Le blog du groupe Révoltes

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A bas le « pacte de responsabilité » du gouvernement ! Aucune discussion-négociation ! Les directions syndicales doivent boycotter les « assises de la fiscalité » !

A bas le « pacte de responsabilité » du gouvernement

Hollande-Ayrault !

Aucune discussion-négociation ! Les directions syndicales doivent boycotter les « assises de la fiscalité » !

Front unique pour imposer à la majorité de députés du PS et du Front de gauche de rompre avec ce pacte !

 

 Hollande accentue ses attaques contre la classe ouvrière au profit des patrons

Lors de la conférence de presse du 14 janvier, Hollande a chaussé les bottes de Sarkozy en lançant son « pacte de responsabilité ». Il prend ainsi ouvertement la défense de la bourgeoisie française qui ne cesse de réclamer une baisse du coût du travail, non plus seulement pour restaurer ses profits, mais aussi afin d’éviter les faillites qui menacent (comme Peugeot, Mory-Ducros et tant d’autres). Car il y a urgence pour le patronat, acculé par la concurrence de ses rivaux européens, qui eux ont déjà porté des coups sévères aux salaires et aux acquis de leurs travailleurs.

En plus des 20 milliards de crédit d’impôt déjà octroyés au patronat à travers le CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi), il annonce la suppression des cotisations patronales pour le financement de la branche familiale de la Sécurité sociale, ce qui représente 35 milliards d’euro au total. Non seulement le gouvernement organise ainsi le pillage des caisses de la Sécurité Sociale au profit du patronat, mais il ouvre la voie à la diminution des prestations familiales (allocations, aides aux logements, ….) versées aux jeunes et aux travailleurs.

Aujourd’hui les cotisations patronales financent majoritairement le budget de la branche famille de la Sécu qui est intégralement redistribué sous forme de prestations ; demain les impôts qui remplaceront ces cotisations pourront être affectés à toute autre dépense de l’État (remboursement de la dette aux capitalistes…), selon les besoins. Ainsi toute cette partie du salaire (dite salaire « différé »), soit 5% qui est menacée par ce hold-up.

Car Hollande entend « compenser » ce cadeau au patronat par 50 milliards d’euros (sur 3 ans) de coupes budgétaires dans les dépenses de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité Sociale. Et ces coupes se mènent au niveau de l’Union Européenne, dans le cadre du TSCG (Traité de Stabilité, de Coordination et de Gouvernance, négocié par Sarkozy et ratifié par Hollande en 2012), dictant la rigueur contre tous les travailleurs européens : il imposera ainsi des coupes automatiques dans les budgets en cas de déficit…

 

A bas le « pacte de responsabilité » ! Rupture du dialogue social ! Il faut imposer aux directions syndicales qu’elles boycottent les « assises de la fiscalité » !

 Le 27, je reçois à Matignon avec les ministres concernés chaque organisation patronale et syndicale… Ensuite j'installerai les Assises de la fiscalité des entreprises (…) Les syndicats doivent jouer pleinement leur rôle… Les dirigeants syndicaux me demandent tous que le dialogue soit durable ». (Ayrault, France Inter, 16/01/2014).

Les dirigeants syndicaux ont accepté de se rendre à l’invitation et s’affirment prêts à participer aux «Assises de la fiscalité des entreprises». Le gouvernement demande ainsi aux confédérations de cautionner le «pacte de responsabilité». Il espère ainsi interdire tout surgissement d’une mobilisation contre sa politique. Dans un communiqué commun, CGT, CFDT, FSU et UNSA ne demandent pas le maintien des cotisations patronales, mais seulement « la généralisation de la conditionnalité des aides et exonérations fiscales aux entreprises » et précisent : « Les organisations signataires porteront ces revendications et objectifs communs lors des discussions qui se dérouleront dans le cadre du pacte de responsabilité. » Ainsi toutes acceptent de s’inscrire dans le cadre de ce pacte, ce qui revient à accepter le cadeau de 35 milliards au patronat !

 

Qui peut croire que le patronat acceptera de lâcher des compensations et que ce gouvernement pourrait lui imposer la moindre obligation ? Pour empêcher les suppressions d’emploi et éradiquer le chômage il faut une loi interdisant tous les licenciements !

La concertation avec le gouvernement et le patronat mène à la mise en cause des acquis ouvriers, preuves en sont l’allongement du départ à la retraite voté fin 2013, l’accord ANI organisant la précarité, ou très récemment l’accord sur la diminution du financement patronal de la formation professionnelle.

 

La responsabilité immédiate des confédérations et fédérations syndicales (CGT, FO, FSU) est de dénoncer haut et fort le « pacte de responsabilités » et de refuser toute discussion-concertation sur ce pacte, ce qui implique de boycotter immédiatement les « assises de la fiscalité ».

Front unique pour imposer à la majorité PS-FdG la défense des revendications ouvrières : A bas le « pacte de responsabilité », interdiction de tous les licenciements, défense inconditionnelle du salaire différé, à bas les coupes budgétaires, annulation de la dette!

 

Avec le développement de la crise de l’économie capitaliste, la bourgeoisie française est acculée face à la concurrence de ses rivaux – notamment européens - dans nombre de secteurs (automobile, agro-alimentaire, transport …). Pour pouvoir réinvestir, la bourgeoisie française doit dégager des profits qui ne peuvent être pris qu’en baissant la valeur de la force de travail. La bourgeoisie française cherche à imposer aux travailleurs en France ce qui a été imposé aux travailleurs en Allemagne par Schröder (réduction des droits au chômage, obligation d’accepter contrats précaires et sous-payés), aux travailleurs espagnols (qui doivent d’abord travailler gratuitement pour obtenir un emploi), aux travailleurs anglais (les contrats « zéro heure » sans garantie d’emploi et de salaire), aux fonctionnaires de tous les pays qui ont subi des baisses massives de salaire. Mais la classe ouvrière en France ne veut pas subir les mêmes attaques !

 

Le vote de 2012 signifiait que les travailleurs en France n’entendaient pas laisser Sarkozy et l’UMP poursuivre leur politique de concassage des acquis ouvriers sur ce « modèle » européen. La majorité de députés du PS et du Front de gauche à l’Assemblée Nationale n’a pas été élue pour que soit mise en œuvre une politique pro-patronale. Or, aujourd’hui, les travailleurs constatent jour après jour que le gouvernement est au service de la bourgeoisie française en crise. Pourtant, cette majorité PS - Front de Gauche a le pouvoir de défendre les acquis ouvriers et d’adopter des lois qui protègent les travailleurs.

Ainsi la responsabilité des organisations syndicales n’est pas de soutenir le « Pacte de responsabilité » qui répond aux exigences patronales en demandant des contreparties, mais d’organiser le combat central, notamment par une manifestation centrale à l’Assemblée Nationale pour imposer à cette majorité PS -Front de Gauche la satisfaction des revendications ouvrières, et en premier lieu :

 

-         Le rejet du « pacte de responsabilité »

-         L’interdiction de tous les licenciements !

-         L’expropriation sans indemnités ni rachats des entreprises qui font faillite !

-         Pour en finir avec la rigueur budgétaire : l’annulation de la dette !

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