Le blog du groupe Révoltes

Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire

combattre le gouvernement Sarkozy et ses réformes

Pour combattre le gouvernement Sarkozy et ses réformes, il n’y a pas aujourd’hui d’autres solutions que d’imposer l’unité de toutes les organisations ouvrières, partis etsyndicats dans la perspective de le chasser du pouvoir sans attendre 2012 !

Une véritable lame de fond de toute la classe ouvrière contre la politique du gouvernement Sarkozy

Ce sont plusieurs millions de travailleurs et de jeunes, de tous les secteurs, qui se sont saisis des journées d’action convoquées par les appareils syndicaux pour manifester leur rejet de la politique de Sarkozy, à la solde de la bourgeoisie. Cette mobilisation a rassemblé toutes les couches de travailleurs, dans toutes les régions de France, des villes, comme des campagnes. Objectivement, cette mobilisation a pris un caractère politique. Au-delà de la question des retraites, la classe ouvrière entendait se rassembler contre le gouvernement, dans une situation de crise aigue du capitalisme, qui induit une mise en cause des acquis collectifs de la classe ouvrière.

Une des caractéristiques de ce mouvement a été la formidable solidarité ouvrière qui s’est manifestée entre les travailleurs de différents secteurs, solidarité que craint la bourgeoisie. Même si le gouvernement Sarkozy marque un point en ayant pu faire passer non sans mal sa réforme, la bourgeoisie va vouloir tirer les leçons d’une mobilisation qu’elle redoute, qui n’aurait pas dû se passer ainsi, si on reprend le dispositif mis en place depuis le début de l’année.

Ainsi, Copé a annoncé qu’il mettait en place début novembre, au sein du groupe UMP, une « réflexion" en vue d'interdire les blocages des raffineries de pétrole, des ports et des autres fonctions vitales du pays » afin de « tirer toutes les leçons de l'épreuve du conflit social sur la réforme des retraites ». Il a ainsi lancé : « on ne peut plus continuer de mener des réformes dans notre pays avec un corps syndical qui utilise des méthodes d'un autre temps! C'est le seul pays d'Europe où les syndicats se conduisent comme cela. Bloquer les dépôts de carburants, les ports, c'est toucher au nerf vital du pays, aux fonctions vitales du pays. Et là, je dis: ça, ce n'est pas possible ». « Il est des gens qui ont les moyens de bloquer l'approvisionnement en énergie de notre pays. Ce n'est pas acceptable ».

C’est bien la capacité des travailleurs à bloquer le pays, et au-delà, à gouverner, à planifier l’économie selon les besoins sociaux et non plus en fonction du profit, que la bourgeoisie redoute et qu’elle cherchera à annihiler.

Ce qui était en effet à l’ordre du jour dès le 7 septembre, c’était la Grève générale, comme moyen de centralisation de la mobilisation et de blocage du pays. La Grève générale ce n’est pas la généralisation de grèves reconduites boîte par boîte mais c’est un plan d’action décidé et organisé au sommet et mis en action par la base, dirigé contre le gouvernement et le patronat. Mais de cela, les dirigeants syndicaux et politiques actuels n’en veulent pas car de facto cela pose la question d’en finir avec le gouvernement.

Un gouvernement de combat, fragilisé par la mobilisation

Au lendemain de la défaite de Sarkozy et de l’UMP aux élections régionales, Sarkozy programmait un remaniement gouvernemental. Mais ce remaniement a été empêché par la mobilisation obligeant l’UMP à resserrer les rangs pour éviter que la classe ouvrière ne s’engouffre trop profondément dans la brèche de ses divisions internes. Il n’intervient qu’aujourd’hui, au lendemain de la mobilisation. Ce gouvernement de combat, composé de la vieille garde RPR, illustre la peur qu’a eut la bourgeoisie de la classe ouvrière mobilisée (cf Juppé dit revenir au gouvernement pour empêcher la « gauche » de gagner en 2012). Mais ce gouvernement de combat est mis en place pour poursuivre les réformes contre la classe ouvrière (assurance vieillesse obligatoire) au service de la bourgeoisie (suppression de l’ISF), même si les divisions en son sein ne sont pas colmatées.

Une puissante mobilisation qui posait la question d’en finir avec le gouvernement Sarkozy tout de suite

« Nous avons tenu bon. Si nous avions reculé, nous mettions gravement en péril la capacité de notre pays à se réformer » a déclaré Copé. « Nous avons tenu bon » sous-entend que le gouvernement a eu chaud. Car en effet cette mobilisation posait objectivement la question d’en finir avec ce gouvernement réactionnaire. Seule la Grève générale pouvait le menacer clairement, consciemment. Il ne pouvait d’ailleurs reculer sur la réforme des retraites que s’il se sentait menacé, comme le gouvernement Chirac l’avait été en 2006.

