Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
11 Octobre 2011
Auto-entrepreneur : les patrons en ont rêvé, Hervé Novelli l’a fait !
C’est une mesure de la « Loi de modernisation de l’économie » de 2009 qui crée ce nouveau statut de « travailleur indépendant » : l’initiateur en est alors Hervé Novelli – secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des PME, du Tourisme, des Services et de la Consommation (rien que ça !) – ancien cadre du Front National après être passé par Occident et Ordre Nouveau (groupuscules fascisants des années 1960/70). Ce n’est pas un hasard. La petite bourgeoisie aux abois en cette période de crise cherche tous les moyens de faire sortir les travailleurs du salariat pour échapper aux coûts et aux contrats de travail.
Il y aurait près de 600 000 auto-entrepreneurs séduits par la propagande gouvernementale sur la simplification des démarches administratives et fiscales puisque l’auto-entrepreneur ne paie d’impôt que s’il affiche un chiffre d’affaires.
Ce que le gouvernement ne dit pas c’est qu’il réduit ainsi le nombre de chômeurs indemnisés. Mais aussi l’auto-entrepreneur n’ayant pas de contrat, il ne touche ni indemnités de licenciement, ni indemnités en cas d’accident du travail, ni indemnités de chômage, ni congés payés et ne bénéficie pas du Droit Individuel à la Formation (DIF). Il ne bénéficie pas non plus d’un salaire minimum garanti pas plus qu’une limite de son temps de travail. La couverture maladie et les droits à pension de retraite sont minimum, ce qui oblige le travailleur à souscrire – s’il le peut – à des assurances privées.
C’est tout bénéfice pour certaines entreprises qui contraignent leurs salariés à devenir auto-entrepreneurs afin de n’avoir pas de « charges » à payer : c’est le cas notamment dans la restauration, le commerce, les cours à domicile.
En effet, ce soi-disant statut ne concerne pas que les chômeurs : tout salarié actif du privé ou fonctionnaire et même retraité peut en « bénéficier ». On comprend à quel point ce système va peser sur les salaires et les pensions.
En fait, l’auto-entrepreneur est l’exploiteur de son propre travail, ne bénéficiant d’aucun droit (Code et conventions collectives) : c’est la flexibilité et la précarité légalisées, le retour au salaire aux pièces que les salariés ont connu au XIX°s avant que ne se constituent les organisations ouvrières. L’auto-entrepreneur n’a pas de conscience de classe, n’est pas solidaire de ses compagnons de misère avec lesquels il est en concurrence.
Ce « statut » préfigure les projets de l’UMP pour 2012 de destruction de la protection sociale. C’est un enjeu politique majeur pour la classe ouvrière.