Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
18 Novembre 2009
Interdiction de tous les licenciements !
Aucune suppression de postes de fonctionnaires ! Abrogation de la loi mobilité des fonctionnaires !
A bas la réforme privatisation de La Poste !
Abrogation de la loi Bachelot de « réforme de l’hôpital » ! A bas l’emprunt national et les États-Généraux de l’Industrie !
Abrogation de toutes les réformes Sarkozy dans l’Éducation Nationale, de la maternelle à l’Université !
Pour la défense des revendications ouvrières, les directions syndicales et politiques ouvrières doivent réaliser l’unité et rompre toute participation avec Sarkozy et son gouvernement !
Front Unique Ouvrier (partis et syndicats) contre Sarkozy !
Les mobilisations du 1er semestre posaient la question du pouvoir !
Alors que la bourgeoisie entend faire payer la crise du capitalisme aux travailleurs (licenciements massifs, chômage partiel …), les puissantes mobilisations du premier semestre ont révélé une forte disponibilité des travailleurs à engager le combat contre la politique de Sarkozy et son gouvernement. Des millions de travailleurs, et pour certains pour la première fois, ont manifesté à plusieurs reprises, en janvier, mars, et le 1er mai.
Les appareils syndicaux contraints à l’unité, ont tout fait pour endiguer la mobilisation. La plateforme commune ne mettait pas en avant les mots d’ordre qui pouvaient rassembler sur l’axe d’en finir avec Sarkozy et sa politique. L’interdiction de tous les licenciements, l’arrêt des suppressions de postes de fonctionnaires, le retrait du projet de loi mobilité des fonctionnaires, contre la RGPP, le retrait de toutes les réformes dans l’Éducation Nationale de la maternelle à l’université comme l’exigeaient les coordinations étudiantes et d’enseignants ont été systématiquement rejetés par les appareils. La convocation de journées saute-mouton toutes les six semaines s’opposait à l’aspiration pour une mobilisation générale. Enfin, la participation des directions fédérales et confédérales aux réunions convoquées par le gouvernement et l’Elysée telle leur participation au sommet social sur la crise en février en pleine grève générale aux Antilles ont montré leur volonté de discuter avec Sarkozy alors même que les travailleurs engageaient le combat contre sa politique au service du Medef et de la bourgeoisie française, et savaient qu’ils n’avaient rien à attendre de sa part si ce n’est de nouveaux coups contre le Code du Travail et leurs acquis en général. Cette politique de bousille dont le point d’orgue fut l’appel pour les journées du 26 mai et du 13 juin a entraîné le reflux de la mobilisation.
Alors que les coordinations dans l’Éducation Nationale posaient ouvertement la question de la légitimité du gouvernement Sarkozy, alors qu’il était possible de donner une perspective politique aux mobilisations du printemps en appelant à infliger une défaite majeure à Sarkozy, pour le vaincre et le chasser, les partis politiques se réclamant peu ou prou de la défense de la classe ouvrière (PS, PCF, PG, NPA, LO), ont refusé de leur côté d’ouvrir une perspective politique alors qu’ils étaient présents dans les manifestations, qu’ils avaient appelé dans l’unité à ces mobilisations. Ils ont refusé de reprendre dans l’unité les revendications (comme l’interdiction des licenciements) et de se déclarer, sur cette base, disponibles immédiatement pour former un gouvernement de leurs seules organisations. En refusant d’ouvrir une telle alternative gouvernementale, ils ne permettaient pas la centralisation du mouvement et y opposaient par contre la seule perspective des élections européennes.
Élections européennes : une forte abstention ouvrière due au manque de perspective politique
La mobilisation refluant, les élections européennes ont profité à la bourgeoisie (victoire de l’UMP) dans un scrutin marqué par une très forte abstention ouvrière, résultat de la politique des appareils du PS, NPA, Front de gauche qui ont refusé d’avancer une alternative politique aux mobilisations sur l’axe de chasser Sarkozy sans attendre 2012.
Le vote « Europe écologie » n’est évidemment en rien une alternative crédible au capitalisme ou même à la politique de Sarkozy. Rappelons simplement pour cela que Cohn-Bendit reste favorable au Traiter de Lisbonne et au système capitaliste, preuve en est la déclaration de J. Bové qui oppose à la perspective de Lénine « Socialisme ou barbarie », celle « d’écologie ou barbarie ». Enfin, ce regroupement petit bourgeois ne connaît pas les frontières de classe puisqu’il prône l’association avec le Modem de F. Bayrou, parti bourgeois.
