7 % = 1,2 milliards d’€

è    augmentation des taxes sur les tabacs, alcools et autres boissons = 1,2 milliards d’€

è    instauration d’une taxe de 35 € pour engager une procédure en justice civile ou prud’homale à partir du 1° octobre 2011 : la gratuité de la procédure garantissait l’accès à la justice pour tous. Aujourd’hui, après avoir supprimé des postes de greffiers, on fait payer le justiciable qui doit se battre pour obtenir de son patron un salaire, des indemnités ou une feuille de paie !

è    suppression de dizaines de milliers de postes de fonctionnaires = moins d’emplois et de services publics, avec la privatisation d’une partie de ces services : Pôle emploi en est un bon exemple !

 

Un exemple de cette politique à Chauffailles : le PIMMS initié par Mme Bignon (maire et conseiller général) et M. Martelin, président de la communauté de communes), c’est l’emploi de personnel précaire payé moins cher (7 contrats aidés, à temps partiel, « emploi de personnes en réinsertion professionnelle pour l’accueil des publics fragilisés, pour remettre des personnes sur le marché du travail » dixit le président de l’association = merci pour eux et quel vocabulaire !) en lieu et place d’emplois statutaires (postiers, cheminots, électriciens, agents Pôle emploi).

On voit bien là que seuls les salariés font les frais de l’opération !

 

C’est tout cela que nous devons dire devant la mairie tout à l’heure : nous n’avons rien à demander à ces gens là. Ils ne nous représentent pas, ils défendent exclusivement l’intérêt des patrons. La preuve ? Aucun mot, aucun soutien même symbolique aux salariés licenciés : plus de 200 dans le canton depuis 2009. Mais cela n’intéresse pas les élus. Le 18 juillet, le président de la communauté de communes proposait des mesures d’aides aux agriculteurs victimes de la sécheresse (mais le 22, il avouait ne pas savoir combien il y a d’agriculteurs dans son canton !) mais pas un mot sur les 43 licenciés de Yumbo (« je ne le savais pas le 18 » nous a-t-il déclaré !) ni sur ceux de l’AGDE, de Trouillet, de LBL et tous les autres.

Pas un mot de soutien à notre camarade licenciée abusivement par le président de l’Office de Tourisme avec le soutien des élus. Et maintenant, ils s’étranglent quand on leur présente la facture suite à la condamnation du président de cet Office par les Prud’hommes : mais ils n’ont rien fait pour empêcher cette injustice car ils ne soutiendront jamais un salarié contre son employeur !

 

Et pourtant, il y a des centaines de chômeurs dans le canton. Situation particulièrement dramatique pour les plus de 50 ans, sans espoir de reconversion et qui ont fait leur vie ici. Il y a 810 000 chômeurs de plus de 50 ans en France : nous avions bien raison de nous battre contre la réforme des retraites car de nombreux salariés n’auront pas leurs années de cotisations et toucheront une retraite de misère et le RSA en attendant.

 

Situation difficile aussi pour les jeunes : qualifiés ou peu qualifiés, ils doivent partir car il n’y a pas d’avenir ici : au mieux, stages, intérim, CDD, c’est la galère.

 

Alors, que voulons-nous ?

 

è    la dette des Etats, ce n’est pas de la responsabilité des travailleurs, ce n’est pas à nous de la payer : pas un sou pour les banques !

è    contre le chômage : échelle mobile des heures de travail entre tous les actifs : interdiction de licencier – un seul contrat, le CDI (c’est ça nous règle d’or !)

è    contre la vie chère : augmentation substantielle des salaires, pensions et indemnités de chômage indexés sur l’inflation – blocage des loyers

è    arrêt des exonérations et hausses des cotisations patronales pour financer Sécu et chômage

è    abrogation des lois allongeant le départ à la retraite : retraite à 60 ans pour tous après 37,5 ans de versement

è    rétablissement de tous les postes supprimés dans la fonction publique.

è    gratuité de l’accès à la justice : abrogation de la loi des 35 €!

La question se pose : qui peut satisfaire ces revendications ? Ni ce gouvernement, ni le MEDF bien sûr ! Il faudra les arracher. Des appels à la grève et à manifester sont lancés par les syndicats et en particulier la CGT, le 27 septembre dans l’EN, le 6 octobre pour les retraités, le 11 octobre pour les salariés du public et du privé.

 

Les manifestations et les grèves à répétition ne suffiront pas. On l’a vu pour les retraites en 2010 : des millions dans la rue (et nous en étions à Paray ou à Roanne) n’ont pas suffi à faire reculer le gouvernement qui n’était pas remis en cause dans les mots d’ordre. Et bien, il est toujours là et il poursuit ses réformes.

 

Notre camarade Bernard Thibault a déclaré le 26 août : « Le monde ne s’arrête pas de tourner parce qu’il y a des élections présidentielles dans 9 mois ».

CHICHE ! Dès maintenant, sans attendre, organisons-nous, renforçons la CGT et engageons le combat pour battre dans 9 mois ceux qui veulent nous réduire à la misère.

 

Nous allons manifester à Chauffailles tout à l’heure : nous n’avons rien à attendre des élus locaux qui soutiennent ce gouvernement. Mais nous ferons entendre notre voix : même si nous ne sommes pas très nombreux (car la crainte du lendemain et les pressions sont grandes) : il y a 25 ans qu’une manifestation de salariés n’a pas eu lieu à Chauffailles ! Ce rassemblement aura des échos, y compris dans la presse. Il faut que la crainte change de camp !

 

Mais je vous propose aussi de nous adresser à tous ceux qui prétendront représenter les salariés aux prochaines élections de 2012 (PS – Front de gauche) pour qu’ils prennent clairement position sur nos revendications que nous leur présenterons.

 

Je vous invite à débattre de ces propositions puis à passer au vote et à élire la délégation qui les présentera au congrès de l’UL du GC le 3 novembre 2011.

 

Propositions adoptées à l’unanimité.

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