Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
23 Novembre 2009
Parution dans PS Info canton de Chauffailles - nov-déc 2009
S’organiser : une nécessité vitale aujourd’hui pour résister et vaincre
Les travailleurs de Chauffailles n’ont pas échappé à la crise : la recherche du profit – comme moteur de l’économie capitaliste – détermine ici comme ailleurs la politique des patrons. Personne ne peut démentir que c’est pour maintenir leurs profits que des entreprises comme l’AGDE et Yumbo ont licencié cette année des dizaines de salariés. Ces deux entreprises ont réalisé des bénéfices en 2008. Anticipant des pertes pour leurs actionnaires en 2009, elles se sont empressées de supprimer des emplois pour réduire les coûts de production. Ce qui est considéré comme de la bonne gouvernance pour les entreprises s’avère catastrophique en coût humain pour les salariés.
Cette situation locale s’inscrit dans une politique d’attaques majeures contre la Sécurité Sociale, les services publics et les fonctionnaires (34 000 emplois supprimés cette année), le régime des retraites, etc…, autant de mesures visant à faire payer à la majorité de la population le coût de l’endettement faramineux de l’Etat.
C’est dans ce contexte que des dizaines de salariés du secteur se sont saisis de l’organisation syndicale existante - la CGT - pour se défendre. Mais il n’y a sur le canton aucune section syndicale dans les entreprises privées. Les Comités d’entreprise « maison » – quand ils existent – n’ont aucune indépendance face au patron car les élus ne peuvent pas s’appuyer sur la force et l’expérience des syndicats. Ils sont malheureusement inféodés au patronat. Les chefs d’entreprise, eux, ont leurs conseils juridiques, leurs syndicats patronaux : ils sont bien armés et solidaires pour défendre leurs intérêts.
Qui oserait prétendre que la CGT est responsable des difficultés de telle ou telle entreprise ? Les salariés vivent dans la peur d’être licenciés et de ne pas pouvoir retrouver du travail dans la région. Les rivalités sont savamment orchestrées. Ce n’est que lorsqu’ils sont licenciés, qu’ils se tournent vers l’organisation syndicale pour se défendre, retrouver leur dignité et la solidarité dans le combat de classe pour faire valoir leurs droits.
C’est cette force de l’organisation qui fait peur aux patrons et les contraint à reculer, à faire des concessions : le combat des travailleurs des entreprises comme Continental, Mollex et bien d’autres, l’ont montré.
Mais aujourd’hui, ce n’est pas en se battant entreprise par entreprise, canton par canton que l’on peut empêcher les licenciements. Et ce n’est pas non plus en demandant à Sarkozy et son gouvernement de mettre en place une autre politique industrielle et en participant aux « Etats généraux de l’industrie » qu’on obtiendra l’arrêt des licenciements.
Chacun sait que le gouvernement actuel défend les intérêts des banques et des patrons : bouclier fiscal pour les uns, fiscalisation des indemnités d’accident du travail pour les autres ! Des milliards prêtés aux banques, de nouveaux impôts pour le plus grand nombre !
C’est pourquoi la question de la perspective politique est cruciale : la responsabilité des organisations – partis et syndicats – qui prétendent défendre les intérêts de la population laborieuse, est d’oeuvrer dès maintenant à la formation d’une alternative à Sarkozy dans les urnes et par la mobilisation générale, sans attendre 2012.
Section multiprofessionnelle CGT de Chauffailles