Après la victoire des jeunes et travailleurs contre le gouvernement Chirac arrachant le retrait du CPE en 2006, les dirigeants des partis politiques traditionnels de la classe ouvrière, notamment le PS ont expliqué qu’il fallait attendre 2007 pour concrétiser cette victoire sur le terrain électoral. Et bien voilà une belle leçon : il faut battre le fer quand il est chaud car le PS, en renvoyant aux élections présidentielles de 2007 et en promouvant une Ségolène Royal et un programme bourgeois, n’a pas permis aux travailleurs et aux jeunes de se débarrasser de l’UMP, bien au contraire ce fut Sarkozy qui fut élu. Il a fallu attendre fin 2008 avec les mobilisations lycéennes et surtout 2009 pour que la classe ouvrière se rassemble sur le terrain de la lutte des classes, sur fond de crise économique sans précédent. En 2009, il y a certes eu des collectifs qui se sont constitués, montrant par là le peu de confiance qu’accordent les masses aux appareils syndicaux et dans un souci d’autonomie d’organisation, mais les mobilisations ont été isolées (lycéens, LKP en Guadeloupe, enseignants) et les appareils ont joué la carte des journées d’action saute-mouton tous les 2 mois sans mots d’ordre précis. En 2010, la question des retraites a cristallisé toute la hargne de la classe ouvrière et de la jeunesse contre le gouvernement Sarkozy. Ce fut une mobilisation politique mais qui a été cadenassée.

Qu’est-ce qui a manqué ?

Ce n’est pas la détermination de la classe ouvrière et de la jeunesse qui a fait défaut. Mais c’est bien la trahison par les appareils syndicaux et politiques des intérêts ouvriers qui a cadenassée cette mobilisation car ils ont participé au sommet social ainsi qu’au COR, permettant au gouvernement de déposer son projet de loi. Ils ont convoqué des journées d’action pour appuyer les négociations et non pour exprimer clairement « A bas le projet de réforme du gouvernement, défense des acquis, retour aux 37.5 ans ». Alors que le projet de loi était déposé à l’Assemblée nationale, ils ont refusé de se prononcer pour son retrait et n’ont pas organisé la montée massive à Paris, devant l’Assemblée Nationale pour interdire à la majorité UMP le vote du projet de loi. Ils ont tout fait pour refuser d’appeler à la Grève générale tous travailleurs unis contre le gouvernement, bloquant le pays.

La leçon à tirer de cette mobilisation pour préparer une seconde vague, c’est de comprendre la nécessité de s’organiser pour imposer aux directions syndicales et politiques d’origine ouvrière les véritables revendications ouvrières et la centralisation du combat des travailleurs contre le gouvernement Sarkozy, en vue de le chasser du pouvoir avant 2012.

Une mobilisation qui a été cadenassée par les appareils syndicaux et politiques

Il semble important de refaire le déroulé du processus de négociation du projet du gouvernement sur les retraites, car il y a bien eu négociation du projet comme l’indique le ministre Woerth, au contraire ce que disent les appareils syndicaux.

Au mois de janvier, lors de ses vœux, Fillon annonçait qu’il y aurait une réforme des retraites, « sans tabou ».

Le 17 janvier, Martine Aubry envisage la possibilité de travailler jusqu’à 61-62 ans, ce qui est vivement critiqué dans les rangs ouvriers. Le 24 janvier, le bureau national du Parti Socialiste rectifie quelque peu le tir : la retraite à 60 ans doit rester un droit, tout en envisageant de travailler au-delà, ce qui a été décidé par le gouvernement Sarkozy-Fillon en 2008 par l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans en 2012 puis à 41.5 ans en 2020.

Le 16 février Sarkozy met en place le sommet social avec les dirigeants syndicaux et politiques, qui se rendent tous à l’Élysée. Les premières journées d’action sont convoquées sous l’angle de faire pression sur ces négociations, pour une bonne réforme, en faisant croire aux travailleurs que ce gouvernement pourrait servir les intérêts ouvriers. La journée d’action du 29 mars compte 800 000 manifestants.

Au mois de mars, les élections régionales marquent une défaite cinglante des listes UMP.

