Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

La crise financière n’est que l’expression de la crise générale du système capitaliste Annulation des dettes d’États ! Pour l’expropriation du capital !

La crise financière n’est que l’expression de la crise générale du système capitaliste

Annulation des dettes d’États !

Pour l’expropriation du capital !

L’origine de la crise : le capitalisme

Les crises périodiques sont inévitables dans le cadre du système capitaliste ; au 19ème siècle, la concurrence permettait de les réguler ; au stade de l’impérialisme, ce sont les États bourgeois qui tentent de créer des débouchés artificiels, maintenant l’économie à bout de bras.

Depuis fin 2006, des signes avant-coureurs faisaient craindre un nouvel éclatement de la crise mondiale : sur la base d’une politique de taux d’intérêts bas conduite depuis la crise limitée de 2001, l’endettement des économies est devenu colossal ; cet endettement s’est adossé sur des produits financiers spéculatifs, dont la bulle a éclaté en août 2008.

Au point de départ, il s’agit d’une crise classique en régime capitaliste : les pays développés et en développement ont trop exporté et ont trop importé pour trouver des débouchés ; le marché ne peut plus absorber. Les capitaux se reportent donc sur des produits à rentabilité plus facile et immédiate. La spéculation immobilière joue ce rôle.

Mais cette spéculation financière ne crée aucune valeur (cf encadré) ; elle ponctionne la plus-value produite à l’autre bout de la chaîne, dans les secteurs où le travail des ouvriers donne de la valeur aux marchandises. Aujourd’hui, c’est en Chine que sue le plus de plus-value, que les capitalistes de monde entier extorquent une plus-value considérable aux travailleurs chinois. Dans les pays impérialistes, la rentabilité des industries étant moins rapide, les capitalistes investissent moins. La politique des taux d’intérêt bas encourage par contre une politique d’endettement poussant à une consommation effrénée (voitures, immobilier, biens informatiques …) permettant d’écouler les produits importés. Mais la consommation a ses limites : trop de biens sont produits en rapport des capacités d’achat des travailleurs, même endettés.

Au stade de l’impérialisme, les crises classiques ne peuvent plus réguler le système : au 19ème siècle la concurrence éliminait le surplus ; aujourd’hui ce sont les monopoles qui régissent le marché. Il ne reste plus de marge de manœuvre. La crise des subprimes a par exemple permis une reconcentration du secteur bancaire avec la liquidation de Lehman Brothers. Mais il ne reste que quelques grands groupes dans les secteurs clés, quand il n’en reste pas que deux (aéronautique) ou même un seul (informatique).

Ni les capitalistes prêteurs d’argent ni même les rentiers, ne créent de valeur. Marx disait : « A mesure que la richesse augmente le nombre des capitalistes d'argent s'accroit : d'une part, le nombre et la fortune des rentiers deviennent plus considérables, d'autre part les banquiers, les prêteurs d'argent, les financiers de toute nature deviennent plus nombreux, par suite du développement du crédit. En même temps on voit se multiplier les valeurs produisant de l'intérêt, les fonds publics, les actions, etc., ainsi que les appels au capital disponible, aux agioteurs dont les spéculations alimentent une bonne partie des opérations du marché financier. ».

« Le profit n'est pas empoché tout entier par l'employeur capitaliste ; il peut être approprié par le capitaliste industriel, par le rentier, par le capitaliste prêteur d’argent. Le rentier, propriétaire foncier est en mesure de s’approprier une partie de la plus-value sous nom de rente. Le capitaliste prêteur d’argent peut réclamer au titre d’intérêt une partie de la plus-value. Le possesseur des moyens de travail empoche le profit industriel ou commercial. Le profit, c’est-à-dire la plus-value qui est la partie de la valeur totale des marchandises dans laquelle est incorporé le surtravail, le travail impayé de l'ouvrier peut se répartir sous forme de rente, de taux d'intérêt et profit industriel. »

Le rôle des États

C’est pourquoi, les États jouent un rôle dans l’économie en créant artificiellement des débouchés via l’économie d’armement par exemple (sur 12.5 milliards de budget d’investissement de l’État français en 2009, 10 étaient consacrés à la défense) mais aussi dans le secteur de l’immobilier par l’intermédiaire de produits défiscalisés (Scellier) qui permettent la spéculation foncière. C’est le cas aussi par le biais des primes à la casse dans l’automobile.

