Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
14 Janvier 2015
Contre le terrorisme des « djihadistes » qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo, Front unique ouvrier pour rassembler toute la classe ouvrière, d’origine française et immigrée.
A bas l’Union nationale avec les partis bourgeois et les clergés !
A bas l’Union sacrée avec les impérialismes européens, américain et sioniste !
Les organisations ouvrières doivent refuser toute intervention militaire au Moyen-Orient (en Irak, au Liban …)
Les « djihadistes » contre les droits et libertés des travailleurs, en France comme partout dans le monde
Les attentats terroristes du 7 au 9 janvier ont provoqué une mobilisation populaire exceptionnelle pour rendre hommage aux victimes, pour défendre la liberté d’expression et les droits démocratiques.
L’opération commandée contre les journalistes de « Charlie Hebdo » qui s’est soldée par l’assassinat du directeur de publication Charb, lié au Front de gauche (qui dessine parfois dans le journal « Ensemble » de la CGT), des dessinateurs Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré, de l’actionnaire du journal Bernard Maris, du correcteur Mustapha Ourrad, de la chroniqueuse Elsa Cayat, serait le fruit d’Al-Qaïda péninsule arabique (Aqpa), du Yémen. Ces djihadistes se sont attaqués à la presse satirique libertaire. Cabu, Wolinski et leurs camarades passaient au crible de leurs dessins tout ce que représentaient l’État, la religion, l’autorité et le showbiz. Cela leur a valu de nombreux procès intentés par les politiques (de Raymond Marcelin à Le Pen) et les religieux.
Dans la foulée de l’attaque contre « Charlie Hebdo », un autre « djihadiste » se réclamant de Daech (État islamique) a fusillé des otages dans un supermarché juif. Il s’agit, non pas de s’attaquer à l’État d’Israël pour l’arrêt de la colonisation sioniste, mais de tuer gratuitement des juifs en France.
Les différentes mouvances « djihadistes » dont ces assassins se sont réclamés, se sont constituées lors de l’intervention des Etats Unis en Afghanistan puis lors de l’invasion de l’Irak. Elles se sont renforcées après le départ de l’armée américaine, par les luttes de pouvoir entre les chiites contrôlant l’Etat central irakien et les sunnites qu’ils ont évincés et ainsi jeté dans les bras d’EI. C’est en septembre 2014 lors de l’entrée de l’impérialisme français dans la coalition internationale, que « l’État islamique » qui contrôle une partie des territoires irakien et syrien, a déclaré la guerre à l’État français et à ses ressortissants.
Mais il faut rappeler que ces « djihadistes » sont aussi intervenus pour combattre les révolutions politiques et sociales qui se sont déroulées au Proche et Moyen Orient depuis 2011. Preuve en est l’assassinat en 2013 des deux députés du Front populaire de Tunisie. Leur volonté d’imposer la charia à toutes les populations musulmanes témoigne de leur caractère ultra réactionnaire.
Le djihad pousse sur le terreau impérialiste et colonial
La présence au Moyen-Orient des puissances impérialistes a toujours été contestée par les masses arabes. Mais les dirigeants arabes, qu’ils soient nationalistes ou islamistes, s’en accommodent car elle leur permet d’asservir les peuples.
Les révolutions arabes du printemps 2011 ont tenté de se débarrasser des dictateurs à la solde de l’impérialisme, en Tunisie, en Égypte puis en Libye, au Yémen, en Syrie, etc. Le combat des peuples arabes s’est d’abord porté sur des questions de libertés et de droits démocratiques essentiels pour que les masses puissent s’organiser. En même temps, les revendications économiques et sociales se sont très vite heurtées à la politique des soi-disant « nouveaux » dirigeants de ces États. En Égypte notamment, où les grèves se sont multipliées en 2013, les généraux ont gardé la main et exercent une répression féroce contre sur les Frères musulmans mais également contre les travailleurs interdits de grève et de manifestation.
Dans ce contexte, les groupes « djihadistes » sont financés grâce aux revenus qu’ils tirent des installations pétrolières qu’ils contrôlent en Irak ; mais aussi par les pétrodollars des monarchies sunnites du Golfe inféodées à l'impérialisme américain (et également français - dont le Qatar grand argentier de la France), ou par la dictature chiite d'Iran ou par la Russie.