Le 12 avril, s’ouvre officiellement la concertation sur la réforme des retraites. Les directions syndicales ont des propositions à faire au gouvernement, qui partent toutes du principe qu’une réforme est nécessaire. Les directions syndicales au premier rang desquelles la CGT, mais aussi FO et la FSU partent d’un état des lieux partagé – celui du COR – qui établi le postulat d’un déficit, pour mettre en avant de nouvelles sources de financement. Le PCF et le PG, comme le NPA, ont expliqué également avec les directions syndicales qu’il faut « taxer les profits », « faire contribuer tous les revenus, intéressement, participation, stock-option », « mettre en place une réforme des cotisations patronales qui pourraient êtres modulées en fonction, notamment, des politiques d’emploi des entreprises » … Toutes ces propositions peuvent paraître efficientes mais elles ont toutes un point commun : faire fi du salaire différé base du système solidaire du régime général des retraites aujourd’hui. Le salaire différé arraché en effet par les combats de la classe ouvrière oblige tous les patrons, tous les employeurs privés ou publics à financer la retraite future des travailleurs, qui cotisent eux-mêmes pour leur retraite future.

Le 14 Avril, le Comité d’orientation sur les retraites, le COR dans lequel siègent tous les dirigeants syndicaux et politiques ouvriers traditionnels (PS-PC), rend son rapport. Les différentes projections du COR combinent systématiquement une hausse des cotisations avec une baisse du niveau des pensions et un recul du départ à la retraite qui varie selon les hypothèses et les périodes entre 1 et 10 ans (de 61 à 70 ans) !

Sur la base de ce rapport, le gouvernement peut publier le 16 mai un document d’orientation sur la question des retraites. Ce rapport est envoyé aux dirigeants syndicaux. Il est question de faire compléter par les salariés leur retraite par des dispositifs d’épargne retraite, ouvrant la voie à la capitalisation et surtout d’augmenter la durée d’activité. On retrouve également dans ce document des éléments sur la prise en compte de la pénibilité pour certaines carrières professionnelles et sur la nécessité de la convergence entre régimes de retraite du public et du privé. Après la remise de ce rapport, s’ouvre le 18 mai la seconde étape de concertation, qui est marquée par la journée d’action du 27 mai qui rassemble environ 1 millions de manifestants.

Le 18 juin c’est le dernier round de la concertation après le dépôt du projet de loi par le gouvernement le 16 juin.

La question de la pénibilité devait être le sujet de négociation avec les directions syndicales pour établir quels travailleurs pourraient partir à 60 ans.

Le 24 juin, la mobilisation prend de l’ampleur avec 1.9 millions de manifestants, après la présentation du projet de loi. C’est le fruit de l’impulsion donnée par la défaire de l’UMP aux régionales ; cette mobilisation s’inscrit à la suite des mobilisations de 2009, sur terreau de la crise.

Pendant l’été le gouvernement se déchaine contre les travailleurs immigrés, en particulier les Roms pour faire oublier les affaires et détourner l’attention du projet sur les retraites. Mais le gouvernement se divise sur ces questions, et plus largement sur la méthode à employer pour faire fasse à la crise et pour faire passer les réformes de la bourgeoisie. Les travailleurs profiteront de cette division pour s’engouffrer dans la brèche.

A la rentrée, la nouvelle journée d’action à l’initiative de l’intersyndicale unitaire, sans FO mais qui appelle quand même à cette journée, du mardi 7 septembre compte 2 millions de manifestants. Alors que la Grève générale était à l’ordre du jour, les appareils sont obligés de mettre en place un dispositif allant à l’encontre de la Grève générale et de la manifestation centrale à Paris nécessaires pour interdire à la majorité UMP de voter le projet de loi. Contre la manifestation à l’Assemblée Nationale, ils appellent à interpeller le 15 septembre les députés dans leurs circonscriptions, le 23 septembre à une nouvelle journée de grève et des manifestations et le samedi 2 octobre à une journée de manifestations.

Le jeudi 23 septembre, ce sont 2.8 millions de manifestants qui défilent, ce qui montre la détermination de la classe qui rejette toute la politique du gouvernement.

Le 1er octobre, le personnel et les dockers bloquent les accès au port de Marseille-Fos pour protester contre la réforme portuaire, mais aussi contre la réforme des retraites.

Le samedi 2 octobre, alors que les appareils pensaient mobiliser moins de monde, la mobilisation grandit encore avec 3 millions de manifestants. Toutes les couches de la classe ouvrière se mobilisent contre ce projet de loi et plus largement contre le gouvernement.

