Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
18 Mai 2012
Après cinq ans de règne et de réformes contre les acquis ouvriers, le 6 mai dernier les travailleurs et la jeunesse se sont saisis du bulletin de vote Hollande pour chasser Sarkozy du pouvoir. Alors même que le terrain de l’élection présidentielle dans le cadre de la Vème République est loin d’être favorable à la classe ouvrière, Hollande a obtenu 51,7% des suffrages. Les électeurs du Front de Gauche (FG) se sont très majoritairement reportés (à 80%) sur Hollande. Ce dernier a bénéficié également d’un report d’environ 30% des voix du Modem et de 14% des voix du FN. Il obtient ainsi 17,8 millions de voix. Par comparaison Mitterrand en 1981 totalisait 51,8% des suffrages avec 15,7 millions de voix.
Cette défaite de Sarkozy était à l’ordre du jour des mobilisations sur les retraites à l’automne 2010 mais les responsables des organisations ouvrières, partis et syndicats, avaient refusé de centraliser le mouvement contre Sarkozy pour le vaincre et le chasser. Ce résultat conforme à la volonté exprimée d’en finir avec la politique de la bourgeoisie, la politique de l’UMP, témoigne d’un rassemblement de la classe ouvrière et modifie le rapport entre les classes, mais ne signifie pas pour autant l’adhésion au programme du PS.
De son côté, la bourgeoisie s’est également fortement mobilisée derrière Sarkozy mais cela n’aura pas suffit face à la détermination des travailleurs d’en finir avec lui. Aussi, même si l’UMP fait encore corps en attendant les législatives, cette défaite ouvre plus largement encore les fractures au sein de la bourgeoisie française témoins de ses difficultés dans le contexte de crise. Ce nouvel échec cuisant est un facteur d’implosion important que le FN entend exploiter : fort de ses 18% au 1er tour, il compte jouer son rôle d’aiguillon de la bourgeoisie.
Le système présidentiel est la clef de voûte des institutions de la Vème République, instrument de domination de classe au service de la bourgeoisie. Il conduit à la personnalisation à l’extrême et donne tous les pouvoirs au Président. L’Assemblée Nationale est réduite à une chambre d’enregistrement de la politique impulsée par l’Elysée et ne peut exprimer en aucun cas la volonté des masses. C’est pourquoi une des premières exigences est celle d’en finir avec ces institutions : A bas la Vème République !
Hollande a nommé Jean-Marc Ayrault premier ministre. Après avoir partagé une vision « gauche » avec Jean Poperen chef de file du courant « lutte de classes » dans le PS, Ayrault affiche à compter de 1986 des positions « réformistes » qu’il justifiera en disant : « le réel a tranché ». Ancien président de l’association « Désir d’avenir » il a fait la campagne de Ségolène Royale en 2007 et représente l’aile droite du PS. Il a formé un gouvernement bourgeois où l’aile droite du PS y est non seulement largement présente avec notamment Manuel Valls à l’Intérieur mais des représentants purement bourgeois, des Verts (Duflot) ou du MRC (Taubira), ont été intégrés.
Il s’agit là d’un signe très clair pour rassurer la bourgeoisie française, lui signifier que ce gouvernement, à l’image du nouveau Président, a bien le même objectif, la même perspective que le précédent : la défense de la place de la bourgeoisie française dans le monde. Bien sûr, il n’entend pas atteindre cet objectif par le même chemin mais, il ne s’agit en aucun cas de mettre en place une politique pour satisfaire durablement les intérêts des masses. Ainsi, Hollande et son gouvernement se donnent comme objectif de réduire les déficits sans s’attaquer aux profits du patronat. Cela ne peut se traduire que par de nouvelles attaques contre les travailleurs.
La bourgeoisie qui fut à l’offensive cinq année durant, n’exerce plus directement le pouvoir. Et, sa défaite, l’élection de Hollande, mettent à l’ordre du jour pour la jeunesse et les salariés la nécessaire satisfaction des revendications ouvrières :
- l’abrogation des lois anti-ouvrières du gouvernement Sarkozy
- l’interdiction des licenciements, un seul contrat le CDI
- le rétablissement de tous les postes supprimés dans la Fonction publique
- le retour à la retraite à 60 ans à taux plein avec 37.5 ans de cotisations
- la défense de la Sécurité sociale et du salaire différé, de l’Hôpital public
- l’annulation de la dette, etc.
Les jeunes, les travailleurs, les privés d’emploi doivent plus que jamais s’organiser afin que ces revendications soient immédiatement reprises par les confédérations et fédérations syndicales (CGT, FO, FSU) et les partis politiques d’origine ouvrière (PS, FG, NPA, LO). Il ne s’agit plus de mener des discussions avec le patronat sur la base de la remise en cause des acquis ouvriers mais de rassembler l’ensemble du monde ouvrier sur le terrain de la lutte des classes pour imposer la satisfaction des revendications.
La responsabilité des organisations d’origine ouvrière, partis et syndicats, est de réaliser un front unique, pour satisfaire les revendications des travailleurs et de la jeunesse. La réalisation d’un tel rassemblement de la classe ouvrière derrière ses organisations traditionnelles doit permettre d’aborder avec offensive la prochaine échéance électorale. L’enjeu est de porter à l’Assemblée Nationale une majorité de députés d’organisation d’origine ouvrière afin de chasser la majorité UMP de l’Assemblée Nationale, ce qui conforterait le rapport de force issu de l’élection présidentielle.
Aussi, comme la CGT et la FSU ont su le faire entre les deux tours, il s’agit aujourd’hui que les confédérations appellent clairement à un vote classe contre classe : pas une voix ouvrière aux candidats bourgeois ! Pas une voix au FN, UMP, Modem ou pour le MRC et EELV ! Vote au premier tour pour le candidat présenté par le parti ouvrier de son choix (PS, FG, LO ou NPA) et pour celui d’entre eux le mieux placé au second tour.
L’élection d’une majorité de députés PS-FdG serait un point d’appui pour la classe ouvrière pour engager le combat pour la satisfaction de ses revendications. Mais dans le contexte de crise économique aigue, dans une situation où la Grèce est menacée de faillite, il n’y a pas d’autre alternative que d’en finir avec le capitalisme qui conduit les masses à la misère. L’interdiction de tous les licenciements par exemple implique de s’attaquer à la propriété privée capitaliste. Mais pour avancer sur cette voie, il faut porter un véritable gouvernement ouvrier au pouvoir. Pour cela, il est nécessaire de construire un parti ouvrier révolutionnaire. C’est à cette tâche que les militants du groupe Révoltes entendent contribuer.