Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
19 Janvier 2011
Pour autant, la crise économique n’est pas terminée. Elle va reprendre étant donné le flot de capital fictif qui est encore réinjecté par les États. Le système capitaliste ne peut pas vivre sans l’expansion du crédit, sans le développement de bulles spéculatives. Pour maintenir les profits, les capitalistes doivent faire baisser la valeur de la force de travail, toutes ses composantes. Cela passe par l’abaissement direct des aides sociales, par la diminution du nombre d’emplois publics, par la baisse direct du salaire minimum (comme en Irlande) ou bien encore par la remise en cause du salaire différé (Sécurité sociale) et même par l’augmentation des frais universitaires (comme en Grande-Bretagne).
A bas le dialogue social ! Rupture immédiate avec le gouvernement Sarkozy ! Boycott des groupes de travail sur la dépendance
En France, après le point d’appui que constitue l’allongement de la date du départ à la retraite, le gouvernement pense poursuivre ses attaques contre les acquis ouvriers. Il s’agit maintenant de faire prendre directement en charge par les plus de 50 ans au minimum, les vieux jours des travailleurs. C’est le chantier de la dépendance qui doit faire l’objet d’une concertation avec les représentants des organisations syndicales. Les représentants du PS et du PCF seront également conviés à la concertation de par la place qu’ils occupent dans les collectivités locales, notamment dans les départements, chargés de l’allocation personnes âgées, dont la suppression est en question. On nous refait le même coup que pour les retraites. Le gouvernement lance une concertation à partir de rapports qui indiquent les pistes à prendre : sur la dépendance, le rapport Rosso-Debord préconise l’obligation, à partir de 50 ans, de souscrire une assurance privée pour la prise en charge de la dépendance. Les représentants syndicaux nous font également le même coup : au nom de revendications à porter pour une meilleure prise en charge de la perte d’autonomie, ils tentent de justifier leur participation aux groupes de travail, en demandant aux salariés de se mobiliser pour faire pression sur les négociations. Ils tentent d’accréditer l’idée que le gouvernement Sarkozy pourrait œuvrer sous la pression dans le sens des intérêts ouvriers. Or, il a largement démontré que toute sa politique est orientée contre les acquis ouvriers, qu’il se situe entièrement au service de la bourgeoisie. Ainsi, le gouvernement annonce pour 2011 certes la suppression du bouclier fiscal (qui profite essentiellement à la petite-bourgeoise et aux couches aisées de travailleurs) représentant entre 700 et 800 millions d’euros, mais couplée avec la suppression de l’impôt sur la fortune, l’ISF, qui rapporte plus de 4 milliards d’euros à l’État. Après les quelques milliards d’euros gagnés par le patronat avec la suppression de la taxe professionnelle, soit autant que la baisse de l’impôt sur les sociétés entre 2000 et 2010, le gouvernement prépare de nouveaux cadeaux pour la bourgeoisie, que devra financer, in fine, la classe ouvrière. Ce gouvernement accentue parallèlement ses attaques contre les travailleurs immigrés, Roms, sans papiers et autres (avec l’adoption de la Loopsi 2, les camps de Roms pourront être démantelés en 48H par les préfets sans passer par un juge). Il continue également sa politique de milliers de suppressions de postes dans la Fonction publique (32 000), en premier lieu dans l’Éducation Nationale (16 000).
Front unique pour vaincre le gouvernement Sarkozy et le chasser du pouvoir sans attendre 2012
C’est pourquoi, il n’y a rien attendre de ce gouvernement. C’est ce que des millions de travailleurs et de jeunes ont signifié par leur mobilisation, leur ténacité en septembre-octobre 2010. Au-delà de la réforme des retraites, la question était posée d’infliger une défaite politique au gouvernement de Sarkozy. Pour stopper toute sa politique d’attaques, il faut que se réalise le Front unique de toutes les organisations d’origine ouvrière, partis (PS, PCF, PG, NPA, LO) et syndicats (CGT, FO, FSU, SUD) contre ce gouvernement. Cela passe d’abord par l’engagement de ces organisations à ne pas participer à la concertation sur la dépendance. Plus largement, elles doivent rompre tout soutien au gouvernement et appeler à le combattre. Tous les partis politiques issus de la classe ouvrière ne donnent comme seule perspective les élections présidentielles de 2012. Or, attendre 2012 ne donne aucune garantie sur l’issue de ces élections. Bien au contraire, en se calant sur le calendrier institutionnel de la Vème République bonapartiste, elles tournent le dos à la volonté des travailleurs d’en finir avec la politique de ce gouvernement. Toutes ces organisations préparent les élections présidentielles, qui personnifient au plus au point la représentation de l’État bourgeois, prétendant gouverner au-dessus des partis ; elles se moulent ainsi aux institutions anti-démocratiques. C’est pourquoi, la classe ouvrière et la jeunesse doivent s’organiser pour imposer aux organisations traditionnelles du mouvement ouvrier le Front unique ouvrier, rassemblant la classe ouvrière et ses organisations dans un même camp contre le gouvernement bourgeois de Sarkozy, pour le chasser du pouvoir sans attendre 2012.