Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
25 Août 2010
Les Roms de l’Est : des travailleurs confrontés au ravage du capitalisme
Arrêt des expulsions ! Front unique ouvrier pour le droit des Roms à un emploi, à un logement, à la scolarité et aux soins gratuits
Les Roms désignent une population d’origine indienne, qui est venue s’installer au Moyen-âge en Europe, particulièrement en Europe de l’Est. Ces « tsiganes » (ce qui signifie esclaves) ont été employés comme esclaves au Moyen-âge puis comme travailleurs essentiellement agricoles. Ils ont été persécutés sous les régimes fascistes et nazis, car considérés comme une race inférieure ou population déficiente intellectuellement. Plus globalement, en tant de crise, les gouvernements bourgeois montent les travailleurs et les peuples les uns contre les autres pour diviser la classe ouvrière, sur fond de nationalisme et de xénophobie. Les Roms ont été stigmatisés à cause de leurs origines et de leur mode de vie, pas forcément compatibles avec les lois bourgeoises, notamment avec la propriété privée. Leur recherche de travail les amène à s’installer sur des terrains vagues dont ils sont régulièrement expulsés n’ayant pas de titre de propriété.
Installés principalement dans les pays de l’Est de l’Europe (en Roumanie, en Bulgarie, en Hongrie notamment), ils sillonnent depuis la réintroduction du capitalisme à l’Est, les routes d’Europe, à la quête de travail et de conditions de vie meilleures.
Des travailleurs devenus migrants depuis la réintroduction du capitalisme à l’Est de l’Europe
En Roumanie par exemple, ils étaient occupés comme travailleurs agricoles dans les fermes d’’État. Le dictateur stalinien Ceausescu a encouragé leur natalité pour disposer d’une importante force de travail. Mais avec la réintroduction du capitalisme dans les États satellites de l’URSS, les fermes d’État, formes de propriété collective, ont été démantelées et les Roms se sont retrouvés sans travail tout en étant toujours considérés comme une population à part et victimes d’ostracisme.
Le but principal des Roms dans leur recherche d’installation dans les pays occidentaux est le travail et de meilleures conditions de vie. Bien souvent ils quittent leur village, leurs maisons qui ne bénéficient pas du confort minimum (eau, électricité, assainissement) car il n’y a pas de travail. Ou quand ils se font embaucher par des patrons étrangers, il arrive qu’ils ne se fassent pas payer. Quoiqu’il en soit, leurs maigres revenus dans leur pays d’origine ne leur permettent pas d’y subsister car depuis la réintroduction du capitalisme en URSS, les prix avoisinent ceux de la France. De plus, dans leur pays d’origine, comme la Roumanie, ils sont marginalisés, voire ghettoïsés ; leurs enfants ne peuvent pas être scolarisés car ce sont des Roms, donc des parias. Ils entrevoient donc quelques possibilités dans les pays occidentaux (travail, école pour les enfants, droit à la santé, logement).
C’est ce qui les pousse depuis une vingtaine d’années et encore plus depuis les années 2000, à s’installer dans les pays de l’Ouest de l’Europe, quitte à vivre dans un premier temps dans des baraques de fortune, dans des bidonvilles, d’où ils se font régulièrement expulser pour occupation illégale de propriété privée.
Il ne faut pas les confondre avec les « gens du voyage », installés en France depuis longtemps, qui sont pour certains semi-sédentaires et pour d’autres plus ou moins nomades.
Les Roms sont confrontés aux expulsions permanentes et aux rapatriements dans leur pays même s’ils sont membres de l’Union européenne, ce qui leur permet de revenir en théorie librement dans les pays occidentaux mais pour une durée de trois mois. Au-delà il faut justifier d’un travail et de ressources suffisantes ainsi que d’une couverture maladie. C’est un cercle vicieux. C’est seulement au bout de cinq ans que le résident est réputé « permanent ». C’est ce qu’escomptent certains Roms pour obtenir un travail. Car ils viennent en France pour travailler. Leur situation permet au patronat, notamment dans le BTP de les employer irrégulièrement comme les travailleurs sans papier non européens pour mieux les exploiter et faire ainsi jouer la concurrence avec les autres travailleurs.
Certains Roms considèrent que sous le régime dit communiste, ils avaient du travail mais que depuis la réintroduction du capitalisme, les prix ont augmenté et les salaires sont faibles quand il y a du travail.
A bas le capitalisme, pour l’appropriation collective des moyens de production !
Toute la question est donc là : ce qui était à l’ordre du jour à l’aube des années 90, c’était d’en finir avec la bureaucratie stalinienne mais de conserver la forme de propriété étatique de la terre et des moyens de production, et d’en démocratiser la gestion, par la mise en place de véritables conseils ouvriers et paysans. Il s’agissait en fait de démocratiser ce système tout en gardant les bases de la propriété collective.
Beaucoup de travailleurs des ex-pays de l’Est considèrent aujourd’hui que leurs conditions de travail et de vie, avec le chômage, se sont largement dégradées avec le retour du capitalisme dans ces pays. Et pour certains peuples, comme les Roms, les persécutions politiques et sociales sont toujours présentes. Qui peut dire que cette réintroduction du capitalisme à l’Est a été un progrès pour l’humanité ? Les dirigeants qui se sont appropriés les moyens de production ainsi que les entreprises capitalistes occidentales pour qui l’ouverture de nouveaux marchés et les bas salaires ont été une aubaine pour s’enrichir.
Front unique pour l’arrêt immédiat des expulsions de terrains et de France
Aujourd’hui, en France notamment, le gouvernement Sarkozy, avec ses ministres et sa majorité UMP réactionnaires, déploient une politique particulièrement agressive à l’encontre des Roms en les expulsant des camps de fortune et en les rapatriant dans leur pays d’origine, les condamnant ainsi à une misère encore plus grande. Cette politique répressive offre deux avantages pour la bourgeoisie en difficulté : dresser les travailleurs les uns contre les autres et tenter de faire oublier la crise économique et les « affaires ».
Le silence du mouvement ouvrier sur cette question est assourdissant.
La responsabilité du mouvement ouvrier français, partis (PS-PC-PG-NPA-LO-POI) et syndicats (CGT-FSU-FO-SUD) est de dénoncer les expulsions ordonnées par les tribunaux, d’exiger l’arrêt immédiat des reconduites dans les pays d’origine, d’exiger des logements pour tous les Roms, l’inscription de tous les enfants à l’école, le droit d’accès aux soins et un CDI payé au minimum au SMIC.
Leur responsabilité est d’œuvrer à la solidarité ouvrière. Ceci est incompatible avec le maintien du gouvernement Sarkozy au pouvoir. Elles doivent réaliser l’unité pour combattre la politique de Sarkozy, en vue de le chasser sans attendre 2012.