Pour la construction d’un Parti Ouvrier Révolutionnaire et d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire
10 Mars 2010
Élections régionales, un enjeu national :
Une défaite des listes UMP constituerait une défaite pour Sarkozy et son gouvernement et serait un point d’appui pour engager le combat pour les chasser !
Vote inconditionnel au premier tour pour les listes présentées par les organisations ouvrières traditionnelles (PS), Front de gauche (alliance PC-PG), NPA et LO !
Assez de dialogue social !
Les travailleurs tentent de résister dans leurs milieux de travail à la politique du patronat et du gouvernement Sarkozy : grève générale chez Total contre la fermeture de la raffinerie de Dunkerque, blocage de l’usine Phillips contre les licenciements, grève des enseignants en Seine-Saint-Denis contre le manque de personnel, pour les salaires chez Ikéa etc.
Si la crise financière a été pour un temps reportée grâce à l’intervention de l’État au profit des banquiers et de l’industrie automobile (prime à la casse), le temps est à l’addition. Cette intervention s’est faite au prix d’un endettement massif de l’État. Le déficit public devient une menace pour la bourgeoisie française car il pèse sur sa compétitivité : un État jugé peu fiable concernant ses capacités de remboursement, comme la Grèce, voit ses taux d’intérêt d’emprunt augmenter, alourdissant encore le remboursement de la dette. La bourgeoisie n’a pas d’autre choix que de faire payer les travailleurs : allongement du départ à la retraite, diminution des remboursements d’assurance maladie, suppression massive de postes de fonctionnaires. Mais pour résorber la crise, les capitalistes doivent liquider plus de capital pour maintenir leur taux de profit, c’est à dire diminuer les stocks, procéder à des restructurations de capital (fusions-acquisitions-délocalisations), licencier massivement, fermer les usines, imposer la flexibilité et la modération salariale. En 2010, un million de chômeurs arrivent en fin de droit dont plus de 600 000 qui n’ont droit à aucune indemnité, cela constitue une véritable bombe à retardement que craint la bourgeoisie.
Mais pendant ce temps, les directions confédérales acceptent le dialogue social avec le patronat et le gouvernement. Ainsi, toutes ont participé au sommet social du 15 février, qui donnait le coup d’envoi à la réforme-liquidation du droit à la retraite à 60 ans. Le but du dialogue social est d’associer les directions syndicales aux discussions avec le gouvernement pour la mise en place des réformes. Pendant qu’ils discutent avec lui, les syndicats s’opposent à une mobilisation d’ensemble contre la politique du gouvernement. Ils isolent les mobilisations et rejouent le scénario du printemps 2009 : grève sur les retraites le 23 mars, grève dans l’Éducation nationale le 12 mars… Le refus des dirigeants syndicaux de rompre avec le gouvernement, de réaliser le front unique sur la base des revendications ouvrières et d’appeler sur cette base à la grève générale contre la politique de Sarkozy pour lui infliger une défaite, a conduit à l’émiettement et finalement au reflux des mobilisations du printemps 2009. Enfin, en pleine crise économique et alors que le gouvernement était en difficulté, le manque de perspective politique a été déterminant : le PS, PCF, PG … ont refusé d’ouvrir la seule perspective politique possible, celle d’un gouvernement de leurs seuls partis sans attendre 2012. Sarkozy a d’ailleurs salué lors de ses vœux la responsabilité dont ont fait preuve les dirigeants ouvriers pendant la crise alors que les travailleurs voulaient en découdre.
Défense des revendications ouvrières !
Sur la question de la réforme des retraites, le problème n’est pas comme disent les directions syndicales un problème de calendrier. Elles doivent quitter immédiatement le sommet social et le COR et opposer au plan du gouvernement la défense inconditionnelle du départ à 60 ans, refusant l’allongement de la durée de cotisation. Et si problème de financement il y a, c’est aux patrons de payer !
Maintien du départ à la retraite à 60 ans à taux plein, maintien du droit à pension des fonctionnaires calculé sur les 6 derniers mois, retour aux 37,5 ans de cotisation pour tous, aucun allongement de la durée de cotisation ; arrêt des exonérations de cotisations patronales, rattrapage des cotisations patronales et augmentation si nécessaire !
De même, les directions syndicales doivent combattre tous les licenciements et cesser de réclamer des plans d’investissements qui permettront au patronat de réaliser des profits.
Interdiction de tous les licenciements, aucune fermeture d’usine ; expropriation des entreprises qui ferment les usines !