Quand la bulle a éclaté en 2008, les États impérialistes, en premier lieu les États-Unis (cf plan Paulson) et les États de l’Union européenne ont racheté directement ou ont donné des garanties pour le rachat des produits spéculatifs dit pourris (les hedge founds) au prix de centaines voire de milliers de milliards de dollars ou d’euros. Aujourd’hui, c’est l’heure de la facture, non pas pour les capitalistes, pour les banquiers mais pour les travailleurs de ces pays.

La bourgeoisie doit faire supporter les conséquences de la crise aux travailleurs

Ce sont donc les travailleurs qui paieront et qui ont commencé à payer : chômage, déqualification et baisse du pouvoir d’achat pour les uns (salariés du privé) ; suppressions massives de postes, accroissement de la charge de travail et baisse du pouvoir d’achat pour les autres (salariés du public). Le capital exige que le budget des États serve de moins en moins au paiement des salaires et pensions des fonctionnaires ou aux revenus dits sociaux mais qu’il soit dirigé en soutien à cette économie de cavalerie. Ainsi,

  • l’État espagnol a décidé de baisser de 5% les salaires fonctionnaires, de geler les retraites, de réduire le nombre de fonctionnaires (non remplacement d’1 sur 10) pour 2011 … ;
  • au Portugal, le gouvernement a prévu le gel des salaires de la fonction publique jusqu’en 2013 ainsi que le non remplacement d’un fonctionnaire sur 2, pour supprimer 73 000 postes sur 4 ans ;
  • en Grèce, le nouveau plan d’austérité prévoit la suppression des 13 et 14ème mois de salaires des fonctionnaires ainsi que la baisse 12% de leurs primes après une baisse de 8% ;
  • en Irlande, le salaire des employés de l’administration a baissé de 5 à 15% en 2009, et baissera de nouveau de 5% en 2010 ; leurs primes seront supprimées. Le gouvernement a décidé le gel des embauches et le non remplacement des départs à la retraite ;
  • en Hongrie, le gel des salaires de la fonction publique a été décidé pour 2 ans ainsi que la suppression du 13ème mois des fonctionnaires et des retraités ;
  • en Roumanie, le gouvernement a baissé les salaires des fonctionnaires de 25% et a procédé au licenciement de 10% des 1.4 millions d’entre eux ; il a également entrepris la baisse de 15% du montant des retraites ;
  • en Lettonie : les salaires du secteur public ont baissé de 20% et les retraites de 10% depuis 2009 ;
  • en France, le gouvernement a annoncé la réduction de 10% des dépenses d’intervention de l’État sur 3 ans pour réaliser 6 milliards d’économie ; il poursuit le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux y compris dans les entreprises publiques (Météo France, CNRS, Pôle emploi …) ; ce plan de rigueur va se traduire par la refonte des dispositifs dits de « guichet » (allocation adulte handicapé, RSA, APL … ainsi que les subventions (culturelles, aux transports, etc.) ;
  • en Allemagne, le Parlement a voté un plan de rigueur de 86 milliards d’€ d’économie d’ici 2014, dont 11 pour 2011 ; certaines allocations versées aux chômeurs de longue durée seront supprimées de même que les bénéficiaires de l'aide au logement qui n'auront plus droit à une allocation supplémentaire pour le chauffage. En outre, d'ici à 2014, entre 10.000 et 15.000 emplois disparaîtront dans la fonction publique.

