Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
28 Janvier 2013
A bas le dialogue social !
A bas la cogestion !
La responsabilité des organisations syndicales est de défendre les revendications ouvrières et non pas d’accompagner les mesures d’austérité et les attaques contre les acquis ouvriers !
Lancées le 4 octobre, les négociations sur la « sécurisation de l’emploi » entre responsables syndicaux et patronat, sous la direction du gouvernement Ayrault, ont abouti le vendredi 11 janvier à un accord qui met gravement en question les acquis ouvriers. Cet accord constitue pour le gouvernement un point d’appui pour lancer de nouvelles attaques comme dans l’Éducation nationale avec le projet de loi Peillon, dans la Fonction publique avec le projet de loi Lebranchu et contre les retraites …
Cet accord qui poursuit les « accords de compétitivité » du gouvernement Sarkozy est une nouvelle concession aux revendications du MEDEF, qui permettent au patronat d’augmenter le temps de travail sans augmentation de salaire, développe les « contrats intermittents », facilite la mise en place de nouveaux plans sociaux, limite les recours aux tribunaux pour les salariés licenciés. Quant aux droits soi-disant « rechargeables » pour les chômeurs qui retrouvent un emploi, tout repose sur la capacité de l’assurance chômage, déficitaire, renvoyant ainsi aux prochaines négociations de la convention Unedic.
Le gouvernement Hollande-Ayrault a déjà fait la preuve de sa soumission au patronat en octroyant un chèque-cadeau de 20 milliards de crédits d’impôt budget 2013 !
Peu importe que certaines directions syndicales, comme CGT et FO, n’aient pas signé : elles ont permis, en participant aux négociations, que cet accord contre les acquis des travailleurs, existe. La classe ouvrière n’a pas chassé Sarkozy et l’UMP du pouvoir pour voir appliquer la même politique au service de la bourgeoisie !
Assez de complicité avec le gouvernement Hollande-Ayrault au service du patronat ! Rupture du dialogue social !
Dans le secteur médico-social, les négociations avec les employeurs de ce secteur ont permis la liquidation de la Convention collective nationale 51 qui régit le statut des personnels.
Dans l’Éducation Nationale, les négociations du second semestre 2012 ont abouti au projet de loi Peillon de refondation de l’école qui poursuit les réformes du gouvernement Sarkozy : individualisation des formations et diplômes, enseignants mis sous la coupe des élus locaux, professionnalisation et diminution de l’offre de formation. Ainsi, la réforme des rythmes scolaires, bien loin d’abroger le décret Darcos, poursuit le remplacement du temps d’enseignement par des activités extrascolaires payantes.
Les mesures anti-ouvrières prises par le gouvernement Hollande-Ayrault sont rejetées par les travailleurs, en témoigne la mobilisation des enseignants à Paris contre les rythmes scolaires.
Les salariés sont sur le qui-vive et prêts à réagir. C’est pourquoi le gouvernement compte sur la participation active, ou du moins non conflictuelle, des directions syndicales pour faire passer ses réformes. En 2013, il entend, sur la base des propositions du Conseil d’Orientation des Retraites dans lequel siègent les représentants syndicaux, s’attaquer, une fois de plus, aux retraites.
La mobilisation du 31 janvier impulsée par les fédérations CGT de fonctionnaires et à laquelle appellent également la FSU et Solidaires, a pour objectif avoué de « peser sur les négociations à venir, en particulier sur la réunion du 7 février avec la ministre Lebranchu ». Concernant les salaires, la ministre a déjà prévenu que le budget 2013 ne prévoit aucun crédit permettant d’augmenter le point d’indice. Mais en revendiquant « la reconstruction de la grille indiciaire », les responsables syndicaux prêtent le flanc à de nouvelles attaques statutaires comme la réforme des catégories A de la Fonction publique territoriale (limitation des avancements de carrière). De même, en revendiquant « l’arrêt immédiat de toutes les suppressions d’emplois et des créations où les missions publiques l’exigent » les directions fédérales confortent la politique de redéploiement des postes de fonctionnaires. D’autant que la direction de la CGT approuve contre le recrutement par concours « la titularisation des contractuels en vertu de la loi Sauvadet » du gouvernement Sarkozy, dans la droite ligne de l’accord du 31/03/2011 qu’elle a signée. Enfin, la revendication de « l’abrogation du jour de carence », n’est rien d’autre que la monnaie d’échange éventuelle du gouvernement pour faire passer une attaque contre le statut des fonctionnaires.
Il n’y a rien à négocier ! Il faut exiger des directions des fédérations de fonctionnaires qu’elles refusent de participer à la réunion du 7 février, dont le but avoué de la ministre Lebranchu est de préparer un projet de loi de rapprochement des 3 fonctions publiques, et ce dans le cadre de la « Modernisation de l’action publique », appelée MAP, autre versus de la RGPP chère à l’UMP !
Les travailleurs n’ont pas chassé l’UMP du pouvoir ni porté à l’Assemblée Nationale une majorité de députés PS et Front de gauche pour que soit poursuivie la politique anti-ouvrière de Sarkozy.
La responsabilité des fédérations de fonctionnaires est d’organiser le combat pour imposer aux députés du PS et du Front de gauche, qu’ils refusent : la transposition de l’accord « sécurisation de l’emploi » en loi, qu’ils votent contre le projet de loi Peillon, qu’ils exigent l’arrêt immédiat de la MAP, qu’ils votent une loi interdisant tous les licenciements …
Confrontés aux plans de licenciement, au chômage massif, aux diminutions de postes de fonctionnaires, à la fermeture de services entiers de la Fonction publique, les travailleurs attendent des leurs organisations syndicales qu’elles soient à leurs côtés pour s’opposer à toute cette politique d’austérité, au service du patronat.
Ce dont a besoin la classe ouvrière, c’est d’un gouvernement qui ne défende plus la classe capitaliste mais d’un gouvernement à son service.
Les travailleurs savent que ni le PS ni le FdG ne remettront en cause le système capitaliste qui appauvrit les travailleurs. Il faut opposer aux licenciements et au chômage partiel l’interdiction des licenciements, la réduction massive du temps de travail et répartir le travail entre tous les travailleurs disponibles.
Il faut exiger l’expropriation des banques, des usines et des trusts impérialistes car ce sont les seules solutions pour sortir de la crise. Il s’agit d’avancer résolument vers le socialisme.
C’est pourquoi, après cette première vague qui a chassé les partis bourgeois du pouvoir, la classe ouvrière et la jeunesse doivent s’organiser pour que les centrales syndicales soient à leur service et imposer leurs revendications à ce gouvernement.
Le développement de la crise du système capitaliste pose la question de changer de système de production. Pour cela, il faut avancer la perspective de la constitution d’un véritable gouvernement ouvrier, rompant avec la bourgeoisie. Pour pouvoir chasser la bourgeoisie du pouvoir, il faut œuvrer à la construction d’une organisation révolutionnaire capable d’organiser les travailleurs dans la perspective de la prise du pouvoir. C’est à ce combat que nous entendons prendre part.