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Négociations assurance chômage

Négociations assurance chômage

Les négociations sur l’assurance chômage pour la période 2014-2017 ont démarré le 17 janvier dernier. Ces négociations fixent le cadre de fonctionnement de la caisse UNEDIC ainsi que les modalités d’indemnisation des chômeurs (durée de cotisations pour être affilié, montant et durée d’indemnisations, etc.). Actuellement, un jour cotisé vaut un jour indemnisé à partir de 4 mois travaillés, avec une durée maximale d’indemnisation de 24 mois, et le montant de l’indemnisation, appelé salaire journalier de référence, est calculé en fonction de l’ancien salaire (57,4% du brut).

Dès le début de la négociation, le patronat est passé à l’offensive. Il propose de moduler les droits des demandeurs d'emploi et la durée de leur indemnisation en fonction du taux de chômage. Il propose ainsi de passer à 1,2 jour indemnisé (pour un jour cotisé) quand le taux de chômage est supérieur ou égal à 12%, et à 0,8 jour quand le taux de chômage est égal ou inférieur à 9%. De la même façon, la durée maximale d'indemnisation (24 mois actuellement) et la durée minimum de travail donnant droit à allocations pourraient varier en fonction du taux de chômage. Le taux de chômage actuel est de 9,8% (INSEE, 4ème trim. 2013). Or les critères qui servent de base à son calcul sont déjà largement soumis à caution (non comptabilisation de certaines catégories de chômeurs, etc.). Il n’est pas difficile d’imaginer qu’avec une telle mesure en vigueur, le taux de chômage n’a aucune chance de dépasser les 9%.

Défense inconditionnelle du statut des intermittents du spectacle

Cependant les propositions qui ont davantage cristallisé la protestation sont celles qui visent à la suppression du régime spécial des intermittents du spectacle. Il est effectivement insupportable pour la bourgeoisie d’avoir à financer ce régime spécial qui concerne une minorité, et dans un milieu où l’extorsion de la plus-value n’est pas parfaitement établie.

La ministre Aurelie Filippetti a bien fait mine de s’indigner, en se montrant très réticente face à un relèvement du nombre d'heures pour toucher les indemnités, mais c’était pour mieux évoquer ensuite : « le plafonnement du cumul possible entre des rémunérations d'activité et des indemnités du chômage » préconisé justement par les entrepreneurs des professions culturelles ! Le Medef propose une entourloupe : il invite l’État à prendre en charge le régime dérogatoire des intermittents. Il propose ainsi de sortir le régime des intermittents du régime général en créant un précédent : faire financer la protection sociale par l’impôt payé par tous et non par des cotisations comme salaire différé. Le 11 mars, la CFDT a ainsi appelé de ses vœux des discussions tripartites (État-syndicats-patronat) sur la question du régime spécial des intermittents. Réclamation relayée par la CGT prêtant ainsi le flan au patronat ! Au contraire, la responsabilité de la CGT est de réaffirmer le maintien inconditionnel du régime spécifique des intermittents du spectacle au sein de l'UNEDIC !

Pour combler le déficit de l’assurance chômage, arrêt des exonérations de cotisations patronales !

Une personne employée reçoit en échange de son travail un salaire. Une partie de ce salaire ne lui parvient pas directement mais est reversée à différentes caisses (Sécurité Sociale, UNEDIC, etc.) constituant une protection solidaire et obligatoire entre les travailleurs. C’est ce qu’on appelle le salaire différé, ou salaire socialisé. C’est un acquis fondamental, issu d’importantes luttes ouvrières afin de protéger solidairement les travailleurs des accidents de la vie.

S’appuyant sur le dialogue social, le patronat cherche à transférer le coût du salaire différé (principe de la cotisation) vers l’État et donc la fiscalité, payée par tous. En clair, il vise à s’affranchir d’une partie du coût du salaire des travailleurs afin de restaurer son taux de profit et de maintenir sa compétitivité face aux autres bourgeoisies européennes.

Il est impératif de démasquer les visées de la bourgeoisie et la duperie qu’est le dialogue social. Pour le régime spécial des intermittents du spectacle comme pour le régime général, c’est au patronat de financer les caisses de l’UNEDIC. Au déficit de ces caisses, les seules réponses possibles sont l’arrêt des exonérations de cotisations patronales qui encouragent la précarité et leur augmentation si besoin.

Défense des droits des chômeurs : indemnité chômage équivalente à 100% du salaire jusqu’au retour à l’emploi

L’INSEE recense 3,3 millions de demandeurs d’emploi de catégorie A (c’est-à-dire demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, sans emploi) mais on peut raisonnablement penser que leur nombre a déjà dépassé les 5 millions. La crise du système capitaliste continue de plonger dans la misère des masses de travailleurs. La seule revendication capable de satisfaire efficacement leurs intérêts est celle d’une indemnité chômage équivalente à 100% du salaire jusqu’au retour à l’emploi. De la même manière, les caisses de l’UNEDIC doivent être gérées uniquement par les représentants ouvriers, dehors les représentants du patronat !

Mais ces revendications sont transitoires, au-delà de leur satisfaction immédiate, c’est la remise en cause de l’ensemble du système capitaliste qu’il faut viser à travers elles. Seule une autre société, basée sur la socialisation des moyens de production et un partage du temps de travail peut permettre la disparition définitive du chômage.

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