Dans le même temps, le 9 mai, les États de l’UE ont décidé de mettre en place un dispositif de soutien aux États en difficulté de 750 milliards d’€ cofinancé par l’UE (BCE) et le FMI du fait de l’inquiétude du capitalisme financier concernant les difficultés de certains États (Grèce, Espagne, Portugal …) d’honorer leurs dettes, voire de se trouver en défaut de paiement. Le plan permettrait de financer 4 pays qui ne pourraient plus emprunter sur les marchés pendant 4 ans et de prendre des mesures de soutien aux banques avec des facilités offertes par la BCE pour emprunter des liquidités à bas coût par des opérations de refinancement à 6 mois et à 3 mois au taux fixe de 1%, autant dire gratuitement compte tenu de la l’inflation. Mais ce plan continue à produire du papier monnaie dans la mesure où la BCE pourra racheter des titres de dettes publiques ou privées, des actifs pourris. La BCE opèrera comme garantie auprès des banques pour trouver des acheteurs de leurs dettes.

Mais tous les États de l’UE doivent financer ce système ce qui signifie que les États ayant déjà des problèmes d’endettement vont encore s’endetter pour participer à ce dispositif.

Les travailleurs refusent de payer la crise

Les plans d’austérité suscitent la colère des travailleurs : alors que les États sauvent les profits des banques, il faudrait que les travailleurs, les fonctionnaires payent la facture ! Leur capacité de mobilisation n’est pas à démontrer ; le problème est de savoir sur quels mots d’ordre et plus largement sur quelles perspectives sont convoquées les mobilisations à l’appel des centrales syndicales et quelle forme ces mobilisations prennent-elles (centralisation, grève générale).

Ainsi, en Grèce, les travailleurs ont répondu depuis le début de l’année à plusieurs journées d’action dans le public comme dans le privé, dont des grèves générales de 24 heures.

Les travailleurs grecs sont organisés au sein de deux confédérations syndicales, celle du privé (GSEE qui compte plus de 700 000 adhérents) et du public (ADEDY qui en compte plus de 300 000). Ces centrales sont dominées par la PASKE, tendance proche du parti socialiste grec. C’est ce qui explique qu’elles aient refusé d’appeler le 17 décembre à la traditionnelle journée de grève contre le vote du nouveau budget à l’assemblée nationale et condamné les décisions de mobilisation prises contre les nouvelles coupes budgétaires par plusieurs sections locales dans les secteurs des hôpitaux, de l’enseignement, des contractuels du public…

Juste avant la journée du 17 décembre, la direction de la GSEE avait même rappelé qu’elle « n’appelait pas à la grève » et qu’en l’absence d’un préavis toute grève était illégale. Se gardant bien d’appeler à combattre le plan d’austérité, elle relaye parmi les travailleurs du privé la propagande gouvernementale, selon laquelle les « sacrifices » sont inévitables. Cette confédération a refusé d’appeler les travailleurs du privé à rejoindre la grève du secteur public du 10 février et n’a pas condamné le plan d’austérité dans son intégralité. Malgré l’annonce, début mars, d’un nouveau train de mesures frappant aussi bien les salariés du privé que ceux du public, la direction de la GSEE a continué à souligner l’importance du dialogue social, réitéré sa demande au PASOK de ne pas prendre de mesures supplémentaires et appelé à une « répartition équitable » des sacrifices. Rien d’étonnant quand on sait que le président de la GSEE et membre du parti au pouvoir, Panagopoulos, avait déclaré mi-décembre qu’il comptait soutenir les mesures « justes » du gouvernement. Le même Panagopoulos, implore le patronat d’« améliorer le revenu des travailleurs » et d’« investir dans la production » afin de réduire le nombre de chômeurs.