C'est la politique de l'impérialisme américain suivi par les impérialismes européens et en premier lieu français au Moyen-Orient et en Afrique, qui est le terreau sur lequel pousse et grandit le terrorisme « djihadiste ». Faute de perspective révolutionnaire anticapitaliste, une partie de la jeunesse ghettoïsée des banlieues occidentales (qui fait si peur aux classes bourgeoises) adhère à ces mouvances qui les entraînent dans une nouvelle impasse. Les terroristes djihadistes ne sont en rien une réponse à la politique des puissances impérialistes. Au contraire, ils ont pour objectif de museler les peuples arabes, de les asservir à la volonté de chefs illuminés, de les cantonner à l’exploitation capitaliste et au final, de renforcer partout une politique de répression qui va se mettre en place dans la foulée des attentats par l’adoption de toute une série de mesures liberticides.
La politique coloniale de l’État d’Israël, qui mène une véritable guerre d’extermination du peuple palestinien, nourrit aussi très fortement le « djihadisme ». L’été dernier des milliers de travailleurs se rassemblaient contre l’intervention armée d’Israël à Gaza. Les cortèges, sans présence de religieux, scandaient : « Israël assassin, Hollande complice ! ». La mobilisation de la jeunesse et de tous les travailleurs sans distinction doit être organisée par les organisations syndicales et politiques ouvrières et elles seules, sur la base d’un rassemblement classe contre classe, contre l’Union Nationale.
A bas l’Union Nationale, A bas l’Union Sacrée !
Nous saluons la mémoire des journalistes et dessinateurs, ainsi que de tous ceux tombés sous les balles des terroristes à Charlie Hebdo et Porte de Vincennes. Mais, pas plus que « l’union sacrée » en août 1914 et « le front républicain » en avril 2002, l’unité nationale à laquelle ont appelé Hollande et son gouvernement ne constitue une réponse conforme aux intérêts des travailleurs. Car c’est leur politique qui alimente le terrorisme en France et dans le monde. Ce n’est pas en défilant avec les dirigeants de l’UMP, Sarkozy en tête, avec tous les responsables patronaux français, avec tous les chefs d’États impérialistes fauteurs de guerre contre les peuples, avec nombre de dictateurs corrompus, avec tous les chefs religieux, que la classe ouvrière pourra combattre la barbarie ! Dehors les chefs d’États impérialistes qui n’ont rien à faire dans ces rassemblements ; leur seul but est de faire la démonstration de leur puissance d’impérialistes contre les masses exploitées et colonisées.
L’appel à l’Union nationale a permis ce mardi 13 janvier le vote consensuel (PS, UMP, UDI et EELV) des crédits de guerre pour la prolongation des frappes aériennes françaises en Irak alors que le Front de gauche s’est abstenu !
Front unique ouvrier contre l’impérialisme et le djihadisme pour le retrait des troupes français de tous les pays du Moyen-Orient et d’Afrique ! A bas la coalition internationale en Irak !
A bas les frappes aériennes françaises en Irak, non aux ventes d’armes au Liban !
Le combat pour défendre la liberté d’expression est indissociable du combat contre la domination impérialiste au Moyen-Orient et en Afrique. Les troupes impérialistes, en particulier françaises, n’ont rien à faire en Irak ou au Mali. Elles ne font que semer le chaos et la misère des masses exploitées. Elles nourrissent le terreau des « djihadistes » réactionnaires et barbares. Ce combat est un combat de classe contre notre propre bourgeoisie .Or Mélenchon a été le premier à appeler à l’union nationale le 7 janvier, suivi de près par les dirigeants du PCF et des organisations syndicales, privant les centaines de milliers de travailleurs qui ont manifesté, d’une expression indépendante et organisée, sous leurs drapeaux et avec leurs mots d’ordre. La responsabilité des députés du PS et du Front de gauche est d’unir toute la classe ouvrière sans distinction d’origine contre ses ennemis de classe et de rompre avec la politique guerrière et répressive du gouvernement Hollande-Valls