Pour lutter contre le chômage, les directions syndicales ne sont pas là pour mettre un placebo en prolongeant de quelques mois la durée d’indemnisation mais elles doivent reprendre à leur compte la revendication :
Maintien du salaire durant toute la période de chômage, sans condition de cotisation ni de ressource ! Et si les fonds d’indemnisation sont insuffisants c’est aux patrons de payer !
Pour en finir avec le chômage, échelle mobile des heures de travail pour répartir la production en fonction de toute la population active ; contre la baisse du pouvoir d’achat, échelle mobile des salaires.
Abrogation de la loi mobilité ! A bas la RGPP ! Arrêt des suppressions massives de postes de fonctionnaires, remplacement de tous les départs à la retraite ! A bas les restructurations et la marche à la privatisation !
Retrait de toutes les réformes de l’Université à la maternelle en passant par le lycée et la formation des maîtres !
L’enjeu des élections régionales : infliger une défaite à l’UMP, au gouvernement et à Sarkozy
Certains sondages donnent au coude à coude PS et UMP. D’autres mettent les listes présentées par le Parti socialiste en tête. Tous les médias s’accordent pour voir dans ces élections régionales un enjeu national. Pour éviter que cet enjeu national soit au centre de la campagne, les médias préfèrent commenter les chroniques sur Frèche, Soumaré … Sarkozy lui-même n’a pas souhaité dans un premier temps s’exposer de peur d’une défaite pour les listes UMP.
L’urgence aujourd’hui pour la classe ouvrière et la jeunesse est d’en finir avec l’offensive du gouvernement Sarkozy contre les acquis ouvriers (retraite, Éducation Nationale, Sécu, code du travail, statuts de la Fonction publique, droit des sans papiers, libertés publiques) et de combattre les licenciements.
Pour un vote classe contre classe : vote inconditionnel au premier tour pour les listes présentées par les partis ouvriers traditionnels
La classe ouvrière va une nouvelle fois utiliser les organisations ouvrières traditionnelles, dont le PS contre les candidats bourgeois, de l’UMP notamment. Les élections régionales peuvent être une opportunité sur le terrain électoral pour infliger une défaite aux listes UMP et donc à Sarkozy. Ce serait un point d’appui pour une mobilisation majeure contre Sarkozy et son gouvernement dans la perspective de les chasser du pouvoir sans attendre 2012.
Par ailleurs, un vote massif pour les listes présentées par les partis ouvriers au premier tour des élections régionales, PS, alliance PC-PG au sein du Front de gauche, NPA, LO serait un point d’appui contre les alliances en faveur du Modem et d’Europe écologie au second tour. La confusion est en effet entretenue au sein même du mouvement ouvrier concernant le Modem ou des regroupements comme Europe écologie ou les Verts ou encore le Parti radical et MDC. Le Modem, issu de l’UDF, est clairement un parti bourgeois. Quant à Europe écologie c’est un regroupement petit bourgeois très respectueux du système capitaliste et étranger au mouvement ouvrier par nature, qui s’est prononcé par exemple pour le Traiter de Lisbonne. C’est pourquoi, les partis ouvriers n’ont aucun intérêt à s’allier avec leurs représentants. En prônant des alliances avec le Modem ou avec Europe écologie au deuxième tour (voire au 1er dans certaines régions) comme le font le PS et le Front de gauche, ils participent de la confusion politique vis-à-vis de la classe ouvrière, et donnent les garanties à la bourgeoisie qu’ils défendront les intérêts capitalistes. Pour que se réalise un vote classe contre classe massif, les organisations syndicales, en particulier CGT, FO, FSU et SUD ont la responsabilité d’appeler à un vote en faveur des partis ouvriers pour infliger une défaite au gouvernement de Sarkozy.
C’est en permettant la réalisation du Front unique ouvrier, rassemblant dans un même camp les travailleurs, la jeunesse et leurs organisations qu’il est possible d’avancer vers un programme de défense de la classe ouvrière. Cela est effectivement incompatible avec le maintien du système capitaliste dont la crise va encore immanquablement frapper la population laborieuse. Si la réalisation du Front unique ouvrier passe inévitablement aujourd’hui par l’alliance des partis ouvriers traditionnels, les travailleurs savent que ces partis sont voués à la défense du système capitaliste. C’est pourquoi, dans le même temps, la classe ouvrière et la jeunesse ont besoin de constituer une véritable organisation révolutionnaire.