Quant à la direction de l’ADEDY, la confédération du public étroitement liée elle aussi aux socialistes qui gouvernent, elle serine le même leitmotiv d’un partage des sacrifices, sur le thème : « les travailleurs ne doivent pas être les seuls à subir les conséquences de la crise ». Mais, après la réussite de la mobilisation du 17 décembre et la colère suscitée par l’annonce, début février, du plan d’austérité, elle a fini par appeler à une journée de grève le 10 février. Depuis, la mobilisation contre le plan d’austérité s’est accélérée avec quatre nouvelles journées de grève. Toutefois, les directions syndicales se contentent d’appeler aux grèves sans mobiliser afin d’assurer leur réussite.

Le 10 février, 70 % des fonctionnaires, selon l’ADEDY, étaient en grève.

Le 24 février, le pays était complètement paralysé par une grève générale de 24 heures appelée par les deux confédérations.

Le 5 mars, des dizaines de milliers de travailleurs profitaient d’un débrayage de trois heures pour manifester contre les nouvelles mesures d’austérité.

Le 11 mars, une nouvelle journée de grève, public-privé, paralysait quasi totalement l’économie du pays. Le 16 mars, à l’appel de l’ADEDY, une nouvelle manifestation parcourait les rues d’Athènes.

Le 5 mai, la manifestation a pris des allures de révolte contre les banques. Mais la division continuait, le KKE manifestant à part.

Il existe en Grèce un parti communiste (le KKE qui réalise 7,54 % des suffrages) qui affiche un certain radicalisme (ne pas « se soumettre aux ordres du capital », « prendre l’argent aux riches »)… sans pour autant remettre en cause le capitalisme. Au contraire il entretient la confusion en prônant un développement économique autonome du reste de l’UE. Sur le terrain des luttes, il joue la carte de la division refusant toute alliance avec les centrales syndicales et le PASOK.

Quant à la coalition de la Gauche Radicale (SYRIZA, 4,6 % des suffrages), elle ne remet nullement en cause la dette de l’État que les travailleurs doivent payer et reste cantonnée aux journées d’action des centrales syndicales.

En Espagne, des dizaines de milliers de travailleurs espagnols ont manifesté au mois de février contre la réforme des retraites du gouvernement qui vise à repousser l'âge de la retraite de 65 à 67 ans. C'était la première fois depuis l’élection de Zapatero, en 2004, que les leaders syndicaux ont été obligés de mobiliser contre une mesure de l'exécutif socialiste. Les syndicats ont explicitement écarté l'idée d'une grève générale. À deux jours de la présentation des détails de la réforme par le ministre du Travail, ils se situaient dans le cadre du dialogue social. À Madrid, il y a eu 60 000 manifestants.

Plus de trois Espagnols sur quatre s'opposent au projet du gouvernement de repousser l'âge du départ à la retraite de 65 à 67 ans.

De nouveau, des milliers de travailleurs ont manifesté dimanche 16 mai à Madrid contre le « capitalisme » et les mesures d'austérité annoncées par le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, à la veille de l'ouverture d'un sommet UE-Amérique latine.

Au Portugal, une mobilisation sans précédent a eu lieu en mai contre le plan du gouvernement portugais, qui prévoit de baisser les aides sociales et d'augmenter les impôts, Une grève générale serait à l’ordre du jour.

Près de 300.000 personnes ont en effet manifesté samedi 29 mai, à Lisbonne, contre les mesures d'austérité du gouvernement socialiste, selon la principale confédération syndicale portugaise (CGTP) qui avait appelé à une journée d'action.

Selon la CGTP, il s'agit d'une affluence record pour ces dernières années, dépassant les 200.000 personnes qui avaient manifesté à Lisbonne le 13 mars 2009 afin de réclamer de meilleures conditions de travail.

Samedi, les manifestants, venus de tout le pays, ont exprimé leur opposition à la cure de rigueur du gouvernement socialiste qui a prévu, entre autres, la baisse des aides sociales et une hausse généralisée des impôts, pour assainir les finances publiques du pays.

"Nous disons non à ces mesures au nom de l'intérêt des travailleurs et nous souhaitons que certaines d'entre elles soient retirées", a déclaré le secrétaire général de la CGTP Manuel Carvalho da Silva, ajoutant que l'organisation syndicale n'excluait aucune "forme de lutte" dans les prochains jours. La CGTP a déjà évoqué l'hypothèse d'une grève générale.

