Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

Après la défaite cinglante de Sarkozy et de l’UMP, imposons à la majorité PS-Front de gauche la satisfaction de nos revendications, en premier lieu l’abrogation des lois anti-ouvrières de Sar

Les défaites cinglantes de Sarkozy et de l’UMP ouvrent la voie aux travailleurs pour imposer la satisfaction de leurs revendications

 

Les travailleurs ont chassé Sarkozy et l’UMP du pouvoir en portant une majorité de députés PS et Front de gauche à l’Assemblée Nationale. Le PS obtient la majorité absolue des sièges ce qui constitue un record historique, comparable au score de 1981. Même si le nombre de voix pour les candidats présentés par le PS et le FdG est inégalé (9.5 millions), la forte abstention (43%), très marquée dans les quartiers ouvriers, exprime le fait pour nombre de travailleurs, que s’il était important de battre Sarkozy à la présidentielle, ils ne font pas confiance au PS et au FdG pour résoudre défendre les intérêts ouvriers.

Le FdG ne maintient pas son nombre de députés sortants (10 députés au lieu 15 pour le PC et maintien du seul député PG). Le rassemblement de 120 000 personnes à la Bastille à l’appel du FdG, à la veille du premier tour de la présidentielle, exprimait la volonté de nombre de travailleurs de constituer une force politique capable de rassembler toute la classe ouvrière et ses organisations contre la bourgeoisie et ses partis, pour en finir avec la politique de rigueur, le chômage, la destruction des acquis ouvriers. Mais le FdG n’a pas répondu à cette exigence.

Il faut noter également les alliances contre-nature entre le PS, parti historique de la classe ouvrière mais développant un programme bourgeois, et les organisations par essence bourgeoise comme EELV et le PRG. Ces partis comptent respectivement 18 et 13 députés uniquement parce que le PS, par des accords bureaucratiques, rejetés par nombre de militants, leur a abandonné des circonscriptions.

Quant à l’UMP, elle perd plus de 110 députés et subit une défaite colossale malgré l’unité de façade. Avec ses 3 députés qui sont plus des symboles que des cadres de parti, l’extrême droite est loin de pouvoir rassembler la bourgeoisie défaite. L’UMP n’a pas fini de se déchirer sur fond de crise de la bourgeoisie française. Celle-ci doit défendre sa position sur la scène européenne et sur le marché mondial alors que ses banques sont très exposées face aux défauts de paiement de certains États (Grèce, Espagne).

La classe ouvrière attend maintenant la satisfaction de ses revendications, ce qui nécessite en premier lieu d’exiger l’abrogation des lois anti-ouvrières du gouvernement Sarkozy.

A bas la politique de rigueur pour les travailleurs ! Imposons à la majorité PS-Front de gauche la satisfaction des revendications ouvrières

Le Premier ministre Ayrault a déjà annoncé la couleur : « rien ne sera facile ; des efforts sont à venir » Des efforts pour qui ? Le gouvernement annonce la stabilité du nombre global de fonctionnaires hormis dans l’Education Nationale, la Justice et l’Intérieur où l’augmentation est prévue. Cela signifie donc, l’augmentation des départs à la retraite non remplacés, et la poursuite des suppressions de postes dans d’autres ministères. Le PS affiche également une ambition de ramener le déficit à 3% du PIB ce qui se traduira par de nouvelles coupes budgétaires.

Cette politique n’est pas acceptable pour les travailleurs. Ils n’ont pas chassé l’UMP du pouvoir pour voir la même politique s’appliquer.