Mardi 12 octobre, c’est une véritable lame de fond qui traverse toute la classe ouvrière avec 3.5 millions de manifestants, contre toute la politique du gouvernement, contre Sarkozy. C’est également l’entrée en scène des lycéens et d’étudiants. On comptera jusqu’à plus d’un millier de lycées bloqués (sur plus de 4000). C’est le pic de la mobilisation qui rassemblent des couches larges de travailleurs, dans toutes les villes de France, petites comme grandes, pic qui s’étendra jusqu’au mardi 19 octobre. À partir du 12 octobre, certaines grèves sont reconduites dans certains secteurs, et notamment dans les raffineries, qui seront très vite toutes bloquées (au nombre de 12). Mais c’est finalement le dispositif concocté par les appareils syndicaux le 2 octobre qui se met en place. A la SNCF, des AG reconduisent jour après jour la grève jusqu’au 28 octobre. Ces grèves reconductibles ne sont pas majoritaires (entre 40 et 15 % de grévistes ; jusqu’à 70% dans certaines branches, comme le fret). Ceci s’explique par le manque de perspective générale à la mobilisation. Nombre de travailleurs ont compris que le gouvernement Sarkozy ne reculerait pas. Il ne pouvait d’ailleurs pas reculer sauf s’il était menacé, si la Grève générale était décidée par l’intersyndicale. Mais alors inévitablement, il était question d’en finir avec le gouvernement, ce qu’ont refusé les appareils syndicaux comme politiques.

Le samedi 16 octobre, il y a encore 3 millions de manifestants dans les rues. On aperçoit quelques banderoles pour la Grève générale.

Mardi 19 octobre, il y a de nouveau 3.5 millions de manifestants dont 200 000 jeunes, qui posent ouvertement la question de virer Sarkozy et Fillon. Dans certains endroits certaines jeunes de banlieues et quelques anarchistes veulent en découdre avec la flicaille, qui profite de cette situation pour abattre la répression sur les manifestants, comme place Bellecour à Lyon, le jeudi 21.

Alors que les manifestations du 28 octobre et du 6 novembre sont convoquées comme des manifestations d’enterrement par les bureaucrates syndicaux, après le vote définitif de la loi, pendant les vacances scolaires pour le 28, on compte encore respectivement 2 millions et 1.2 million de manifestants. Les grèves prennent fin après le 28 octobre.

En 1995, au plus fort des manifestations, on comptait 2.2 millions de manifestants. Mais les grèves étaient plus importantes qu’aujourd’hui dans les transports notamment. En 2010, les travailleurs ont voulu montrer par des manifestations massives qu’ils étaient prêts à combattre ce gouvernement. Ils ont également signifié se rassembler sur un terrain de classe (solidarité ouvrière que l’on n’avait pas vu depuis longtemps), par des méthodes de classe (blocage, piquets de grève …).

La loi votée le 27 octobre et promulguée le 9 novembre passe l'âge d'ouverture des droits à la retraite de 60 à 62 ans d'ici à 2018, au rythme de quatre mois par génération. L'âge du taux plein, ou d'annulation de la décote, va progressivement passer de 65 à 67 ans, au même rythme que l'âge d'ouverture des droits, entre 2016 et 2023. La durée de cotisation sera portée à 41,5 ans en 2020. Les salariés justifiant d'un taux d'incapacité de 20 % à la suite d'une maladie professionnelle ou d'un accident du travail pourront continuer à partir à la retraite à 60 ans. Ils toucheront une pension à taux plein quel que soit le nombre de trimestres cotisés. Concession parlementaire (sic !) : les salariés ayant un taux d'incapacité compris entre 10 % et 20 % pourront aussi saisir une commission qui devra établir « le lien de cause à effet entre l'incapacité reconnue et l'exposition à un facteur de pénibilité ».

Les fonctionnaires vont devoir mettre la main à la poche. Leur taux de cotisation salariale, aujourd'hui fixé à 7,85 %, va être aligné sur celui du privé (10,55 %) d'ici à 2020. La hausse sera linéaire, de 0,27 point par an, à compter de l'année prochaine. Cet alignement représentera pour les agents, en moyenne, une hausse de cotisation de 6 euros par mois chaque année (4 euros pour les agents de catégorie C, 5 euros pour les B et 7 euros pour les A). Les régimes spéciaux sont en théorie préservés jusqu'en 2017. A terme, néanmoins, les différents âges d'ouverture des droits, qui varient de 50 ans pour les conducteurs de train ou de métro à 55 ou 60 ans pour les autres catégories de salariés, seront bien décalés de deux ans à partir de 2017, au même rythme que celui imposé aux salariés du privé et aux fonctionnaires (soit quatre mois par génération). Une disposition est passée presque inaperçue : la moitié des sommes perçues par un salarié au titre de la participation aux résultats de l'entreprise est, sauf avis contraire dudit salarié, obligatoirement versée sur le Plan d'épargne pour la retraite collectif (Perco). La possibilité est introduite pour un salarié d'alimenter de façon individuelle les fonds d'épargne retraite en entreprise, ce qui va favoriser les intérêts du groupe Malakoff Médéric, dont le délégué général n'est autre que Guillaume Sarkozy.