Le gouvernement quant à lui appelle au "dialogue" et à une "concertation sociale".

Au contraire, dans ces pays où les partis ouvriers bourgeois gouvernent, l’exigence est d’imposer à ces gouvernements le retrait des plans d’austérité et plus largement qu’ils s’engagent à ne pas rembourser la dette publique. Mais il faudrait une solidarité autour de ce mot d’ordre à l’échelle de toute l’Europe : c’est de la responsabilité de toutes les organisations d’origine ouvrière d’avancer au minimum le mot d’ordre d’annulation des dettes d’État, qui étranglent les travailleurs. De telles annonces et de tels actes permettraient de dresser la classe ouvrière contre le capital, en vue de son expropriation. Cette perspective amènerait à la constitution de véritables gouvernements ouvriers capables d’exproprier les grands trusts et les banques, sans indemnité, ni rachat.

La crise divise les bourgeoisies, les partis bourgeois

La crise économique ravive les tensions entre les bourgeoisies et au sein-même des bourgeoisies. Elles expriment en général les divergences d’intérêt sur les solutions à la crise.

Ainsi, l’adoption du plan dit de « sauvetage » de la Grèce s’est fait aux forceps tant les bourgeoisies allemandes et françaises étaient divisées : la bourgeoisie allemande ne voulait pas ouvrir la boîte de pandore des sauvetages et se trouver en position de principal contributeur alors même que ce sont essentiellement les banques françaises qui détiennent la dette grecque. Mais pouvait-elle se permettre de laisser perdurer la dégringolade de l’Euro au risque de son éclatement ? Le choix a été fait, face à la menace de propagation du risque de faillite d’États de l’UE, de garantir les prêts à l’État grec – à des taux juteux pour les capitalistes prêteurs – et plus largement de faire racheter par la BCE des actifs pourris de banques.

Au sein des bourgeoisies nationales, des tensions vives se sont exprimées sur cette question. Les libéraux allemands ont pesé de tout leur poids pour éviter des hausses d’impôts. En France, l’union nationale a été plutôt de mise, se traduisant par l’adoption du plan dit de sauvetage y compris par le PS.

Cette crise des bourgeoisies nationales s’est manifestée sur le plan électoral (voir article sur les élections régionales en Allemagne et Italie).

De nouvelles guerres à l’ordre du jour …

Lénine qualifiait le stade de l’impérialisme comme celui des guerres et des révolutions. En effet, ce stade de l’histoire est marqué par une concentration du capital au sein de monopoles constitués, par le partage entre ces monopoles et entre les États impérialistes, du reste du monde. Ce partage nécessite conquête et repartage du monde en fonction du rapport de forces, soit direct soit indirect via les pays dominés économiquement et politiquement.

L’impérialisme américain demeure l’impérialisme dominant mais il est considérablement affaibli par rapport aux périodes précédentes, notamment au sortir de la 2ème guerre mondiale. Ses interventions militaires se bornent à maintenir ses positions, ou celles de ses alliés comme l’État colonial d’Israël. Ce fut le cas en Irak pour prendre le contrôle de l’État irakien déliquescent, ou en Afghanistan. Il est intervenu dans ces États qui étaient plus ou moins soutenus ou contrôlés par l’ex État soviétique stalinien. Ces interventions militaires musclées n’arrivent pas à écraser complètement les populations et prennent souvent la forme de coalitions associant d’autres impérialismes (anglais, français et même allemand).

Il apparaît vital pour l’impérialisme américain de dominer la situation au Moyen-Orient, d’une part vis-à-vis de son allié, l’État d’Israël et d’autres part pour occuper une région stratégique aussi bien économiquement que comme porte d’entrée de l’Asie.