Cet été les différents partis d’origine ouvrière (PS, PCF, PG, NPA) ont, lors de leurs Universités d’été, affiché une belle unanimité quant à la seule perspective qui les préoccupent : les élections régionales de 2010 et les présidentielles de 2012 ! Ainsi Sarkozy peut continuer à s’attaquer jours après jours aux acquis ouvriers. Et c’est ce qu’il fait puisque dès le 22 juin, tel Bonaparte, il convoque le Congrès et annonce comment il entend poursuivre sa politique au service de la bourgeoisie française en difficulté : « Les recettes de la croissance devront être intégralement consacrées à réduire les déficits dus à la crise », tout en annonçant un emprunt national pour financer les priorités du pays et de « bons investissements » pour la bourgeoisie française. Le montant et les modalités en seront décidés à l'automne après trois mois de débats réunissant le Parlement, les partenaires sociaux, les acteurs économiques, de la culture, de la recherche et de l'éducation « dès le 1er juillet », a-t-il précisé.
Le résultat de ces concertations c’est que Sarkozy en vient à reprendre à son compte la proposition de B. Thibault d’États-Généraux de l’industrie, lequel dirigeant de la CGT déclare que ces États-généraux sont une « très bonne idée ». Cela revient à réclamer une relance de la politique industrielle au profit des patrons ! Pour Thibault, « on a laissé la loi du marché remodeler le paysage mais la question de la rentabilité ne peut être un critère absolu ». Pour B. Thibault il faut donc permettre au patronat de rétablir sa rentabilité ce qui ne peut s’effectuer que sur le dos des travailleurs. Alors que des milliers de travailleurs sont licenciés les banques retrouvent leur marge après le plan de sauvetage !
Sur la réforme des retraites, Sarkozy a déclaré que « le temps de la décision » se situerait « à la mi-2010 », précisant devant le Congrès que « toutes les options seront examinées », y compris le relèvement de l'âge de départ.
Sur la réforme territoriale, suite au rapport du comité Balladur sur la simplification territoriale, Sarkozy lance une grande réforme de la fonction publique territoriale dont l’axe est à la fois la suppression de milliers de postes et la liquidation du statut. De même entend-il poursuivre le non remplacement « d'un fonctionnaire sur deux » partant à la retraite. Les multiples restructurations des administrations d’États et de territoriales vont donc se poursuivre en aggravant durement les conditions de travail des fonctionnaires, qui, comme beaucoup d’entreprises en restructuration à l’instar de France Télécom, sont pressurisés par les objectifs, sont victimes de mobilité forcée etc.
Enfin, sur la taxe carbone chacun comprend que l’écologie est un très bon alibi pour engranger des recettes supplémentaires sur le dos des salariés qui doivent prendre leur voiture pour aller travailler, les culpabilisant au passage à propos de l’avenir de la planète alors même que les patrons pollueurs profitent des exonérations de charges et d’impôts. Sans remise en cause du système capitaliste axé sur la recherche du profit maximum qui peut croire que l’on pourrait produire sainement ?
Ce programme est celui de la bourgeoisie qui veut faire payer sa crise aux classes laborieuses.
Aucune concertation, ni négociation avec le gouvernement Sarkozy !
Face à cette politique, les fédérations et confédérations syndicales au premier rang desquelles CGT, FO et FSU, ne proposent que des journées d’action par secteur (SNCF le 16/09, l’automobile le 17, La Poste le 3/10, journée mondial pour le travail décent le 7/10, droit des femmes le 17/10 …) tout en refusant de porter les revendications des travailleurs et rompant l’unité syndicale du premier semestre.
Dans le même temps, après s’être rendus à l’Élysée le 1er juillet, les dirigeants syndicaux continuent de participer aux réunions convoquées par le gouvernement ce qui fait déclaré à un responsable CGT de Continental : « Les Thibault et compagnie, c’est juste bon qu’à frayer avec le gouvernement, à calmer les bases. Ils servent juste qu’à ça, toute cette racaille ».
Ainsi en est-il des discussions entre gouvernement et syndicats sur la remise en cause des retraites, sur les États-généraux de l’industrie et bien d’autres sujets encore.
Front Unique Ouvrier (partis et syndicats) pour la défense des revendications !
Défendre les revendications ouvrières implique en premier lieu de cesser de négocier les plans de la bourgeoisie, de cesser la politique des contre-propositions qui ne conduit qu’à aider la bourgeoisie à faire passer ses réformes antisociales. Les directions syndicales et politiques ouvrières (CGT, FO, FSU, PS, PCF, PG, NPA, LO) doivent déclarer immédiatement qu’elles ne participeront pas aux États-généraux de l’industrie, aux discussions sur l’avenir des retraites …
Mais au contraire, qu’elles reprennent les revendications des travailleurs :
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive !
Le Front unique des organisations ouvrières, partis et syndicats, doit se réaliser derrière ces revendications sur une perspective d’infliger un défaite politique à Sarkozy qui permettrait de stopper son offensive. Ce serait un point d’appui pour engager le combat sur la perspective de le chasser sans attendre les élections de 2012.