Dès 2013 sera lancée une étude pour préparer une "réforme systémique", qui pourrait se traduire par le basculement vers un régime unifié de retraite par points ou en comptes notionnels. Les comptes notionnels s'appuient sur des éléments relevant de la croissance économique, pour valoriser le capital virtuel, et au moment de la liquidation de la pension, sur l'espérance de vie par génération, notions individuelles niant les solidarités ouvrières. Pour cela, la loi prévoit la mise en place d’un Comité de pilotage des régimes de retraite composé de représentants de l’État, des députés et des sénateurs membres du COR, de représentants des régimes de retraite, du patronat, des organisations syndicales et de personnalités qualifiées, véritable organe de cogestion. Son rôle est de proposer au gouvernement et au Parlement les mesures de redressement qu’il estime nécessaires, lorsqu’il considère qu’il existe un risque sérieux que la pérennité financière du système de retraite ne soit pas assurée. Il doit organiser une réflexion nationale en vue d’une réforme sur la prise en charge collective du risque vieillesse annoncé par Sarkozy, sur la mise en place d’un régime universel par points ou en comptes notionnels et de la capitalisation.

Rappeler les véritables revendications ouvrières

Il faut rappeler, au contraire de l’orientation développée par tous les appareils syndicaux et politiques, les véritables revendications ouvrières, qui imposaient un seul mot d’ordre : RETRAIT pur et simple du projet de loi :

·                     Rupture du dialogue social avec le gouvernement et le patronat ! Aucune participation ni au COR ni au Comité de pilotage des régimes de retraite

·                     Pas touche aux 60 ans ! Droit à la retraite comme continuation du salaire dès 60 ans !

·                     Abrogation des lois Balladur et Fillon : retour aux 37,5 annuités de cotisation pour tous !

·                     Défense du statut des fonctionnaires : garantie des pensions par le budget de l’État, défense inconditionnelle du code des pensions, maintien du calcul sur le traitement des 6 derniers mois …

·                     Arrêt des exonérations de cotisations patronales, rattrapage et augmentation si nécessaire !

Et maintenant ? Front unique ouvrier contre le gouvernement Sarkozy, pour le chasser du pouvoir sans attendre 2012

Après cette puissante mobilisation, la question demeure très politique. Nombre de travailleurs se disent qu’ils iront voter « à gauche » en 2012 pour permettre de revenir aux 60 ans et aux 65 ans pour une retraite à taux plein. Mais à ce stade, rien n’est garanti. Tous les dirigeants des organisations politiques traditionnelles, du PS au NPA  donnent comme seule perspective politique l’échéance électorale des présidentielles de 2012, respectant ainsi le calendrier institutionnel. Or ce gouvernement est rejeté. Les élections régionales ont montré que les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier, et notamment le PS, sont majoritaires en voix. Toutes les organisations issues du mouvement ouvrier, PS-PCF-PG-NPA et LO se moulent sur le calendrier institutionnel de la 5ème République bonapartiste et attendent les présidentielles de 2012. Au contraire, leur responsabilité est d’offrir tout de suite, après cette formidable mobilisation, une perspective politique, à savoir chasser Sarkozy et sa clique du pouvoir. Attendre n’assure pas la victoire. Bien au contraire. C’est pourquoi, nous proposons aux travailleurs qui le souhaitent de se rassembler pour pouvoir imposer aux directions ouvrières traditionnelles, au PS, au PCF, au PG, au NPA et à LO qu’ils se déclarent prêts à réaliser l’unité de leurs organisations, qu’ils appellent à la mobilisation contre le gouvernement Sarkozy en vue de le chasser du pouvoir sans attendre 2012, qu’ils forment un gouvernement de leurs seuls partis. Les masses en mouvement exigeraient d’un tel gouvernement, la satisfaction de leurs revendications, en premier lieu l’abrogation des lois Woerth de 2010 et Fillon de 2003.

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