Aujourd’hui, il est clair que l’impérialisme américain, et ses alliés, entendent intervenir en Iran. Cela fait 30 ans que son émissaire dans le pays, le chah d’Iran, a été balayé par une révolution d’origine ouvrière confisquée par la réaction islamique, du fait du refus de la prise du pouvoir par le parti communiste iranien. L’ONU a de nouveau pris des sanctions contre l’État iranien sous prétexte d’arme nucléaire. Il s’agit en fait de préparer une intervention militaire qui aurait un double objectif : rétablir le contrôle de la région et éviter de nouvelles mobilisations des masses iraniennes, dans une situation où l’État d’Israël et sa politique coloniale est source de vives tensions qui peuvent se répercuter à l’échelle de tout le Moyen et Proche Orient jusqu’au pays du Maghreb.

Des mobilisations ouvrières et des révoltes populaires en perspective

Les travailleurs refusent de payer la crise. Les mobilisations contre les plans d’austérité, en Grèce, en Espagne, au Portugal ne comptent peut-être pas toute la population laborieuse mais sont significatives de la volonté d’engager le combat contre ces plans.

En Chine, une grève a démarré le 26/05 chez Honda pour l’augmentation des salaires. Après la vague de suicides de travailleurs chez Foxconn, sous-traitant d’Appel, la direction a concédé une augmentation de 20% des salaires pour au moins 200 000 ouvriers (sur 800 000). La Chine a connu une recrudescence des conflits sociaux lors de la promulgation d’une nouvelle loi sur les contrats de travail. Plus généralement, on constat une exacerbation des tensions depuis la crise financière de 2009 dans un contexte d’inflation permise par des taux d’intérêt bas, des plans de relance et de grands travaux.

La révolte populaire qui s’est développée au printemps 2010 en Thaïlande témoigne des tensions qui s’exacerbent entre les classes (une bourgeoisie compradore au pouvoir et des masses paysannes et ouvrières surexploitées, miséreuses). La population emmenée à l’origine par les chemises rouges, s’est sont attaquée aux institutions, au pouvoir, montrant que les masses n’ont pas d’autres solutions que de prendre le pouvoir pour pouvoir avancer une programme révolutionnaire.

Il faut noter également que pour la première fois aux États-Unis, une mobilisation s’est développée dans un cadre unitaire dans l’Éducation. La crise économique a en effet des répercussions sur les budgets des États fédérés qui se sont attaqués aux budgets de l’Éducation, dont les dépenses occupent généralement la majeure partie du budget de chaque État. Or ceux-ci voient leurs recettes fiscales chuter, qu’il s’agisse des impôts fonciers, du fait des millions d’expulsions, ou des impôts sur le revenu et autres taxes sur la valeur ajoutée, qui diminuent à mesure que le chômage augmente. Les États expliquent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de faire des coupes dans les dépenses, et c’est l’Éducation la première visée. La Californie, qui détient le record du nombre d’expulsions et du taux de chômage, est l’État qui a opéré les coupes les plus sévères dans les budgets. Depuis 2007, le budget total de l’Éducation a été amputé de 50 %. Actuellement, des centaines d’écoles sont menacées de fermeture à travers l’État, et des dizaines de milliers de profs sur le point d’être renvoyés. Quand une école est fermée, les élèves doivent se scolariser dans une autre école de leur district, ce qui aggrave encore le problème des classes surchargées. Le 4 mars dernier, il y avait plus de 12 000 manifestants à San Francisco.

Habituellement, ce secteur souffre de l’isolement des différents niveaux éducatifs les uns par rapport aux autres, et même entre les écoles ou les districts (une des divisions administratives du système américain). Les combats unitaires ont toujours été très difficile à organiser mais, cette année, du fait de la violence des attaques, combinée aux autres attaques sur le plan économique, un profond sentiment de révolte a surgi et a favorisé un sentiment d’unité dans la population face à la casse de l’Éducation derrière le mot d’ordre « No cuts to Education » (« Pas de coupes budgétaires dans l’Éducation »). C’est dans ce contexte que des membres du regroupement « Against Cuts » (« Contre les coupes budgétaires »), à travers leurs syndicats, ont pu établir le contact avec les représentants d’autres syndicats de l’Éducation. Ce qui a abouti à une petite coalition de syndicats – celui des profs et autres personnels des écoles publiques, mais aussi différents syndicats des Community College et du système universitaire supérieur, qui a permis d’organiser la manifestation du 4 mars.

