Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
24 Janvier 2016
Plus aucun doute : le gouvernement Hollande-Valls mène une politique au service du patronat. Que propose-t-il pour faire face au chômage ?
Interdire les licenciements ? Nationaliser les entreprises qui licencient comme Goodyear, Air France, EDF et tant d'autres ? Garantir le maintien du salaire pendant toute la durée du chômage ? Arrêter les suppressions de postes dans la Fonction publique en stoppant la MAP, la réforme territoriale, la réforme hospitalière ? NON il continue sa politique pro-patronale.
Ainsi, Hollande annonce la poursuite des cadeaux au patronat via l'allègement de cotisations sociales, creusant un peu plus le déficit de la Sécu. Valls et Macron, les valets du capital financier, veulent imposer aux salariés de revenir aux 39H payés 35 ! La Commission Badinter propose des mesures mettant en cause fondamentalement le Code du travail, privilégiant les accords d'entreprise favorables au patronat.
Le gouvernement Hollande-Valls conduit par ailleurs une politique impérialiste. Les frappes aériennes menées par l’armée française – entre autres - s’abattent sur les populations civiles au Moyen-Orient et en Afrique et jettent dans les bras des djihadistes des jeunes assoiffés de revanche. Valls et Hollande renforcent la politique sécuritaire de l'Etat policier instaurant un cadre répressif visant à empêcher toute mobilisation contre sa politique. Preuve en est, les lourdes condamnations des salariés licenciés de Goodyear. Le gouvernement annonce prolonger l'état d'urgence de 3 mois et l'inscrire dans la Constitution.
Qui peut donc croire que le gouvernement Hollande-Valls peut faire une autre politique simplement en s'asseyant à la table des négociations ?
Les dirigeants des organisations syndicales voudraient nous faire croire que le gouvernement Hollande-Valls peut proposer des réformes progressistes pour les travailleurs ou qu'il suffit de s'asseoir à la table des négociations pour limiter la casse des acquis.
L'expérience des 4 dernières années montre que le dialogue social s'est traduit par la mise en œuvre de réformes de remise en cause des acquis ouvriers (report de l'âge de la retraite à 62 ans, ANI qui permet au patronat d'imposer l'augmentation du temps de travail sans augmentation salariale, 50 milliards d'euros de cadeaux au patronat avec le Pacte de responsabilité obligeant les travailleurs à se serrer la ceinture, ...).
Dans la Fonction publique, les syndiqués ne s'y sont pas trompés quand le gouvernement, après des mois de négociations avec les responsables syndicaux, a proposé un accord sur les Parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR) qui vise à allonger la carrière des fonctionnaires. Les sections syndicales de base de la CGT et de FO ont imposé, malgré les recommandations des directions fédérales trouvant des signes positifs au projet d'accord, la non signature des 2 syndicats.
Mais ce mandat a été rompu, trahi par les dirigeants inféodés à l'Etat, car toutes les fédérations syndicales de fonctionnaires, dont l'UGFF CGT, ont accepté fin 2015 de participer aux négociations organisées par le ministère de Lebranchu. Le projet supprime toute référence à l'avancement à l'ancienneté minimum. Au final, les fonctionnaires vont perdre du pouvoir d'achat ! Et ce n'est pas la vague promesse d'une hypothétique augmentation du point d'indice qui va changer les choses ! La journée d'action organisée le 26 janvier par les fédérations de fonctionnaires, CGT, FO, FSU, Solidaires ne doit pas se transformer en une action en soutien aux négociations sur le PPCR. Les fonctionnaires attendent clairement de leurs organisations syndicales qu'elles organisent le combat contre les contre-réformes du gouvernement :
- NON au PPCR, aucun deal possible sur cette question, non c’est non !
- abrogation du RIFSEEP qui généralise les primes de fonction et au mérite
- arrêt de la réforme territoriale, NON aux fusions de régions et d'intercommunalité qui suppriment des milliers de postes et qui diminuent les acquis des fonctionnaires (augmentation du temps de travail et baisse des primes)
- arrêt de la MAP dans l'État qui continue à supprimer des milliers de postes
- arrêt de la réforme hospitalière qui ferme des lits et des hôpitaux
Ces revendications sont en rupture totale avec toute la politique du gouvernement Hollande-Valls. Elles n'appellent aucun compromis si on veut qu’elles soient satisfaites. Les représentants des salariés doivent se conformer aux aspirations des travailleurs à défendre leurs acquis (l'emploi privé et public, le temps de travail réduit, le pouvoir d'achat, les libertés de manifester, de revendiquer, de faire grève etc.).
S'asseoir à la table des négociations, sur le PPCR, sur la réforme du Code du travail, c'est accepter la remise en cause des acquis, l'allongement de la carrière et l'inversion de la hiérarchie des normes. Imposer que l'accord PPCR ne soit pas appliqué, ou stopper la réforme du Code du travail et la remise en cause des 35H constituerait une défaite politique pour le gouvernement.
Il faut donc contraindre les directions syndicales à rompre le dialogue social et qu'ils organisent la mobilisation pour en finir avec la politique pro-patronale du gouvernement.
Mais cet objectif implique que la majorité PS-Front de gauche ne vote pas la prolongation de l’état d’urgence et sa constitutionnalisation, qui ligote les mobilisations.
Mais quel gouvernement peut satisfaire les revendications ouvrières ?
Pas le gouvernement présidé par Hollande, dirigé par le va-t’en guerre Valls, aiguillonné par le financier Macron.
La majorité de députés PS et Front de gauche n'a pas été élue par les travailleurs en 2012 pour qu'elle vote des lois patronales et liberticides. Plusieurs lois, dont le Pacte de responsabilité, l'état d'urgence, ont fait l'objet de critiques et d'opposition dans les rangs de cette majorité, témoignant ainsi de l'opposition des travailleurs.
Si la majorité PS-Front de gauche était contrainte par la mobilisation de s'opposer aux réformes du gouvernement, se poserait la question de faire tomber ce gouvernement pour que cette majorité constitue un autre gouvernement du PS et du Front de gauche.