Les travailleurs attendent de la majorité PS FdG la satisfaction de leurs revendications, en premier lieu l’abrogation des mesures anti-ouvrières du gouvernement Sarkozy qui ont mis en cause le Code du travail, les statuts de la Fonction publique, les acquis ouvriers (Sécu, santé, éducation, retraite …) et qui ont favorisé le patronat. Ainsi, les travailleurs doivent imposer aux directions syndicales qu’elles portent l’abrogation de ces mesures : la LRU et toutes les lois concernant l’Éducation Nationale, de la maternelle à l’université ; les lois sur le service minimum (transports, Éducation nationale, transport aérien) ; la loi Bachelot de privatisation des Hôpitaux ; la loi sur l’allongement du départ à la retraite et la mise en cause des régimes spéciaux ; la suppression de la taxe professionnelle, l’exonération de l’ISF et la fin des exonérations fiscales et de cotisations sociales pour le patronat, la fin de la RGPP et du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux en retraite …

Les directions syndicales doivent refuser de participer à la conférence sociale des 9-10 juillet et imposer à la majorité PS-FdG l’abrogation des les lois anti-ouvrières de Sarkozy

Le candidat Hollande prévoyait de convoquer avant l’été une conférence sociale avec les organisations syndicales. S’agit-il d’abroger les lois anti-ouvrières du gouvernement Sarkozy, de rétablir les postes de fonctionnaires supprimés, de mettre en place l’interdiction des licenciements … ? Absolument pas. Les directions syndicales ont déjà rencontré le gouvernement le 5 juin, acceptant ainsi la méthode et le cadre des 7 thèmes annoncés :

·         emploi : le gouvernement Ayrault annonce déjà 150.000 emplois précaires dits « d’avenir » au lieu d’imposer le CDI comme seul contrat de travail,

·         formation professionnelle : il s’agit de développer l’alternance et l’apprentissage pour les jeunes, c’est-à-dire les contrats de soumission au patronat,

·         pouvoir d’achat : un coup de pouce symbolique du SMIC, qui est loin de compenser la perte de pouvoir d’achat des travailleurs,

·         redressement de l’appareil productif : la réindustrialisation ne peut se faire que sur la base soit d’aides massives de l’Etat accroissant les déficits soit d’une dévalorisation de la force de travail

·         égalité hommes-femmes : ce ne peut être au minimum que le droit au temps partiel sans perte de salaire dans toutes les entreprises, l’ouverture de crèches publiques

·         retraite et financement de la protection sociale : le PS se situe uniquement sur l’aménagement de la loi Sarkozy ; il faut lui imposer l’abrogation de cette loi pour le droit à la retraite à 60 ans pour tous, le retour aux 37.5 années de cotisation pour une retraite à taux plein

·         l’Etat-les collectivités locales-le service public : le gouvernement annonce d’ores et déjà le gel des dotations aux collectivités et des coupes dans les budgets de l’État

Le rôle des directions syndicales n’est pas de cautionner une politique de rigueur. Le gouvernement Ayrault met en place un dispositif de concertation avec les syndicats en espérant interdire tout surgissement des travailleurs  pour l’abrogation des lois antisociales et la mise en œuvre d’une politique conforme à leurs intérêts. La responsabilité des organisations ouvrières (partis et syndicats) est de défendre les travailleurs, leurs conditions de travail et d’organiser le combat contre toute remise en cause des acquis ouvriers.

Pour un gouvernement rompant avec la bourgeoisie, avec la Vème République bonapartiste

Les travailleurs savent que ni le PS ni le FdG ne remettront en cause le système capitaliste qui appauvrit les travailleurs (il n’y a qu’à voir en Grèce, en Espagne …) alors que l’annulation de la dette, l’expropriation des banques et des trusts impérialistes sont les seules solutions pour sortir de la crise. Cette première vague a chassé les partis bourgeois du pouvoir. La classe ouvrière et la jeunesse doivent maintenant s’organiser pour mettre les centrales syndicales à leur service  et imposer leur volonté à ce gouvernement qui entend préserver les intérêts de la bourgeoisie.

Mais plus largement, la crise du système capitaliste pose ouvertement la question de changer de système de production. Pour cela, il faut œuvrer à la construction d’une organisation révolutionnaire capable d’amener les travailleurs à prendre le pouvoir, pour la constitution d’un véritable gouvernement ouvrier, rompant avec la bourgeoisie.

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