A bas les plans d’austérité, annulation de la dette

La crise financière de 2008 n’est que la conséquence d’une énième crise de surproduction qui s’est exprimée en 2007. L’épicentre a eu lieu comme d’habitude aux USA qui ne l’ont surmonté qu’en accroissant encore plus l’énorme déficit abyssal de l’État (cf plan Paulson et autre). Aujourd’hui, fin 2009-début 2010 c’est au tour de l’UE. Ce qui est à l’ordre du jour pour les masses, c’est le chômage, la baisse du pouvoir d’achat, la flexibilité, la mise en cause des conventions collectives et les statuts de la fonction publique, la misère, la remise en cause des acquis ouvriers, qui sont autant de freins au maintien du taux de profit des capitalistes. Mais cela ne suffira pas : ce qui est à l’ordre du jour, ce sont les guerres ou même une nouvelle guerre mondiale.

Il ne reste aux travailleurs qu’une seule voie : combattre tous les plans d’austérité ou de rigueur et imposer l’annulation de la dette des États (pas un sou aux banques pour le remboursement des intérêts). Ce combat nécessite que les travailleurs soient organisés dans les syndicats et partis ouvriers et qu’ils s’organisent eux-mêmes, qu’ils imposent ces revendications aux dirigeants ouvriers. Ces revendications posent inéluctablement la question du pouvoir ; il faudra combattre pour la constitution de gouvernements ouvriers à même de réorganiser la production en fonction de la satisfaction des besoins sociaux et non du profit. Ceci implique dans un premier temps l’expropriation des principaux moyens de production (énergie, transport, BTP, métallurgie, chimie, sidérurgie, automobile, agroalimentaire, pharmacie et laboratoires, électronique et informatique, communication) ainsi que des banques.

Les appareils du mouvement ouvrier ne profitent pas de cette situation de crise pour accentuer les contradictions, pour engager le combat contre la bourgeoisie ; au contraire ils se disposent au pire en soutien des politiques de rigueur, au mieux en opposition non conflictuelle comme si le consensus, l’union nationale était de mise en période de crise alors que les masses rejettent les plans d’austérité et refusent de payer la crise.

Il faut que se réalise le Front Unique ouvrier pour imposer les véritables revendications :

A bas les plans d’austérité ; annulation de la dette, aucun remboursement, pas un sou aux banques ; expropriation des banques sans indemnité ni rachat.

« Aujourd'hui le trop plein de monnaie ou de signes monétaires est condamné à poursuivre sa course et à s'enfler constamment sous peine qu'apparaisse la réalité que la grande masse est composée de valeurs fictives, que se produit un effondrement de la monnaie et du système de crédit, et que se disloquent les rapports économiques. » disait Stéphane Just à propos de la crise de 1971. Ses propos restent vrais aujourd’hui : le système financier ne peut pas s’arrêter sous peine d’une dislocation des rapports économiques.

En effet, Marx expliquait dans le Capital « les crises monétaires, indépendantes des crises réelles ou aggravant ces dernières, sont inévitables dès l'instant où le caractère social du travail fait de la marchandise une monnaie, un objet en dehors de la production effective. D'autre part, il est certain que la banque, tant que son crédit n'est pas ébranlé, calme la panique en élargissant sa circulation fiduciaire et l'accentue en la réduisant. L'histoire de l'industrie moderne montre à chaque page que si la production nationale était organisée, la monnaie métallique ne serait nécessaire que pour solder les différences du commerce international. » Or l’économie n’est pas encore socialisée !

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