Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
1 Juin 2009
Elections européennes :
* pour un vote classe contre classe / contre la politique de Sarkozy
* contre le traité de Lisbonne / pour les Etats-Unis socialiste d’Europe
Les mobilisations massives qui se sont déroulées en France depuis de nombreuses semaines avaient toutes le même fil conducteur : s’opposer à la politique de Sarkozy et son gouvernement. Aux Antilles et notamment en Guadeloupe contre la « pwofitasyon », dans les coordinations étudiantes pour le retrait des réformes, dans les manifestations lors des journées des 29 janvier et 19 mars, contre les licenciements et pour des solutions ouvrières à la crise, les mots d’ordre s’inscrivaient clairement contre la politique de Sarkozy – Fillon au service du patronat.
Les manifestations du 1er mai 2009, qualifiées d’historiques dans leur ampleur par les appareils syndicaux eux-mêmes, portaient haut et fort la volonté de chasser Sarkozy (« casse toi pauvre con » résonnaient dans les cortèges).
La poursuite du dialogue social - y compris pendant toute la période de mobilisation, à l’image de la rencontre entre Sarkozy et les confédérations le 18 février lors du « sommet social » -, l’isolement organisé de la mobilisation à l’Université, le sabotage soigneusement mis en place par les directions syndicales en appelant à des journées d’action saute mouton une fois tous les deux mois, ont permis au gouvernement de jouer la montre et de développer la répression contre les militants étudiants et syndicaux.
Dans ce contexte, la mobilisation ne peut que refluer : les Universités votent les unes après les autres la levée des blocus ; la journée d’actions du 26 mai, sans appel à la grève, ne pouvait qu’enregistrer une baisse importante du nombre de manifestants.
Toutefois, les braises ne sont pas pour autant éteintes.
La crise économique qui continue de se développer se traduit très concrètement par des milliers de licenciements. Cette situation va exacerber les antagonismes de classes et pousser les jeunes et les travailleurs à engager à nouveau le combat. Forts de l’expérience qu’ils ont engrangée dans les luttes (notamment en terme d’organisation et de mot d’ordre à l’exemple de la Guadeloupe ou des coordinations étudiantes), les travailleurs chercheront à s’organiser pour rendre leur combat efficace.
C’est dans ce contexte que vont se dérouler les élections européennes le 7 juin 2009.
Rappelons que la classe ouvrière avait rejeté le référendum sur le traité constitutionnel en 2005, infligeant une défaite politique à Chirac, en exprimant également son refus d’une union européenne des Etats capitalistes dont le but est de favoriser les monopoles et de remettre en cause les acquis ouvriers (durée légale du travail par exemple fixée à 48H voire 65H par semaine). Mais cette union est fragile : en temps de crise, chaque Etat bourgeois vient en aide à ses propres capitalistes, banques et industries (comme l’automobile) au mépris de la « concurrence libre et non faussée » et des déficits publics. Cette alliance ne peut être qu’un cadre conflictuel entre les différentes bourgeoisies. Les travailleurs n’ont rien à attendre d’une telle union ; il est de la responsabilité de leurs organisations de la combattre, et en premier lieu de combattre contre leur propre bourgeoisie et leur gouvernement.
La défense des revendications ouvrières exige que se réalise l’unité contre Sarkozy et son gouvernement en défense du capital. La responsabilité des organisations syndicales est donc de contribuer à créer un rapport de force favorable aux travailleurs, y compris sur le terrain électoral : elles doivent donc clairement appeler les travailleurs à voter pour les listes présentées par les organisations d’origine ouvrière de leur choix (PS, Front de Gauche, NPA) indépendamment de la politique que ces organisations développent par ailleurs.
Un vote ouvrier majoritaire constituerait une défaite cinglante pour Sarkozy et rouvrirait immédiatement la voie à la mobilisation pour le chasser sans attendre 2012.
L’unité des partis ouvriers pourrait alors se réaliser, permettant de donner une issue aux mobilisations et aux revendications des travailleurs et de la jeunesse. Ces partis devraient alors former un gouvernement, sans représentants de la bourgeoisie.